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"Nous voulons créer une billettique pour voyager de bout en bout grâce à son mobile", explique Olivier Piou

Vidéo Olivier Piou, DG de Gemalto mais aussi chef de file du plan industriel "sans contact" du gouvernement, décrypte les dessous de l’annonce de la création de Wizway Solutions. Cette entreprise créée par son entreprise avec Orange, la RATP et la SNCF, est chargée de la plate-forme de billettique mobile sans contact pour les transports.
mis à jour le 07 décembre 2015 à 09H27
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Nous voulons créer une billettique pour voyager de bout en bout grâce à son mobile, explique Olivier Piou
OLIVIER PIOU, ELISABETH BORNE, STEPHANE RICHARD, GUILLAUME PEPY © © GERARD BEDEAU-INFLUENCES

La Ratp, la SNCF, Gemalto et Orange unies dans la billettique sans contact

C’est une première. La Ratp, la SNCF, Gemalto et Orange créent Wizway Solutions, une entreprise commune autour du sans contact. Ensemble, ils collaboreront au développement de solutions d’achat et d’utilisation mobile de titres de transport quels qu’ils soient, via l’application de l’un des opérateurs de transports. Les titres seront totalement dématérialisés et stockés dans la carte SIM. Wizway prolonge les travaux du plan "services sans contact", l'un des 34 plans industriels du gouvernement, dont le chef de file était Olivier Piou, DG de Gemalto. Le groupe de travail "transports" avait réuni pour la première fois les opérateurs de transports et les entreprises de technologie. Objectif : accélérer le développement de solutions de transports sans contact adaptées aux nouveaux usages, sans réinventer la roue ! L’usage de la technologie NFC, existante, éprouvée et en voie de généralisation, s’est imposée face au sans contact propriétaire ou aux codes barre 2D utilisés par la RATP et la SNCF. Le NFC est de plus en plus répandu dans les téléphones mobiles et la France compterait déjà 7 millions de mobiles équipés.
L'Usine Digitale : L’annonce de Wizway avec Orange, RATP et SNCF est-il un prolongement des travaux du plan "sans contact" du gouvernement dont vous êtes le chef de file ?

Olivier Piou : Oui, après le paiement, c’est un premier résultat pratique de ce plan. Pour le paiement, on voulait développer l’utilisation et définir un plafond, de 20 euros aujourd’hui en l’occurrence. Dans les transports, la question qui se pose est celle de la capacité d’une billettique pour voyager de bout en bout, en tramway, en train, en Vélib, grâce à son mobile. Comment faire quand on va de Strasbourg à Lyon ? On peut acheter le billet SNCF, mais pas un billet qui connecte la communauté urbaine de Strasbourg, la SNCF puis les transports à Lyon.

 

Ce n’était pas difficile d’y arriver. C’était une question de standardisation. Il suffit d’un peu d’informatique qui interconnecte les opérateurs de transports, et la bonne volonté des opérateurs télécoms qui stockent les infos dans la carte SIM. Ça lui redonne de l’intérêt d’ailleurs, car elle est le coffre-fort commun à tous les téléphones, même les plus anciens.

 

Conservez-vous l’idée de cette plate-forme, créée par vos quatre entreprises, mais ouverte à tous ?

Ceux qui restent, qui ont été le plus accrochés dans le plan "sans contact", sont les quatre créateurs de Wizway Solutions. Il s'agit bien d'une plate-forme qui sera ouverte à tous : Voyages-SNCF, Expedia... Les quatre fondateurs le font avec bonne volonté. Le ROI (retou sur investissement) n’arrivera pas avant 5 à 7 ans, mais si les consommateurs l’adoptent, le résultat sera bien meilleur qu'avec des programmes R&D sans fin. La SNCF veut proposer les trajets de bout en bout et la RATP veut dématérialiser les tickets et supprimer les portillons mécaniques qui leur sont dédiés.

 

Pour le consommateur, ce sera transparent, sous les apps. Quelle que soit l’appli sur laquelle il commande, celui-ci veut recevoir son billet sur son mobile. Quelles que soient les circonstances, vous aurez le billet avec vous. Même si le téléphone est déchargé puisqu'il sera dans la carte sans contact. Nous avons beaucoup travaillé sur ce genre de choses, comme sur la protection des données personnelles, le vol, la sécurité…

 

Qui d’autre est intéressé ?

Du côté télécoms, SFR et Bouygues Telecom ont dit soutenir et adopter l’idée. La poste mobile serait aussi intéressée. Du côté des transports, on va sans doute devoir attendre la fin des élections régionales pour communiquer. Mais du côté des utilisateurs, on n’a aucun souci : tous les citoyens attendent ce service !

 

Par ailleurs, les fabricants de téléphone, les deux plus grands en tête, sont très contents de ne plus avoir qu’un seul interlocuteur et de ne plus gérer des formats multiples. La France est férue de technologies et nous sommes des entreprises très internationales, donc pour Apple et Samsung, nous sommes un peu le haut du pavé.

 

Comment va être organisé Wizway ?

Le patron a été embauché. C’est Louis Brosse, qui vient de la SNCF. Il aura une équipe de 12 à 15 personnes. Il aura besoin de gens qui connaissent le mobile, les systèmes de transport, la sécurité... Et il est certain qu'il pourra en trouver dans nos quatre entreprises. Il y a un conseil d’administration, bien sûr, mais il est libre de constituer son équipe.
 

Qu’en est-il du plan sans contact aujourd’hui ?

Quelques chantiers sont encore en cours, comme celui de la carte d’identité numérique. Avec les attentats du 13 novembre, on s’est aperçu que le plus important était de retrouver l’identité des terroristes. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui a récupéré les plans. Il nous convoque de temps en temps et il est là en personne. Les chefs de file ne peuvent pas se faire représenter ! Il doivent être eux-aussi présents en personne. Il est très exigeant sur la qualité de la préparation, mais c’est très intéressant et très pratique.

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