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NXP veut révolutionner la cuisson aux micro-ondes

En appliquant sa technologie radiofréquences de haute puissance, NXP propose une cuisson aux micro-ondes offrant la même qualité qu'une cuisson au four traditionnel. Les fabricants d’électroménagers pourraient la commercialiser d'ici deux ans.
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NXP veut révolutionner la cuisson aux micro-ondes
NXP veut révolutionner la cuisson aux micro-ondes

Imaginez un four à micro-ondes offrant la même qualité de cuisson qu’un four traditionnel mais dans un temps bien plus réduit et demandant beaucoup moins d’énergie. Cette technologie est en développement, non pas par un géant de l’électroménager tel que Whirlpool, Electrolux ou Samsung, mais par le fabricant de semi-conducteurs NXP, à Caen. Le groupe néerlandais, issu en 2007 de Philips, veut en effet réinventer le four à micro-ondes pour étendre son utilisation à la cuisson. Comment ? En exploitant son savoir-faire dans les composants radiofréquences de haute puissance déjà au cœur des stations de base de téléphonie mobile.

Les fours à micro-ondes actuels utilisent un magnétron (volumineux système électromagnétique) pour générer les micro-ondes à la fréquence de 2,4 GHz. L’idée est de le remplacer par des composants électroniques radiofréquences de forte puissance comme ceux équipant les émetteurs de téléphonie mobile. Intérêt ? Il devient possible de contrôler par logiciel l’émission des signaux micro-ondes pour optimiser en temps réel la cuisson. Le principe est de détecter la façon dont l’aliment réfléchit les ondes puis d’ajuster l’amplitude, la fréquence et la phase des rayons radiofréquences pour que leur absorption soit optimale. Selon NXP, l’absorption de l’énergie des micro-ondes dépend du type d’aliment et varie pendant la cuisson. Le modèle d’optimisation qu’il a développé fait varier la fréquence entre 2,4 et 2,5 GHz.

Remplacer les fours combinés

Les fours à micro-ondes actuels fonctionnent à une fréquence fixe de 2,4 GHz et avec un signal identique en amplitude et en phase, du début jusqu’à la fin de la cuisson. "Ils présentent un problème d’uniformité de température et ne permettent pas d’obtenir l’aspect doré et croustillant de l’aliment comme avec un four traditionnel, explique Olivier Harquin, directeur du site NXP à Caen. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui utilisés surtout pour chauffer. Avec notre technologie, ils pourront être employés aussi pour la cuisson en remplacement des fours combinés. A la clé, un gain de temps de 70 à 85% et une économie d’énergie de 60 à 90%.

Pour prouver son concept, NXP a créé un prototype, avec un générateur électronique de micro-ondes de 250 W contrôlé par un logiciel sur PC. Le générateur de micro-ondes fait appel à un seul amplificateur radiofréquence. Il suffit de multiplier par quatre le nombre d’amplificateurs pour atteindre la puissance des fours actuels de 1000 W. Et "il sera possible, du fait de la miniaturisation électronique, de réaliser des mini fours suffisamment compacts pour être portables", prévoit Olivier Harquin. Il est possible aussi de concentrer le faisceau micro-ondes sur telle ou telle partie de l’aliment, et même de cuire deux aliments différents au même temps. "Si bien qu’on pourrait cuire un poulet dans la glace, le poulet sera parfaitement cuit, mais la glace ne sera pas fondue", plaisante Jean-Yves Muller, PDG de NXP France.

Plusieurs grands fabricants d’électroménager seraient intéressés par cette technologie. "Ils y voient une révolution aussi importante que le passage dans la télévision du tube cathodique aux écrans plats", confie Olivier Harquin, qui s’attend au lancement commercial dans 18 mois.

Ridha Loukil

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