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"Nous sommes ceux qui avons le moins besoin d’une consolidation", souligne le PDG d'Orange

La baisse du chiffre d’affaires ralentit et Orange réussit à réduire drastiquement ses coûts. Résultat, l’opérateur se réjouit d’avoir atteint tous ses objectifs, en particulier une marge brute stabilisée à 30,9 %. De quoi continuer d’investir dans le très haut débit fixe et mobile, et rationaliser ses investissements dans le monde.
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Nous sommes ceux qui avons le moins besoin d’une consolidation, souligne le PDG d'Orange
"Nous sommes ceux qui avons le moins besoin d’une consolidation", souligne le PDG d'Orange © D.R.

Satisfait d’avoir atteint tous les objectifs fixés pour 2014, Stéphane Richard s’est réjoui d’une "très bonne année, avec une solide performance commerciale et des chiffres spectaculaires." Une affirmation étonnante avec un chiffre d’affaires, un revenu net, une marge brute qui continuent de chuter, mais qui s’explique parce que ces baisses semblent enrayées. D’abord, l’effet de baisse des prix lié à l’arrivée d’un 4e opérateur s’atténue, mais Orange applique aussi une politique de réduction des coûts qui a compensé cette année plus de deux tiers de la baisse des ventes.

Le PDG d’Orange s’est par ailleurs réjoui d’avoir eu la plus forte croissance du CAC40 en 2014 avec plus de 60% d’augmentation de la valeur de l’action (15,99 euros le 17 février). Il a aussi tenu à souligner l’importance du maintien de ses investissements (5,636 milliards d’euros, 14,3% du chiffre d’affaires) entre autres dans les infrastructures très haut débit fixe et mobile, malgré la pression sur les marges pour proposer des offres de qualité. "Un choix gagnant", pour Stéphane Richard.

pas de reprise des ventes attendue en 2015

Le chiffre d’affaires de 39,4 milliards d’euros est en baisse de 2,5%, contre une chute de 4,5% en 2013, une décroissance qui ne serait que de 1,6% (contre 2,6% en 2013) sans la baisse de revenus liée à la nouvelle politique européenne d’itinérance. Pour Stéphane Richard, la concurrence ne devrait cependant pas permettre un retour à la croissance des ventes en 2015. Le résultat net de 1,225 milliard perd 908 millions d’euros (-42%). "Ce n’est pas lié à la performance de l’activité, mais à la politique de préparation de l’avenir du groupe, tient à préciser Ramon Fernandez, directeur financier évoquant les charges liées aux réductions des coûts. Cela intègre les provisions pour les temps partiels des seniors ou les charges de restructuration du parc immobilier, par exemple."

En revanche, la marge brute de 12,2 milliards d’euros (-2,5%) se situe dans la fourchette prévue par l’entreprise permettant au taux de marge brute de se stabiliser à 30,9%. "C’était notre objectif principal, a précisé Stéphane Richard. Et cela met fin à un cycle ou la profitabilité des opérations s’était dégradée." Quant à la dette nette qui représentait 2,37 fois la marge brute en 2013, elle ne compte désormais plus que pour à peine plus du double (2,09). Un des objectifs 2015 d’Orange est d’afficher un bilan sain avec une dette stabilisée.

 réduction des coûts : le Double des objectifs

Pour compenser la chute du chiffre d’affaires, Orange a donc réduit ses coûts, en particulier ses coûts fixes : immobilier, administratif, informatique, personnel. "Nous ciblions une réduction de 250 millions d’euros et nous avons atteint le double", se réjouit Stéphane Richard. Il a aussi rappelé la politique assumée de non remplacement partiel et progressif des employés seniors de l’entreprise. Le patron de l’opérateur historique explique avoir choisi de réduire aussi ses coûts en améliorant la qualité de ses produits.

"Si vos produits sont meilleurs, vous avez par exemple moins d’appels concernant des problèmes et donc moins de coûts associés, a-t-il avancé. En revanche, nous ne coupons pas à la hache dans les contrats sans nous soucier des conséquences." Le PDG faisait ainsi référence à des rumeurs qui prêtent à SFR des coupes claires dans les contrats avec ses fournisseurs. Les résultats de chacun des segments d’activité sont plutôt bons. En février 2015, Orange compte plus de 4 millions d’abonnés à sa 4G lancée fin 2013 et en décembre 2014, 563 000 clients (+76%) à sa fibre optique. 3,6 millions de foyers y étaient raccordables. Et pour la première fois, l’opérateur a acquis davantage de nouveaux clients à la fibre optique qu’à l’ADSL.

Si le chiffre d’affaires de la France représente de façon stable 30,9 % des ventes du groupe (6,99 milliards d’euros, -1,8 %), Stéphane Richard a aussi établi son bilan international et de la rationalisation de ses actifs. Outre la vente de ses parts dans le britannique EE, il a confirmé sa confiance dans une validation par les autorités européennes de l’acquisition du spécialiste espagnol du mobile Jazztel. Une opération à 3,8 milliards d’euros maximum qui fera entrer Orange dans un trio de tête d’opérateurs convergents fixe-mobile en Espagne. L’Afrique reste une force de l’opérateur qui s’est néanmoins défait de sa filiale ougandaise, peu rentable. Avec près de 100 millions d’abonnés mobiles sur le continent, le succès du service Orange Money du Français ne se dément pas avec 12,6 millions d’abonnés.

Le cas de Bouygues Télécom toujours en question

Le patron d’Orange a également insisté sur la liberté que lui donne son cash de se positionner en particulier pour la vente de licences de fréquences en 700 MHz prévue au second semestre. Il s’appuiera aussi sur les bénéfices de la cession à BT des parts d’Orange dans son entreprise britannique conjointe EE avec Deutsche Telekom. De quoi, peut-être aussi, prendre part à une acquisition de Bouygues Telecom, qui sait ? Sur ce sujet brûlant, Stéphane Richard s’est montré moins tranché que lors de ses vœux à la presse en janvier.

Mais il est loin de se désintéresser de l’opération. Il a rappelé que son rival potentiel, Numericable, obtiendrait certainement d’un marché financier qui lui fait toute confiance les moyens de se positionner aussi. "Mais ce serait encore alourdir leur dette, a-t-il insisté. Et il faudra faire un arbitrage de moyens au moment de la vente des fréquences en 700 MHz". Le PDG d’Orange ajoute un nouvel argument pour justifier son incapacité à anticiper une éventuelle consolidation du marché. Selon lui, avec une allusion à peine voilée aux dissensions qui existeraient entre Patrick Drahi (Altice), Martin Bouygues et Xavier Niel (Iliad), Orange est le seul pure player face à trois groupes "familiaux" : "Cela crée un facteur irrationnel dans les décisions. Or, on ne peut pas faire de prévisions sans décisions de capitaines d’industrie. Cela dit, nous sommes ceux qui avons le moins besoin de cette consolidation. Nous sommes les plus forts, les plus gros, ceux qui ont le plus de ressources."

Emmanuelle Delsol

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