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Numériser les usines, la nouvelle ambition des industriels de l’équipement électrique

Le syndicat professionnel Gimelec veut pousser la France à faire sa quatrième révolution industrielle. L’usine numérique est prête. Il faut l’adopter d’urgence.
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Numériser les usines, la nouvelle ambition des industriels de l’équipement électrique
Numériser les usines, la nouvelle ambition des industriels de l’équipement électrique © DR

« La question n’est pas de savoir si on s’engage dans cette révolution, mais à quelle vitesse on va y aller. » Pour Vincent Jauneau, le président du comité de marché industrie du Gimelec, la révolution de l’industrie 4.0 est un impératif dont le syndicat des industriels de l’équipement électrique veut se faire le promoteur en France. La conférence de presse que l’organisation tenait ce vendredi 27 septembre a dressé un constat d’urgence : alors que les industriels français n’ont pas tous fait la révolution de l’automatisation de la production (révolution dite « 3.0 » par le Gimelec), leurs homologues allemands se sont engagés avec force dans la voie de l’usine numérique (4.0) depuis au moins deux ans. Les américains ne sont pas en reste et les chinois s’y intéressent.

Pour le Gimelec, c’est cette révolution qui permettra à l’industrie de sortir de sa crise structurelle. L’interconnexion des machines, des sites et des processus de production permettra de rendre l’usine plus compétitive, flexible et économe en énergie. L’industrie 4.0 ne s’arrête cependant pas aux murs de l’usine : l’échange de données se poursuit lors de la distribution et l’usage du produit, créant une richesse à exploiter par les outils de Big Data. Pour Vincent Jauneau, « il ne s’agit pas d’une vision à quatre ou cinq ans. La quatrième révolution industrielle est déjà opérationnelle. »

Effort culturel et financier

Les outils sont disponibles : capteurs pour collecter les informations, automates pour piloter la fabrication, commandes numériques à l’interface des machines-outils et robots industriels à l’intelligence croissante. Sans oublier bien sûr les indispensables logiciels : conception et fabrication assistée par ordinateur (CFAO), gestion du cycle de vie des produits (PLM), gestion intégrée (ERP), ordonnancement de la production (MES)… Autant de briques qui convergent pour s’intégrer dans l’usine numérique.

Reste à faire l’effort culturel et financier, alors que les marges des industriels sont au plus bas. Avec la brochure qu’il vient d’éditer et le nouveau salon « Smart Industries » qui se tiendra aux côtés d’Industrie Paris 2014 début avril 2013, le Gimelec démarre l’évangélisation des industriels français. Côté financier, cependant, « nous n’avons pas la force des syndicats professionnels américains ni celle des Länder allemands », regrette Vincent Jauneau. Reste l’Etat français, qu’il faudra aussi convertir. Le Gimelec entend d’ores et déjà s’engouffrer dans l’ouverture que représente le 34e plan industriel d’Arnaud Montebourg : l’usine du futur.

Manuel Moragues

 

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