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Oracle veut détrôner Salesforce dans le cloud computing dès 2015

Avec un bond de 100 % des commandes de ses logiciels à la demande, le géant américain de l’informatique Oracle espère dépasser Salesforce dans le cloud computing dès cette année. Une transition qui se paie par une cannibalisation croissante de ses ventes de logiciels en licences.
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Oracle veut détrôner Salesforce dans le cloud computing dès 2015
Oracle veut détrôner Salesforce dans le cloud computing dès 2015 © Håkan Dahlström - Flickr - C.C

Marc Benioff, le PDG-cofondateur de Salesforce, le champion du logiciel à la demande et du cloud computing, n’a qu’à bien se tenir. Il est dans la ligne de mire de celui qu’il considérait jusqu’ici comme son mentor : Larry Ellison, le président du conseil d’administration et directeur technique d’Oracle. "Il y a un trimestre, je voyais Oracle dépasser Salesforce dans le cloud computing au cours de l’exercice fiscal 2016 à clôturer le 31 mars 2017, a lancé Larry Ellison lors de la conférence sur les résultats du quatrième trimestre 2014 avec les analystes. Je pense avoir été trop prudent et trop conservateur. Nous allons y arriver plus tôt au cours de l’année calendaire 2015."

L’écart entre les deux protagonistes paraît pourtant important. Salesforce a clôturé son dernier exercice fiscal le 31 janvier 2015 avec un chiffre d’affaires dans le cloud d’environ 5 milliards issus de deux familles de services : les logiciels à la demande (SaaS pour Software as a service) et la plateforme de développement (PaaS pour Platform as a service). Un résultat qui en fait le leader du cloud computing, tous services confondus, devant Amazon Web Services, Microsoft et IBM. Oracle se situe loin derrière avec un chiffre d’affaires dans le cloud computing de 1,9 milliard de dollars en 2014, en progression de 32 % par rapport à 2013. Le numéro un mondial des logiciels de gestion de base de données est présent, non seulement dans le SaaS et le PaaS, comme Salesforce, mais aussi dans le cloud d’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service), comme Amazon Web Services, Microsoft ou IBM.

Profiter d’un différentiel de rythme de croissance

Alors comment Oracle pourrait-il détrôner Salesforce si vite ? "Nous croissons deux fois plus vite que Salesforce dans le SaaS et le PaaS, et notre carnet de commandes pour ces services augmente de 100 % par an", justifie Larry Ellison. "C’est facile de croître ainsi quand on part de zéro ", rétorque Marc Benioff. Certes, mais après avoir joui d’une croissance moyenne de 30 % par an, Salesforce prévoit un ralentissement à 20 % pour le prochain exercice, alors qu’Oracle affiche des bonds de 30 à 50 % par an. C’est sur ce différentiel que Larry Ellison mise pour battre son ancien partenaire, devenu son plus grand rival.

Ses déclarations sont à prendre avec des pincettes. Car il a longtemps été un farouche opposant au cloud computing, allant jusqu’à qualifier ce modèle informatique de "non-sens". S’il en est devenu aujourd’hui le chantre, voulant faire d’Oracle la "cloud company" numéro un dans le monde, c’est pour échapper à la concurrence des nouveaux éditeurs de logiciels nés dans le cloud et à la croissance fulgurante, comme Salesforce, Workday ou NetSuite.

Une place très convoitée

Pour cela, Oracle accélère sa migration vers le logiciel à la demande. Mais cette transformation se paie par une cannibalisation croissante de son activité traditionnelle de logiciels en licences, comme le démontre la baisse de 7 % de ses ventes dans ce domaine au quatrième trimestre 2014. Pour Safra Ada Catz, codirecteur général d‘Oracle, cette évolution n’affecterait les résultats qu’à court terme, mais pas à long terme. "Quand nous vendons 1 million de logiciels en licence, nous récoltons 1 million supplémentaire de revenu en support et maintenance sur 5 ans, ce qui porte le total de revenus en 5 ans à 2 millions de dollars, explique-t-elle. Pour 1 million de services PaaS que nous vendons, nous collectons un total de revenus de 5 millions sur 5 ans. C‘est vers ce modèle que nous allons."

Le pari d’Oracle de devenir le numéro un du cloud cette année paraît néanmoins difficile à tenir. D’autres géants comme Microsoft, IBM ou SAP convoitent la même place. La bataille entre Salesforce et Oracle pourrait les favoriser.

Ridha Loukil

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