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"Notre rôle est d’être des facilitateurs et de fédérer l’écosystème e-santé", Philippe Vimard (Doctolib)

Entretien Six ans après sa fondation, la licorne française Doctolib a organisé son hackathon dédié à l'e-santé à Paris du 24 au 26 mai 2019, en partenariat avec l’AP-HP. Les "Medidays" visent à pallier le manque d'investissements dans le domaine. L’Usine Digitale fait le point sur les projets primés avec Philippe Vimard, son directeur général adjoint en charge de la technologie et des opérations... qui annonce le renouvellement de l'événement.  
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Notre rôle est d’être des facilitateurs et de fédérer l’écosystème e-santé, Philippe Vimard (Doctolib)
En partenariat avec l'AP-HP, Doctolib a organise le premier hackathon français en e-santé. © Doctolib

L’Usine Digitale : Doctolib a organisé le premier hackathon français dédié à l'e-santé ce week-end avec ses partenaires, parmi lesquels l’AP-HP. Quel est le bilan de cette expérience ?

Philippe Vimard : Les Medidays ont réuni 200 participants, soit cinquante de plus qu’attendus, issus du secteur de la santé bien sûr… mais également de la finance et de l’industrie. Des groupes de travail se sont constitués, en amont de l’événement comme sur place. Sur les 23 projets qualifiés en finale, trois ont été auréolés pour leur preuve de concept. Le premier prix est revenu à "Docteur Simone", une application destinée au suivi de la condition psychologique des jeunes mamans. Des questions sont posées, et des conseils formulés pour un accompagnement personnalisé.

 

Sur la deuxième marche du podium, "Supply-Med" est une marketplace digitale pour fournitures médicales dentaires. Aujourd’hui, cela se fait sur catalogue de façon assez old school. Demain, cette plateforme pourrait simplifier les démarches des dentistes et leur offrir un meilleur pouvoir d’achat lors de commandes groupées par exemple. Doctolib accompagnera ce projet. Le dernier lauréat s’appelle "Chat Marche". Il s’agit d’un système de reconnaissance d’images, capable de prévenir les chutes chez les personnes âgées. Il permettra d’évaluer les risques et signes avant-coureurs pour être proactifs et favoriser le lien famille-professionnels de santé.

 

Nos partenaires de l’AP-HP ont eu un coup de cœur : "Post-Hop", une application de rééducation améliorée après chirurgie (RAAC) qui aide les médecins à prendre des décisions lors du suivi patient. La preuve de concept sera testée en conditions réelles dans un établissement du groupe. Enfin, parce qu’un service n’est rien sans une bonne expérience utilisateur, le prix du design a été attribué à "Coach My Nurse", une application pour aider les infirmiers en milieu hospitalier. Nous les accueillerons dans les locaux de Doctolib pour leur venir en aide sur ce volet précis.

 

Allez-vous faire des Medidays un événement annuel ?

P. V. : Nous allons effectivement renouveler notre hackathon e-santé l’an prochain. Aujourd’hui, l’enjeu est trop important pour s’en séparer. En santé, seul 1 % des dépenses sont consacrées à la digitalisation. C’est moins que dans la finance ou les télécoms, équivalent à l’agriculture et au bâtiment : cela fait assez peur, pour un secteur qui devrait être une priorité sociétale absolue avec l’éducation.

 

Chez Doctolib, notre rôle est d’être des facilitateurs et de fédérer l’écosystème. Les Medidays continueront de catalyser les idées sorties des discussions entre ingénieurs et professionnels de santé. Les possibilités sont infinies, et je pense qu’un tel événement peut pallier le manque d'investissements dans l'e-santé en faisant émerger de nouveaux projets. De quoi transformer à terme le système, qui n’est pas aussi efficace qu’il pourrait l’être… et accélérer la dynamique Tech for Good.

 

Doctolib a par ailleurs fait l’actualité en mars, en annonçant une levée de fonds de 150 millions d'euros. Comment allez-vous investir cette somme colossale ?

P. V. : Les réflexions se poursuivent, nous aurons une idée plus précise d’ici à la fin de l’année. Les grands axes sont néanmoins clairs. Poursuivre l’élaboration de nouveaux produits, d’abord. Nous avons par exemple lancé la téléconsultation en janvier 2019. Plusieurs centaines de praticiens utilisent le service, à peine six mois après le lancement. Il se positionne en complément de ce qui existe déjà. Pour y avoir recours, un patient doit avoir effectué au moins une consultation en présentiel dans les douze derniers mois. La visioconférence et l’établissement d’ordonnances électroniques sont de vraies valeurs ajoutées. Médecins généralistes et chirurgiens en sont convaincus, mais les patients doivent encore l’appréhender. Ce sera le sens de nos efforts dans les prochains mois.

 

Evidemment, les fonds récoltés nous permettrons de poursuivre notre internationalisation. Nous sommes présents en Allemagne depuis septembre 2016. Actuellement, nous menons des études pour un éventuel lancement sur une quinzaine d’autres marchés au niveau mondial. Tous les continents sont concernés par la réflexion que nous menons. Réponse en 2020 ! Pour accompagner cette montée en puissance, nous devrons recruter. Nous passerons de 850 à 1 100 employés d’ici à la fin 2019. Ingénieurs informatique et spécialistes du marketing : c'est le moment de vous manifester.

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