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Non, 25 000 commerces n’accepteront pas les paiements en cryptomonnaie en France en 2020

A l’occasion de Paris Retail Week, qui a débuté ce mardi 24 septembre, une dépêche sur un nouveau produit de Global P.O.S et reprise dans les médias laisse à penser qu'une trentaine d'enseignes vont accepter les paiements en cryptomonnaie dès 2020. L’Usine Digitale a pu s’entretenir avec le dirigeant de Global P.O.S, Stéphane Djiane, qui revient en détail sur sa plate-forme, en phase expérimentale.
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Non, 25 000 commerces n’accepteront pas les paiements en cryptomonnaie en France en 2020
Le dirigeant de Global P.O.S, Stéphane Djiane, explique la nouvelle solution proposée par sa société et permettant aux commerçants d'accepter le paiement en crypto-actifs. © Lélia de Matharel

Les magasins Boulanger, Foot Locker, Décathlon, Conforama, Intersport (et bien d’autres) vont-ils accepter les paiements en cryptomonnaie dès l’année prochaine ? C’est ce qu’une dépêche, reprise par bon nombre de médias, explique ce mardi 24 septembre 2019, laissant entendre qu'un déploiement massif est en cours.

 

Ainsi, selon une information publiée tôt ce matin, 25 000 points de vente en France accepteront le paiement par crypto-actifs dès 2020. Cette dépêche fait suite à une annonce, au premier jour de la Paris Retail Week, de Global P.O.S, un spécialiste de dématérialisation des remboursements des titres prépayés et du paiement digital. Dans un communiqué, Global P.O.S et ses partenaires annoncent néanmoins autre chose : ils font évoluer leur plate-forme d’acceptation de paiement, Easy2PlayPayment, afin de pouvoir y intégrer les paiements en cryptomonnaies dans les boutiques physiques.

 

Un dispositif fluide pour les commerçants

Plus précisément, Global POS s’est appuyé sur ekino, Octo Technology, Smartchain, Havas Blockchain, Fidal, Deskoin et Savitar pour mettre à disposition des commerçants une solution leur permettant d’accepter le paiement  en crypto-actifs. Ensemble, ils ont travaillé à l’ajout d’un module, et non des moindres, à Easy2PlayPayment. "Le travail d’écriture de la cryptomonnaie prend du temps, explique Stéphane Djiane, fondateur et dirigeant de Global P.O.S, à L'Usine Digitale. Il fallait un process fluide, mais également un outil permettant de garantir la conversion de bitcoins en euros".

 

La solution s’inscrivant dans le cadre légal défini par la loi Pacte, ce sont les plates-formes d’échange qui sont en charge de la conversion des cryptomonnaies en euro. Grâce aux différents connecteurs compatibles avec les solutions Nepting et Famoco, des PME, restaurants et indépendants pourront accepter les paiements en cryptomonnaies. Par ailleurs, la solution plug and play ne change pas les habitudes des consommateurs et des enseignes.

 

Le dispositif permet donc à un commerçant de recevoir un paiement instantané effectué via l’application Easywallet, que l’utilisateur doit télécharger au préalable. Lors de la transaction, le coût de la transaction lui est signalé, et l’acheteur valide son achat. Un QR code est généré sur le smartphone, que l’hôte ou l’hôtesse de caisse doit scanner pour valider le paiement, qui s’effectue en temps réel, et en euros dans la caisse du commerçant. Les transactions seront pour le moment limitées à 1 000 euros, sous forme de bitcoins, mais l’objectif est d’ouvrir la solution à d’autres cryptomonnaies dans le futur.

 

Ce sont les enseignes qui vont décider

Si Global P.O.S indique dans son communiqué que "25 000 points de vente pourront désormais accepter les paiements en cryptomonnaies", il fait référence à son portefeuille de clients et à leur réseau physique. L’éditeur de logiciel, qui compte parmi ses clients une quarantaine d’enseignes dont Boulanger, Foot Locker, Décathlon, Conforama, Maison du Monde, Intersport, Cultura, Norauto ou encore Sephora, espère bien les convaincre d'adopter ce nouveau moyen de paiement. Il est sans surcoût pour les commerçants, Global P.O.S se rémunérant par commission de 1 à 3% de la transaction selon le taux de change.

 

Mais rien n’indique que ces retailers adopteront avec certitude cette brique technologique. "Nous la rendons disponible aux enseignes, qui vont décider, ou pas, de l’utiliser", poursuit Stéphane Djiane. Une réalité bien différente de celle décrite par la dépêche publiée ce matin, qui indique que les acheteurs pourront régler leurs achats de cette façon dès 2020 dans 25 000 points de vente en France.

 

4 millions de Français détenteurs de cryptomonnaies

Si la technologie est extrêmement intéressante, on est très loin d'un déploiement à grande échelle et à court terme. Disponible au premier trimestre prochain, elle est actuellement en phase expérimentale chez 5 enseignes, dont les noms ne sont pas précisés, et ce jusqu’à la fin de l’année. "Les enseignes sont à l’écoute car les cryptomonnaies font régulièrement l’actualité, analyse Stéphane Djiane. Pour autant, elles ont besoin d’être accompagnées avant de prendre la bonne décision. Notre but est de leur faire comprendre qu’aujourd’hui, un commerçant ne peut se permettre de refuser un moyen de paiement".

 

Selon l’étude Kantar TNS 2018, plus de quatre millions de Français possèdent des cryptomonnaies. Reste à savoir si comme moyen de paiement, elles peuvent s’installer durablement dans leur quotidien.

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