Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Open data, open cloud, open hardware, open government... Le modèle open source sort du logiciel

L’Open World Forum 2014 consacre l'open source comme un modèle universel de cocréation. Il s'étend à tous les domaines, dont le développement de matériel. L'objectif est de bénéficier des mêmes avantages d’agilité, d’innovation et de coût que dans le logiciel, où ce modèle est né.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Open data, open cloud, open hardware, open government... Le modèle open source sort du logiciel
Open data, open cloud, open hardware, open government... Le modèle open source sort du logiciel © justgrimes - Flickr CC

L’open source ne se cantonne plus au logiciel. L’Open World Forum, qui se déroule à Paris les 30 et 31 octobre 2014, le consacre comme un modèle universel de cocréation dans tous les domaines. L’ouverture devient le maître mot de tous les processus de développement : open data, open cloud, open hardware, open government …etc. Le modèle participatif de création, de partage et d’expérimentation, à l’œuvre dans le logiciel depuis 30 ans, s’étend jusqu’à la production juridique ! Un projet "Open Law" a été d’ailleurs lancé à cette occasion sur le sujet par l’Open World Forum, la DILA (Direction de l’information légale et administrative), le Numa (ex-Silicon Sentier, incubateur de start-up dans le numérique à Paris) et Etalab, l'organisme d’ouverture des données publiques.

Poppy, le robot open source

Mais c’est dans le matériel que ce modèle est promis à un fort développement. L’Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique) a présenté son robot humanoïde Poppy à 25 degrés de liberté. Sa particularité ? Il a une colonne vertébrale qui lui donne une structure "molle". "C’est intéressant, car il est plus proche de l’homme que d’autres robots humanoïdes comme Nao, note Patrick Guillaud, de la direction de développement technologique de l’Inria. Mais il est très difficile de le faire marcher". Un défi relevé par des chercheurs britanniques. Car depuis octobre 2013, ce robot, créé au départ comme une plate-forme de recherche sur l’apprentissage, a été ouvert. Son logiciel embarqué ainsi que les plans de la trentaine de pièces en plastiques qui le constituent ont été mis à la disposition de tout le monde. N’importe qui peut les télécharger, les modifier, les enrichir et fabriquer sa propre version en impression 3D. Une dizaine de copies ont été ainsi développées, dont une par les militaires américains. L’intérêt de l’Inria est de bénéficier des contributions des autres pour étendre le champ de ses recherches.

Tabby, l’utilitaire en kit

Autre exemple : le véhicule utilitaire Tabby de la société italienne OSVehicules. Il sera fourni en kit pour être monté par l’utilisateur. Ses plans sont disponibles en téléchargement. Ainsi designers et fabricants peuvent proposer leurs propres versions de la carrosserie. "L’idée est de fixer les caractéristiques de base du véhicule et de laisser ensuite le soin à d’autres intervenants de participer au projet d’innovation en proposant leurs propres créations", explique Muriel Shan Sei Fan, chef de projet innovation chez Systematic, pôle de compétitivité sur les systèmes complexes de la région Ile de France. Ce véhicule devrait être commercialisé en 2015.

L’open hardware devrait se développer aussi dans les systèmes embarqués. "Dans l’aéronautique, les industriels envisagent d’ouvrir les fonctions génériques et transverses du calculateur de bord, pour focaliser leur effort sur leurs fonctions métiers et spécifiques, détaille Gaël Blondelle, directeur d’Eclipse, fondation pour des outils de développement logiciel open source. "Une démarche qui vise à bénéficier dans le développement de matériel des mêmes gains que dans le logiciel en termes d’agilité, d’innovation et de coût. Dans le logiciel, l’open source réduit de 30 à 40% les coûts ", estime Florent Zara, président de l’Open World Forum 2014 et directeur technique de Henix, spécialiste de la qualité logicielle.

Le défi des compétences

Le logiciel open source affiche la belle forme en France. Selon Florent Zara, il représente 400 entreprises spécialisées, 40 000 emplois et un chiffre d’affaires de 4 milliards d'euros en 2014, soit près de 40% du marché français du logiciel. Mais son développement se heurte au manque de développeurs et de compétences en infrastructure. Un problème que Philippe Montargès, coprésident d’Alter Way, société de services en open source, espère résorber en développant l’attractivité de la filière auprès des étudiants dans les grandes écoles et les universités. L’initiative Student Demo Cup, qu’il organise, cette année, s’inscrit dans cet objectif. Elle récompense trois projets d’étudiants dans l’open source.

Ridha Loukil

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale