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"Nous sommes une banque, pas un ordinateur géant", explique Marie Cheval, PDG de Boursorama

Marie Cheval, PDG de Boursorama, détaille à L'Usine Digitale sa stratégie pour atteindre 1,5 million de clients dans la banque en ligne d'ici 2020. L'entreprise collabore étroitement avec des fintech, mais profite aussi de la force de frappe du groupe Société Générale, dont elle est une filiale. La patronne du pure player décrit ses relations avec sa maison-mère, qui lui apporte connaissances règlementaires et débouchés pour ses salariés. 
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Nous sommes une banque, pas un ordinateur géant, explique Marie Cheval, PDG de Boursorama
"Nous sommes une banque, pas un ordinateur géant", explique Marie Cheval, PDG de Boursorama © Boursorama

L'Usine Digitale - Vous avez lancé votre banque en ligne en parallèle de vos activités de portail d'information économique et de courtage sur Internet en 2005. C'est une activité en croissance, quels sont vos objectifs à 5 ans dans ce domaine ?

 

Marie Cheval - Nous avons franchi la barre des 700 000 clients en septembre 2015, soit une progression de 25% par an depuis deux ans. La banque en ligne est aujourd'hui notre principal vecteur de croissance. Nous visons au moins 1,5 million de clients d'ici 2020.

 

Quelles innovations allez-vous mettre en place pour conquérir cette nouvelle clientèle ?

Nous réfléchissons à des outils de gestion des finances personnelles, qui doivent permettre à nos clients de visualiser plus facilement leurs dépenses. Pour leur simplifier la vie, nous pourrions par exemple connecter leurs différents comptes en banque, mettre en place une gestion dynamique des comptes, avec des alertes...

 

L'innovation ne doit pas ressembler à une révolution pour la clientèle, au contraire, elle doit se fondre dans son quotidien ! Nous collaborons sur ces thématiques avec des fintech, comme Fiduceo, dont nous avons annoncé le rachat en mars 2015.

 

Nous travaillons également sur une offre adressée aux professionnels - indépendants ou TPE/PME - dont le comportement se rapproche de celui des particuliers. Ce projet est encore à l'étude pour un petit moment...

 

Pour développer ces offres, avez-vous besoin de nouvelles compétences ? 

Nous avons embauché quelques développeurs web et des data scientist, mais ce n'est pas du tout l'essentiel de notre personnel. Nous sommes une banque, qui travaille avec des agents, un centre de relation client avec des salariés qui décrochent le téléphone, pas un ordinateur géant !

 

Votre banque en ligne s'appelle Boursorama Banque. Pourquoi avez-vous construit son image autour de la marque de votre portail d'informations sur Internet Boursorama, plutôt que de choisir celle de la Société Générale (dont vous êtes une filiale) ?

Il est erroné de dire que nous n'associons pas notre nom à celui de la Société Générale. L'appui de cette banque est un élément de réassurance fort pour nos clients. Le groupe a choisi de développer en parallèle trois services bancaires différents : le nôtre, le Crédit du Nord, plus régional, et le réseau d'agences national  Société Générale.

 

Ces trois modèles sont en concurrence au sein du groupe. Vous croquez donc certains clients des agences Société Générale. C'est paradoxal non ?

Dans le monde de la banque, cette stratégie surprend. Elle est pourtant utilisée dans de multiples autres secteurs d'activité : L'Oréal a plusieurs marques de produits de beauté, Lancôme, Maybelline, Garnier… qui se prennent mutuellement leurs clients, comme chez nous. Mais l'important, c'est que la part de marché globale du groupe progresse, et c'est le cas à la Société Générale.

 

Boursorama est une filiale à 100% de la Société Générale depuis juin 2015, dans ce cadre, comment s'organise la gouvernance de votre entreprise ?

Je fais partie du Codir [comité de direction, ndlr] du groupe et j'ai des réunions très régulières avec eux. Certaines règles de notre maison-mère s'imposent à nous, mais nous restons très indépendants sur l'opérationnel. Nous gérons notre portefeuille clients, nos offres, nous avons construit notre propre système d'information, que nous gérons avec des partenaires extérieurs…

 

Faire partie d'une structure de cette taille ne vous freine pas ?

Au contraire, nous pouvons profiter de leur expérience règlementaire. Lorsqu'un nouveau texte de loi passe, nous nous appuyons souvent sur le travail des juristes de la Société Générale, qui sont bien plus nombreux que les nôtres. Nous recrutons aussi certains de leurs salariés et les nôtres migrent au sein du groupe, qui est riche de débouchés.

 

Que leur apportez-vous en échange ?

Nous sommes très agiles. Boursorama permet à la Société Générale de tester certaines offres, certaines technos, de vérifier si l'appétence des clients est au rendez-vous. Mais nous restons une petite structure de 600 personnes, nous n'avons pas les mêmes contraintes techniques, notre clientèle est différente. Il est trop facile de dire aux banques "vous n'avez qu'à faire comme Boursorama". 

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