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Optimistes, audacieux, confiants : le moral des startuppeurs français au beau fixe

Étude Des startuppeurs très positifs, au moral solide dans le contexte économique actuel, avec la volonté d’être utiles à la société et affichant une forte intention de recruter… A quelques jours du salon Viva Technology, BNP Paribas a présenté lundi 13 mai 2019 les conclusions du premier baromètre du moral des startuppeurs en France. Voici ses principaux enseignements, ainsi que quelques pistes d'amélioration dans les modes de collaboration avec les grands groupes.

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Optimistes, audacieux, confiants : le moral des startuppeurs français au beau fixe
Optimistes, audacieux, confiants : le moral des startuppeurs français au beau fixe © rawpixel/Pixabay

Pourquoi les startuppeurs français se lancent-ils et comment vivent-ils l’aventure entrepreneuriale ? Sont-ils confiants dans l’avenir de leur start-up, et dans celui du pays ? Quels sont leurs principales attentes ? A quelques jours du salon Viva Technology, qui débute le 16 mai à Paris, BNP Paribas a présenté ce lundi les résultats de son premier baromètre* du moral des startuppeurs en France.

 

La banque, qui accompagne les jeunes pousses au sein notamment de WAI Paris, son accélérateur business, a souhaité sonder en partenariat avec Opinion Way les jeunes entrepreneurs sur leur état d’esprit. "Depuis 7 ans, nous avons accompagné plus de 3 000 start-up, rappelle Myriam Beque, directrice Innovation et développement de la banque de détail française de BNP Paribas. Nous constatons à la fois une formidable énergie de la part de ces acteurs, mais aussi l’expression  de certaines difficultés à innover. Ce baromètre est un premier éclairage sur la population des startuppeurs".

 

La France, "un pays où on peut innover"

Premier enseignement, un état d'esprit positif : les entrepreneurs, dont les témoignages ont été sollicités soit par sondage soit via l’analyse de publications spontanées sur les réseaux sociaux, affichent en effet une volonté commune de créer, de mener à bien un projet, de lancer un service ou produit qui n’existe pas. "Nous constatons également que progressivement, beaucoup de start-up mettent en avant leur envie de contribuer à changer la société, avec l’envie d’être utile et de s’engager", ajoute Myriam Beque. Pour Aude Camus, co-fondatrice de NU!, une solution Tech for Good qui aide les professionnels de la restauration collective à limiter les déchets via un frigo connecté, "les accélérateurs nous permettent de retrouver des personnes avec la même énergie". Pour Pierre Maury, cofondateur de Merito - une plateforme Saas RH pour le retail de mutualisation du personnel entre les magasins d’une même enseigne - "[nous] prenons beaucoup de risques, il y a beaucoup d’inconnues. Il faut être optimiste si on veut avancer".

 

Illustration de cet état d’esprit, un regard bienveillant sur la possibilité d’entreprendre en France. "La France est un pays où on peut entreprendre et innover, même si les modèles de financement sont loin d’être parfaits, explique Aude Camus. Et on a la chance d’avoir accès à un niveau de qualification important". Un avis partagé par Pierre Maury : "Il y a 15 ans, il n’y avait rien pour les jeunes entrepreneurs. Aujourd’hui, il existe beaucoup de programmes d’accélérateurs, y compris corporate comme tout ce que fait la BPI". Ainsi, pour les trois-quarts des start-up interrogées, les conditions actuelles sont favorables au développement de leur activité.

 

Plus audacieux que leurs aînés

Pour mettre en perspective les résultats de ce baromètre, OpinionWay les a comparés avec une étude Bpifrance sur le moral des dirigeants français réalisée en 2019. Résultats : les startuppeurs affichent un moral supérieur à leurs aînés. Autre différence : ils affichent une volonté d’embaucher beaucoup plus forte (73% vs 9%). "Ils se considèrent globalement comme plus audacieux", résume Laurent Gassie, directeur de clientèle, expert banques, assurances et finances chez OpinionWay. Ainsi, concernant les perspectives des douze prochains mois, 92% se disent très confiants ou assez confiants dans l’avenir de leur entreprise, contre 78% des dirigeants, et 60% se disent confiants dans l’économie française (33% des dirigeants).

 

Ils sont néanmoins 84% à juger que diriger une start-up est une mission difficile, bien que passionnante (99%). "Il y a une dualité permanente entre cet optimisme et la confiance en l’avenir, avec des problématiques de cash et de business qu’on ne rencontre pas dans un grand groupe", poursuit Aude Camus. Sa start-up, qui a consacré deux ans de R&D essentiellement financée par de grands fonds, est en train de clôturer sa deuxième levée pour la fin du mois de juin, "un chemin long et chronophage", consent-elle. L’aventure entrepreneuriale leur permet également de rester indépendants. Souvent anciens salariés de grands groupes, ils conservent de leurs expériences passées une certaine frustration. "Le fait d’avoir été 'bridée' sur l’audace au cours de mon expérience dans un grand groupe a joué dans le fait que je créée mon entreprise", avoue Aude Camus.

 

Les grands enjeux à venir

Si les dirigeants des jeunes pépites pointent à la fois un contexte favorable, ils sont nombreux à exprimer certaines attentes vis-à-vis des grands groupes et de leurs partenaires… dont leur banque. Première difficulté, identifiée par un entrepreneur sur deux : obtenir des fonds, et donc susciter la confiance des investisseurs. Suivent les difficultés à recruter, les difficultés commerciales (comme rencontrer des clients) et les lourdeurs administratives. "L’amorçage reste compliqué en France, explique Pierre Maury. Les grandes entreprises demandent des KPI [indicateurs clé de performance, N.D.L.R.] trop tôt. Or il faut trouver de bons business angels, avoir un peu de chance ou du réseau, un bon feeling". Parmi les facteurs de réussite, les médias. "Une start-up a constamment un enjeu de notoriété et de crédibilité, donc le tremplin médiatique est très important".

 

Parmi les grandes attentes exprimées par les start-up interrogées, un soutien plus important attendu de la part des grandes entreprises. "Les grands groupes traitent parfois une start-up comme leur département R&D externalisé, alors qu’on est une entreprise et qu’on doit faire du chiffre d’affaires, poursuit Pierre Maury. Le rapport de force est inégal, mais il évolue : les départements Innovation disparaissent, c'est une bonne chose. L’innovation est intégrée à l’ensemble de l’entreprise. Les gens changent, aussi. Ils veulent faire bouger les choses dans leurs sociétés. Quand on aligne les planètes, tout est possible", explique le startuppeur. Il regrette néanmoins "des cycles de vente trop longs".

 

La nécessité de banquiers aguerris à  l'univers des start-up

Côté banque, les améliorations sont également visibles. "Dans le monde bancaire, on s’éduque, on apprend des phases de développement propres aux start-up, des modes de financements. Cela demande d’autres manières de penser", analyse Myriam Beque. BNParibas dédie ainsi des banquiers à ces problématiques. "Si on n’a pas des banquiers aguerris à ces problématiques, on ne fait pas le job. Peut-être qu’un jour, il faudra des banquiers spécialisés par secteur, cela fait partie des réflexions", poursuit-elle.

 

La banque française a également organisé des programmes de collaboration entre start-up et ETI, "des groupes plus accessibles que les grands groupes", selon Myriam Beque. Autre enjeu de demain : être capable d’accompagner les pépites françaises pour la commercialisation de leur produit ou service, au-delà de l’angle du financement, au moment où elles en ont besoin.

 

*Etude réalisée auprès d’un échantillon de 200 dirigeants de start-up de 1 à 100 salariés, créées il y a au moins 2 ans, et qui ont réalisé une levée de fonds de 250 000€ ou plus. Un redressement a été appliqué sur les critères de région (IDF/Province) et de secteur d’activité. L’échantillon a été interrogé par téléphone sur système CATI (Computer Assisted Telephone Interview), du 11 au 22 mars 2019. OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 4 à 7 points au plus pour un échantillon de 200 répondants.

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