Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Nous avons testé l'application "Aboard the Rafale" de Dassault Aviation : elle donne la nausée

Quel fan d'aviation français ne rêve pas de monter à bord du Rafale, l'avion de chasse qui fait la fierté de l'Armée de l'air ? Et en réalité virtuelle de surcroît. C'est la promesse de l'application ludo-pédagogique "Aboard the Rafale" que vient de publier Dassault Aviation. Malheureusement, elle s'avère une énorme déception, et a même tendance à provoquer le mal des transports.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Nous avons testé l'application Aboard the Rafale de Dassault Aviation : elle donne la nausée
Voici ce à quoi se résume 95% de l'expérience, hors QCMs. © Dassault Aviation

Dassault Aviation est l'un des fleurons industriels français. Pour promouvoir le Rafale, son avion de chasse vedette, l'entreprise annonce le 7 novembre 2019 la sortie d'une application ludo-pédagogique gratuite (comprendre un petit jeu vidéo éducatif) baptisée "Aboard the Rafale", soit "à bord du Rafale" en français. Mieux, l'expérience peut être vécue en réalité virtuelle, comme le souligne la page dédiée sur le site de l'industriel. De quoi allécher les fans et s'attirer de beaux titres dans la presse.

 

A bord du Rafale... ou pas

Malheureusement pour l'industriel, L'Usine Digitale ne se contente pas de reprendre des communiqués de presse sans réfléchir. Nous avons testé cette application pour voir de quoi il retourne, et il s'avère qu'elle est de piètre qualité. Elle est en effet compatible avec un casque Oculus Rift S, pas de souci de ce côté. Petit problème cependant : le joueur n'est en fait pas à bord du Rafale, il contrôle l'avion depuis une caméra placée derrière l'appareil.

 

Nausée garantie

Le mode "réalité virtuelle" n'a donc aucun intérêt, si ce n'est de pouvoir profiter du décor (fictif et sans intérêt particulier) tout autour de soi. Pis, positionner la caméra de cette manière a pour effet d'induire une cinétose (mal des transports), chose complètement inacceptable en 2019. L'auteur de ces lignes est bien rodé à la réalité virtuelle et peu sensible à ce type de problème, mais l'expérience (d'une quinzaine de minutes au total pour 5 missions) a quand même été désagréable. Une personne plus sensible pourrait se trouver sérieusement malade.

 

L'explication semble être que les équipes de Dassault Aviation ont réutilisé la même base applicative que celle de l'application "Immersive Dassault Aviation", qui était sortie en 2016. Seulement les choses ont beaucoup changé depuis lors, et ce qui était pardonnable à une époque ne l'est plus aujourd'hui. D'autant que l'application d'origine justifiait cette vue immersive de l'environnement (et pas de l'avion) par la reproduction du Mont-Blanc.

 

Une valeur pédagogique très limitée

Bon, passons sur la réalité virtuelle. Le jeu est fait pour être joué sur un écran plat. Que dire du reste ? Les graphismes sont acceptables en mode "Ultra" avec une GeForce RTX 2080 Ti. Le modèle de vol est risible et nous fait regretter After Burner (1987). Il est possible de jouer avec un joystick, mais étant donné le reste il est difficile d'en voir l'intérêt. Le son d'un Rafale qui accélère est apparemment celui d'une VMC en fin de vie. Les cinq missions nécessitent principalement de voler au travers de cibles dans le ciel. Celles-ci sont entrecoupées de questions basiques sur le Rafale (aile delta ou ailes en flèche ? quelles forces font décoller un avion ?) dont la bonne réponse est le premier choix quatre fois sur cinq.

 

Le Rafale mérite mieux

Le sentiment qui ressort de cette application est avant tout la déception. Le Rafale est un appareil exceptionnel, et la perspective d'une application permettant d'y monter à bord en réalité virtuelle a de quoi faire saliver n'importe quel fan d'aviation. Et on ne parle même pas ici de piloter l'appareil en vol avec une simulation un minimum réaliste. Rien que le check-up de démarrage depuis le cockpit aurait de quoi ravir les fidèles de la marque.

 

Peut-être n'est-ce pas possible pour des raisons de secret industriel ou de coût de développement, mais communiquer de cette manière avec une application d'une telle médiocrité ne sert pas Dassault Aviation, car c'est indigne de la qualité de ses aéronefs. Les lecteurs souhaitant constater par eux-même de quoi il retourne peuvent télécharger l'application (1,78 Go) à cette adresse.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

6 commentaires

William FAUVEAU
10/11/2019 09h32 - William FAUVEAU

Entièrement d'accord avec cet avis, Quand on voit ce que même le Gripen propose en terme de support commercial https://youtu.be/oKlQyPOiRuE, Application Gripen éditée par SAAB sous Android, Pourtant, les scénarios, nous les avons, des missions nounous en Afghanistan au "premiers rentrées" en Libye... ainsi que les échecs qui ont permis d'améliorer le système d'armes: je me souviens d'un article dans A&C qui expliquait comment en pleine mission suite à un problème technique, les paramètres de la mission avaient été transférés à un autre appareil... voir mettre admettre les problèmes: le Scalp qui n'est pas parti lors de la frappe contre la syrie... sans compter les témoignages des soldats au sol dont la simple passe en PC déroulait les combattants adverses. C'est quand meme dommage d'avoir un soft power aussi établi au niveau diplomatique et ne rien faire au niveau numérique... Et pourquoi pas au niveau des réseaux sociaux, soutenir des rafales dans qui pourraient répondre au haters... qui vous ne me fairez pas croire qu'ils soient tous spontanés!!! Voir commentaires de : https://youtu.be/LPjOPIUFeQk

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Pain
09/11/2019 08h50 - Pain

Bonjour entièrement d'accord avec l'analyse. Pilote et fan d'aviation et di rafale entre autres j'ai désinstallé cette appli . Aucun intérêt mieux vaut flight simulateur. Dommage.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Benjamin Straub
09/11/2019 04h07 - Benjamin Straub

Effectivement le rafale est classifié et on ne le verra pas en simulateur avant une grosse dizaine (vingtaine ?) d'années. Par contre, sur DCS on peut profiter d'un Mirage 2000 à 95% fonctionnel :)

Répondre au commentaire | Signaler un abus

foxthefox
08/11/2019 23h23 - foxthefox

Les références actuelles en matière de simulation de vol sont Prepar3D de Lockheed Martin et X-Plane (qui ne sont pas des jeux). En utilisant une modélisation du Rafale, ont s'approche de très près de la réalité. Dommage que Dassault Systèmes ne soit pas capable de sortir une application dédiée au Rafale digne de ce nom.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Pierre Edouard Herman
08/11/2019 14h02 - Pierre Edouard Herman

Cette simu était déjà au Salon du Bourget 2019. Dassault proposait sur son stand 4 ou 5 "simulateurs" de Rafale utilisant cette même appli, avec un casque 3D. J'ai testé, c'était dans la veine de cet article : pas de quoi casser 3 pattes à un canard. On est déçus car venant du grand manitou des logiciels industriels 3D (Catia...), on est en droit de s'attendre à mieux. Mais Dassault n'est pas Ubisoft, chacun son métier...

Répondre au commentaire | Signaler un abus

sydney
08/11/2019 12h58 - sydney

secret industriel !? humm... le Rafale est pilotable sur DCS... de plus il y a fort à parier que ceux qui auraient un intérêt quelconque dans la connaissance de ces secrets les ont déjà décortiqués en long et en large, depuis le temps que l'avion est en service )))

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale