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"Nous espérons conquérir un tiers des foyers français d'ici 5 à 10 ans", affirme le patron de Netflix

Le 15 septembre, Netflix a finalement lancé son service en France. A cette occasion, Reed Hastings, CEO de Netflix, a répondu aux questions de L'Usine Digitale.

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Nous espérons conquérir un tiers des foyers français d'ici 5 à 10 ans, affirme le patron de Netflix
"Nous espérons conquérir un tiers des foyers français d'ici 5 à 10 ans", affirme le patron de Netflix © Flickr - Ben Lucier - c.c.

L'Usine Digitale - Vous avez annoncé, sur le fil, le partenariat avec Bouygues Telecom. Est-ce que c'est un premier pas vers d'autres partenariats ?

Reed Hastings - Ce qui est intéressant avec la signature avec Bouygues Telecom, c'est que c'est la première fois que nous signons aussi vite avec un opérateur. En Grande Bretagne, on a lancé le service il y a 3 ans et il a fallu deux ans avant de signer avec un opérateur. Nous n'avons toujours rien aux Pays-Bas. Nous sommes donc d'autant plus enthousiastes. Nous allons aider Bouygues Telecom à croitre sur Internet et si on peut, à avoir du succès. De plus, ils ont une très bonne plate-forme Android. Si ça marche avec eux, cela devrait attirer les autres opérateurs !

Quels sont vos objectifs pour la France ?

Ce sont les mêmes que partout. Il s'agit de développer une relation de qualité avec nos abonnés. Et si nous n'avons pas une base très grande, ce n'est pas grave. Si le service est reconnu par les utilisateurs, cela ne pourra que croître ensuite et devenir profitable. C'est pour ça qu'il nous faut cinq à dix ans. Et à cet horizon, nous espérons avoir un tiers des foyers français.

La nouvelle ministre de la Culture, Fleur Pelerin, est passé par le ministère du Numérique. Est-ce une bonne nouvelle d'avoir une interlocutrice qui connait bien le secteur ?

Nous l'avions déjà rencontrée au CES à Las Vegas. Et là, elle a voulu nous revoir le 14 septembre, la veille de notre lancement. Elle nous a demandé de faire davantage de productions en France comme la série Marseille (la série créée par Netflix en France, qui sera diffusée en 2015, ndlr). Et nous verrons pour la suite.

Vous a-t-elle donné de l'espoir sur la la chronologie des medias et la règle des trois ans ?

J'ai peur que non ! Mais ces règles sont les mêmes pour tous. Elles s'appliquent aussi pour Canal Play. Nous sommes traités comme eux. Mais c'est vraiment dommage pour le cinéma français. En Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni, dans aucun autre pays, il n'y a pas de règle aussi contraignante que celle des 3 ans.

Vous avez déjà pivoté plusieurs fois, du DVD au streaming, du streaming à la création de contenu. Quel est le prochain pivot que vous envisagez pour Netflix ?

Pour les 5 ou 10 prochaines années, nous allons nous concentrer sur le développement international. Cela va prendre plusieurs années. Nous ouvrons en France, en Allemagne, en Autriche, en Belgique. Et nous allons procéder principalement en créant davantage de contenu local, pour en faire des succès globaux, sur le modèle de House of Cards. Avec Marseille, par exemple.

Vous avez su transformer une entreprise traditionnelle, qui louait des DVD et les envoyait par la poste, en une entreprise complètement numérique, avec le succès que l'on connait. Quel conseil donneriez-vous à une entreprise traditionnelle qui veut passer au numérique ?

C'est vraiment trop spécifique à chaque secteur. Même l'algorithmique et l'analyse de données ne s'appliquent pas à tous les secteurs. Ca aide particulièrement dans notre secteur, mais ce n'est pas vrai pour tout le monde.

Propos recueillis par Emmanuelle Delsol

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