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"Nous voulons mettre des puces 100% 4G dans tous les objets connectés", explique le patron de Sequans

L'Usine Digitale a rencontré Georges Karam, fondateur et patron de Sequans Communications. A l'occasion du MWC, il revient sur le positionnement de son groupe dans le marché des puces mobiles. Cette entreprise française, cotée à la Bourse de New York, s'est spécialisée dans la fabrication du puces 100% 4G et compte surfer sur la vague des objets connectés. Pour Georges Karam, l'Europe doit dès aujourd'hui se donner les moyens de réussir dans la 5G, après avoir manqué les batailles de la 3G et de la 4G.
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Nous voulons mettre des puces 100% 4G dans tous les objets connectés, explique le patron de Sequans
"Nous voulons mettre des puces 100% 4G dans tous les objets connectés", explique le patron de Sequans © Sequans Communications

L'Usine Nouvelle - Quelle position adopte Sequans face aux géants de la fabrication de puces mobiles comme Qualcomm et Intel ?

Georges Karam - Sequans est un pure-player 4G, nous fabriquons uniquement des puces adaptées à cette norme de très haut-débit mobile. Ce positionnement nous permet de nous différencier de nos principaux concurrents comme Qualcomm, Intel ou Broadcom. Ces derniers se concentrent, eux, sur les puces en mode dual, 3G et LTE car les fabricants de téléphones réclament pour le moment principalement ces composants, la voix ne passant pas encore par la 4G.

Quels sont les débouchés qui s'offrent aux puces 100% 4G ?

Les Etats-Unis sont en avance par rapport à l'Europe en termes de couverture 4G. Avec des volumes de données échangées en forte hausse, notamment avec la mise en ligne de contenus vidéos en haute-définition, on commence à voir émerger une demande pour des appareils supportant uniquement le wifi et la 4G. En dessous, le débit n'est pas suffisant pour une expérience utilisateur avec un minimum de confort.

Un des éléments de notre stratégie consiste donc à mettre des puces 100% 4G dans tous les objets connectés. En réduisant au maximum le coût de ce composant et en se rapprochant de celui, très faible, d'une puce wifi, les fabricants de cette filière en plein décollage n'hésiteront pas à en équiper leurs appareils. Dans le même temps, l'offre des opérateurs va rapidement s'adapter en proposant des offres multi-sim à des tarifs plus avantageux. D'ici 2018, nous estimons qu'il y aura 3,5 milliards de devices LTE dans le monde : 30% disposeront de puces uniquement 4G, soit 1 milliard d'appareils, ce qui représenterait un marché de 5 milliards de dollars sur les quatre années à venir.

Ces puces low-cost ne risquent-elles pas de proposer un débit trop limité ?

Ce n'est qu'un aspect de notre stratégie. A côté de cette offre à bas coûts que nous avons baptisé "StramLite LTE", nous entrons également dans une course au débit avec notre gamme "StreamRich LTE". La LTE n'est pas une technologie figée et comme nous nous concentrons sur des puces 100% 4G nous pouvons proposer des produits de meilleure qualité. Le Japon est par exemple demandeur de composants permettant d'atteindre des débits de 600 Mbits par seconde, alors que le réseau 4G est pour le moment limité à 150 Mbits en France.

A chaque génération son standard
Toutes les générations de téléphonie mobile sont associées à un standard défini par la technologie et la bande de fréquence utilisées. Le réseau français Radiocom 2000, lancé en 1986 par France Télécom, marque les débuts de la téléphonie cellulaire. Suivront ensuite en Europe les normes GSM (2G) et UMTS (3G). Pour la 4G, deux technologies étaient en compétition : LTE, développée par l'industrie des télécoms, et WiMAX, provenant du monde informatique. C'est finalement LTE qui l'a emporté en tant que norme reconnue pour porter l'appellation de 4G.

Etes-vous prêts pour la 5G ?

Nous nous préparons même si pour l'instant, nous nous concentrons sur la 4G. Mais la France, qui était en pointe sur le GSM et la 2G mais a manqué les batailles de la 3G et de la 4G, doit être au rendez-vous de cette cinquième génération. L'investissement récent de Bpifrance dans notre structure va dans le bon sens. En 2004, Sequans avait été parmi les premiers à sortir une puce Wimax et à fournir les premiers téléphones 4G/WiMAX aux Etats-Unis et au Japon, aux prémices de la 4G. Nous avons rencontré des difficultés en 2012 car le passage de la norme WiMAX à la norme LTE s’est produit plus rapidement qu'attendu. Ce n'était pas un manque de vision mais un manque de moyens. Si nous avions pu, nous aurions développé des puces LTE en parallèle des puces WiMAX. Nous avons relativement bien encaissé ce choc mais cet exemple reflète la nécessité de soutenir les industriels qui développent des technologies de pointe et prennent forcément des risques.

Propos recueillis par Julien Bonnet, à Barcelone

La fiche d'identité de Sequans
Date de création : 2003
Coté à la Bourse de New York (NYSE) depuis 2011
Effectifs 2013 : 220 personnes
Chiffre d'affaires 2013 : 13,7 millions de dollars

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