Oracle lance une offre de cloud souverain en Europe… qui n'est pas compatible SecNumCloud

Oracle a mis au point une offre de cloud souverain pour l'Europe qui opère de façon complètement indépendante de son cloud public. Elle dispose des mêmes fonctionnalités et services, au même prix, mais tourne uniquement sur des datacenters basés en Europe, exploités par du personnel européen, employé par des filiales européennes. Un dispositif impressionnant, mais qui ne suffit pas à répondre aux exigences du référentiel SecNumCloud de l'Anssi.

Partager
Oracle lance une offre de cloud souverain en Europe… qui n'est pas compatible SecNumCloud

Oracle annonce ce 20 juin 2023 le lancement de son offre EU Sovereign Cloud, qui met ses solutions cloud à disposition des entreprises européennes avec une série de garanties renforcées. Deux sites ont été ouverts pour l'occasion, l'un à Francfort en Allemagne, l'autre à Madrid en Espagne. D'autres suivront au fil du temps.

Filiales européennes, personnel européen…

Les données des clients de cette offre dédiée aux 27 pays membres de l'Union européenne (mais ouverte à d'autres pays comme la Norvège) sont complètement séparées de l'offre de cloud public standard d'Oracle : les infrastructures sont physiquement distinctes et ne sont pas reliées entre elles. "Les données ne quittent jamais le continent et sont isolées des acteurs non-européens", souligne Richard Smith, le vice-président exécutif Cloud & Tech pour la région EMEA d'Oracle.

L'entreprise américaine a même été jusqu'à créer deux "entités légales indépendantes", l'une basée en Allemagne et l'autre en Espagne, qui exploitent ces centres de données avec du personnel exclusivement européen. Elle estime ainsi répondre aux exigences du futur standard européen de certification de cloud souverain. Seul souci… Son offre ne répond pas aux critères SecNumCloud établis par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

…mais pas compatible SecNumCloud

En réponse à une question de L'Usine Digitale, les représentants d'Oracle ont clarifié que ces filiales locales sont bien rattachées à son siège états-unien, et qu'elles sont donc juridiquement régies par le CLOUD Act "selon l'interprétation française". Agnieszka Bruyère, VP Cloud Growth & Public Sector pour la région EMEA, a par ailleurs rappelé que le standard cloud européen n'est pas encore arrêté et qu'Oracle ne peut donc garantir avec certitude que son offre y répondra dans son état actuel.

A noter également que les partenaires qui hébergent ces datacenters européens sont deux entreprises américaines : Digital Realty (ex-Interxion) pour Madrid et Equinix pour Francfort.

Richard Smith insiste néanmoins sur "les efforts significatifs que nous avons entrepris pour s'assurer d'être en conformité avec les réglementations européennes". Oracle déclare l'offre 100% compatible avec le RGPD, "alignée avec NIS 2" et avec les derniers jugements rendus par le Comité européen de la protection des données. Il a également évoqué la possibilité hypothétique d'une offre co-gérée avec un partenaire local qui pourrait répondre aux exigences SecNumCloud, citant en exemple le partenariat d'Oracle avec Telecom Italia pour le compte du gouvernement italien.

Mêmes services, pas de surcoût

Malgré ces bémols, Oracle est très confiant avec cette offre EU Sovereign Cloud. Notamment car les données peuvent être chiffrées – au repos et en transit – par une solution Thales et les clés gérées par les clients. Également car le prix reste le même que pour son cloud public standard, et qu'il garantit les mêmes fonctionnalités et les mêmes mises à jour "quasiment sans délai". Le service est de plus opérationnel dès aujourd'hui. La suite d'applications Oracle Fusion Cloud n'y est pas encore disponible mais le sera prochainement.

Oracle destine son "EU Sovereign Cloud" aux secteurs dits critiques, comme la santé, les services financiers, les opérateurs télécoms et le secteur public. L'entreprise renforce progressivement sa position sur le marché du cloud depuis quelques années, et s'y classe actuellement 7e au niveau mondial d'après Synergy Research. Elle n'a cependant que 2% de parts de marché, et reste donc un acteur mineur face à Amazon Web Services (32%) et Microsoft Azure (23%). Ce lancement est un moyen pour elle de renforcer sa présence sur le marché européen.

Sujets associés

NEWSLETTER L'Usine Digitale

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

ARTICLES LES PLUS LUS