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Orange a-t-il enfin tout compris au numérique ?

Open innovation et open data. La nouvelle innovation Orange n’est pas dans le picoprojecteur de vacances présenté lors de sa conférence Hello. Mais bien dans la poursuite de sa transformation en acteur du numérique, avec de l’ouverture à tous les étages.

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Orange a-t-il enfin tout compris au numérique ?
Orange a-t-il enfin tout compris au numérique ? © D.R. - Orange

Orange a tenu à Paris, jeudi 7 novembre, sa conférence annuelle sur l’innovation, Hello. Son PDG, Stéphane Richard a présenté quelques produits et services assez décevants finalement. Quelle drôle d’idée que ce pico-projecteur connecté de 1,6 kg à l’heure où les smartphones et tablettes seront bientôt tous équipés de ce dispositif… Quant à la maison connectée ! Mais passons. Le plus intéressant est venu, une fois n’est pas coutume, d’un slogan. Celui que Stéphane Richard a accolé à sa stratégie d’innovation : Nous voulons devenir l’opérateur télécoms de l’ère Internet. 

L’idée ? Adapter l’entreprise pour qu’elle propose des services, des usages innovants à l’heure d’un Internet généralisé et tout puissant, plutôt que de vainement essayer de contrer les géants du net ou de se plaindre de leur suprématie. En restant, bien sûr, avant tout, l’opérateur de réseau qu’Orange est déjà et en continuant de proposer les services associés avec la meilleure qualité possible à ses clients. Et parce qu’un slogan seul aurait été une belle déception, le PDG d’Orange a dévoilé les premières actions concrètes associées à sa stratégie.

Open, big et fast data

Orange va commencer par s’inspirer de ces mêmes géants de l’Internet qui l’agacent tant. Il semble en effet avoir enfin compris la valeur de la mine d’informations sur laquelle il est assis, tout comme ces derniers. Ses réseaux regorgent de données sur le comportement des mobinautes. Et Orange va désormais s’en servir et les croiser avec l’open data disponible en France. Puiser intelligemment dans cette manne d’informations croisées lui permettra de développer de nouveaux services, seul ou avec des partenaires. Attention, ne pas confondre Orange et Google ! Pas de monétisation directe de ces données d’une façon ou d’une autre. Stéphane Richard a tenu à le souligner : " le business model d’Orange, c’est la facturation de nos services." L’exploitation des données se fera donc en tout respect de la vie privée et de l’anonymat. (Le PDG a même cérémonieusement signé sur scène une charte le garantissant. Mieux vaut ne fâcher personne sur de tels sujets, quitte à frôler le ridicule !)

Orange s’est en fait déjà essayé à l’exercice du big data/open data à deux reprises cette année. En Côte d’Ivoire où il a son technocentre local, pour commencer. L’opération Data for development (D4D) a réuni 90 équipes de chercheurs qui ont croisé les données du réseau télécoms avec celles de l’open data santé. Cela leur a permis par exemple d’optimiser la communication sur certaines épidémies vers les zones sensibles concernées. En septembre 2013, cette fois à Sophia Antipolis, l’opérateur a organisé un hackathon où les candidats disposaient de données du réseau et de données publiques ouvertes sur les transports, les logements, etc. Le gagnant a développé une app de conseil aux vacanciers souhaitant loger dans un quartier plus ou moins animé (en observant les données géolocalisées de l’activité mobile). Open data, big data et, a même ajouté Stéphane Richard, "fast data", grâce au très haut débit).

Faire tomber les murs

La transformation de l’innovation passe aussi par la transformation du processus. Orange va ainsi se tourner vers l’open innovation, pour introduire davantage d’agilité mais aussi pour repérer des technologies intéressantes ailleurs que chez lui. Terminé –semble-t-il- la peur du not invented here et la tendance fâcheuse à s’inspirer de développements de start-up sans que celles-ci n’y trouvent aucun bénéfice. Concrètement, l’opérateur va répéter l’opération Orange Fab lancée dans la Silicon Valley en mai 2013 et en la déclinant en France, puis en Asie et en Pologne. L’accélérateur de start-ups californien d’Orange a accueilli et accompagné durant trois mois, six jeunes pousses américaines qui avaient déjà un prototype de produit. " Mais nous allons aussi procéder à l’ouverture de nos murs " a continué Stéphane Richard. Orange va accueillir dans ses locaux français des chercheurs, des étudiants, des jeunes pousses. Pour les accompagner dans leurs travaux, mais aussi " pour qu’ils inoculent à Orange leur culture de start-up ", a précisé le PDG. Enfin l’opérateur ouvre aussi son réseau via des interfaces de programmation pour que des tiers puissent y développer, là encore de nouveaux services. Pour commencer, plusieurs apps s’appuyant ainsi sur le cloud d’Orange sortiront en 2014 : WeVideo pour le stockage de vidéos montées par l’utilisateur ou Pocket Scanner pour le stockage de documents scannés. 

Après la réorganisation de son technocentre, plus décentralisé et agile, c’est une tout autre transformation de son innovation que l’opérateur entame. En réfléchissant comme un acteur du numérique à part entière, et non comme un opérateur télécoms acculé par les méchants géants de l’Internet. Ne reste plus qu’à observer les résultats de cette transformation.

Emmanuelle Delsol



Le replay du show hello! par orangeleshowhello

 

 
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