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"Nous voulons devenir la référence du cloud en France sur la partie logicielle", Gérald Karsenti, PDG SAP France

Entretien A la tête de SAP France, 5e filiale dans le monde de l'éditeur européen de logiciels, Gérald Karsenti revient à l’occasion de SAPPHIRE NOW, qui se tient jusqu’au 9 mai 2019 à Orlando en Floride, sur la stratégie d’innovation menée en France entamée il y a tout juste un an. Premier bilan et chantiers à venir.
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Nous voulons devenir la référence du cloud en France sur la partie logicielle, Gérald Karsenti, PDG SAP France
SAP SAPPHIRE 2019, Orlando, USA © SAP / Eventrix AG

L’Usine Digitale : en mai 2018, SAP annonçait un programme de soutien à l’innovation en France, dotée d’un fonds de deux milliards de dollars sur 5 ans. Quel bilan tirez-vous de ce dispositif un an après ses débuts ?

Gérald Karsenti : Nous avons décidé non pas de créer un incubateur, mais un programme d’accompagnement, baptisé SAP.iO Paris. Les start-up que nous sélectionnons opèrent dans des domaines très divers, parfois éloignées de notre cœur de métier. Tous les 6 mois, nous en sélectionnons au moins 6, avec une dernière promotion de 8 pépites spécialisées dans le retail. Nous devrions donc dépasser très aisément les 50 visées sur 5 ans.

 

A noter également que sur la deuxième promo, nous avons ouvert plus largement le programme avec une journée par semaine pour accompagner des start-up qui n’on pas été retenues dans le programme d’accélération. Enfin, un troisième jour sera désormais ouvert à toutes les autres start-up ayant candidaté au programme (soit plus de 70) ou faisant déjà partie de l’écosystème SAP. Celles-ci bénéficieront de sessions de coaching pour les aider à mieux structurer leur société, leur approche commerciale et comprendre les technologies SAP.

 

Vous investissez également dans les jeunes pousses...

G. K. : Au-delà ce programme, SAP a investi dans deux start-up en 2018 : Andjaro, une solution de gestion du transfert ponctuel de collaborateurs, et Shippeo, qui a mis une solution de prédiction des problèmes liés à la livraison. Le dernier volet concerne des acquisitions dans l’écosystème des start-up. Sur le marché français, les deux dernières en date sont Recast.AI, spécialisée dans la création de bots et Contextor, spécialisée dans les Robotic Process Automation.

 

SAP laisse aux pays le choix d’acquérir ou de prendre une participation minoritaire dans une start-up, ce qui est rare dans les grands groupes internationaux. Et SAP n’investit que dans des solutions auxquelles l’entreprise croit vraiment. Dernièrement, nous avons étudié  deux dossiers qui n’ont finalement pas abouti parce le business model et le plan de développement suscitaient des doutes. Et contrairement à d’autres entreprises dans lesquelles le rachat d’une start-up se concrétise assez rapidement par sa disparition, nous conservons les start-up que nous rachetons. Nous les rapprochons géographiquement de nos équipes, afin de faciliter les échanges, notamment avec les commerciaux. SAP sait intégrer ses start-up.

 

La R&D est un autre volet important de cette stratégie d'innovation...

G. K. : Une autre promesse faite en 2018 concernait en effet la R&D et la volonté de poursuivre les investissements. Aujourd’hui, nous employons 1 100 chercheurs, soit 40% des équipes SAP France. A titre de comparaison, à l’échelle du groupe, les équipes R&D représentent 28% des effectifs. Cette spécificité est à la fois liée à l’histoire de SAP France, qui a intégré les équipes de BusinessObjects en 2008 à la suite de son rachat, mais également à la volonté du groupe de développer et conserver la R&D dans notre pays.

 

Quels sont les domaines prioritaires ?

G. K. : Nous regardons particulièrement tout ce qui a trait au machine learning, à l’analytique, à l’intelligence artificielle. Ce sont des cibles prioritaires. Nous sommes aussi très attentifs à tout ce qui tourne autour de l’automatisation des process. La France a beaucoup de pépites très intéressantes en ce domaine.

 

Plus globalement, quelle est la stratégie de SAP France ?

G. K. : Notre chantier prioritaire, c’est d'augmenter le taux de pénétration du cloud, en commençant par nos applications natives cloud. Nous opérons également la migration vers le cloud de notre ERP sur S/4HANA. Le revenu en France sur le cloud a été multiplié par 2,5 entre le premier trimestre 2018 et le T1 2019. Cette activité connaît une vraie accélération. Nous voulons devenir la référence du cloud en France sur la partie logicielle. L’un des enjeux est d’être pertinent en termes d’offre, de se différencier pour adapter l’offre à chaque environnement. Nous sommes expert sur l’industrie, la distribution, les services, l’énergie… Nous sommes capables de proposer de la valeur à chaque secteur. 

 

Un autre enjeu majeur est de continuer à bâtir un écosystème SAP. Nous avons des partenariats avec les grands intégrateurs comme Atos, Accenture, Capgemini ou Bearing Point, mais aussi avec des moins grands comme Sopra Steria, qui ont une connaissance pointue de leurs clients. Un écosystème fort, c’est la clé, et cela nous force à maintenir notre niveau d’excellence. La sécurisation de la data est l'une de nos priorités, et tous nos data center se trouvent en Europe. SAP est aujourd'hui la première tech mondiale de souche européenne. La concurrence est forte, avec les GAFAM d'un côté et les acteurs asiatiques de l'autre, mais il y a un acteur qui résiste en Europe, SAP.

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