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Oscadi et Logipren, deux champions qui tirent la filière e-santé réunionnaise vers le haut

L'Usine Digitale est à L'Ile de la Réunion à l'occasion du premier forum NxSE. L'occasion de rencontrer deux champions locaux de la e-santé, Oscadi et Logipren, alors que le territoire vient de rejoindre le réseau thématique French Tech e-santé.
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Oscadi et Logipren, deux champions qui tirent la filière e-santé réunionnaise vers le haut
Oscadi et Logipren, deux champions qui tirent la filière e-santé réunionnaise vers le haut © Oscadi

En juillet 2016, l'Ile de la Réunion est devenu le premier territoire français ultramarin à recevoir une labellisation French Tech, en rejoignant un écosystème thématique consacré à la santé. Il faut dire que la région est un "territoire de soins numériques" et qu'un programme baptisé OIIS (Océan indien innovation santé) est développé par le groupement Tesis et l'Agence régionale de santé.

 

Deux champions locaux émergent déjà dans le domaine, et d'autres les suivent de près.

 

Oscadi, et l'iPad devient échographe

 

Oscadi, installé à Bras Panon, a créé l'un des premiers devices médicaux pour l'iPad d'Apple : Oscult, un appareil de diagnostic portable qui prend la forme d'une coque pour tablette à laquelle est reliée une sonde. L'appareil est deux fois moins cher que les outils utilisés pour réaliser des échographies mais avec une bonne qualité d'image et une exploitation de toutes les capacités de l'iPad : reconnaissance vocale, dictaphone, transcription automatique des notes, transmission en direct et changement des paramètres à distance…

 

On doit cette innovation non pas à des médecins, mais à des geeks et makers qui aiment rapprocher des technologies a priori très éloignées. Le fondateur Olivier Sautron, qui vit à La Plaine des palmistes (l'un des plus petits villages de l'île), avait déjà eu l'intuition de mélanger GPS et GSM dès 2001, dans sa précédente entreprise. Puis avec la start-up Runware, il avait créé un cardiofréquencemètre pour iPhone. Cette fois-ci, il passe du bien-être au médical. "Avec des produits de bien-être, on ne peut gagner que quelques centimes en jouant sur les volumes, constate-t-il. L'idée est d'aller vers la santé pour produire des objets à plus forte valeur ajoutée que l'on peut fabriquer sur place".

 

Le fondateur d'Oscadi, qui avoue ne pas être très à l'aise à la vue des seringues, mais qui arpente désormais les conférences médicales du monde entier, nourrit de grosses ambitions pour son invention. "En 2014, le produit a été récompensé lors du Tech Crunch Disrupt de Londres. Cela a changé la perception des gens et nous a permis d'exister sur la scène internationale. Il y a un énorme potentiel pour ce produit. Et, oui, on veut et on peut le fabriquer ici, sur l'île. On a un super Crédit impôt recherche, encore meilleur qu'en métropole".

 

Oscadi possède déjà un atelier où il conçoit les cartes électroniques, et une imprimante 3D, pour la coque. Les six premiers exemplaires d'Auscult livrés à des cliniques vétérinaires réunionnaises (le produit doit être certifié début 2017 pour la médecine humaine) ont été assemblés par ses équipes. "Avec trois personnes, on pourra sortir 2000 pièces par an", indique le chef d'entreprise. Encore faut-il les vendre : c'est pour cela que l'équipe (14 personnes actuellement) va se renforcer en 2017 avec des profils commerciaux et marketing. Elle cherche d'ailleurs à boucler une importante levée de fonds dans les prochains mois.


Oscadi veut ainsi contribuer à vulgariser l'imagerie médicale et le diagnostic de premier niveau pour "simplifier le parcours de santé des patients". "Un bon pré-diagnostic permettra d'orienter les personnes plus efficacement", argumente-t-il. C'est pour cela que plusieurs services d'urgence sont intéressés par la solution.

 

Logipren facilite la prescription et le dosage de médicaments pour prématurés

 

 

 

Logipren, autre champion local, né en 2014 à Saint-Pierre, intervient sur le champ de la médecine néo-natale. Le projet était à l'oirigine un projet de recherche impulsé dès 2010 par Béatrice Gouyon, pédiatre, spécialiste de la réanimation en néo-natalogie, en métropole, avant sa mutation sur l'Ile de la Réunion. Après des périodes de prototypage et de tests, la société s'est officiellement lancée avec un logiciel d'aide à la prescription et à la nutrition pour les prématurés et nouveaux-nés. "Nous informatisons cette partie prescription pour éviter les erreurs et automatiser les calculs", explique Christophe Cann, le directeur technique.


Le logiciel est utilisé dans 26 CHU. Une communauté de médecins et de pharmaciens est associée à son développement et fournit régulièrement des retours sur l'utilisation de l'outil et les améliorations possibles. En 2017, la jeune pousse, qui compte six salariés, lancera la version 2 du logiciel, avec pour objectif de mettre l'accent sur son internationalisation.


Logipren, comme Oscadi, compte sur les données recueillies anonymement via son dispositif pour devenir un géant du big data médical et du télé-diagnostic. C'est le deuxième effet e-santé : le business ne repose pas uniquement sur la vente d'objets, de logiciels, ou d'abonnements, mais sur la valorisation de l'immense quantité de données générée, qui sert à améliorer leurs produits et surtout à alimenter une base de données enrichie grâce à l'intelligence artificielle. Un immense terrain d'expérimentation sur lequel les petites start-up françaises entendent ferrailler avec les IBM, GE et autres Google.

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