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OtherSide veut s'imposer dans le divertissement hors domicile en mixant réalité virtuelle et motion capture

La société OtherSide Studios vient d’effectuer en Provence une démonstration grandeur nature de son concept d'attraction MocaPlayer. Il combine réalité virtuelle et accessoires physiques grâce à des technologies de motion capture, compétence historique du studio. L'entreprise prépare une levée de fonds pour ouvrir un premier établissement.
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OtherSide veut s'imposer dans le divertissement hors domicile en mixant réalité virtuelle et motion capture
OtherSide veut s'imposer dans le divertissement hors domicile en mixant réalité virtuelle et motion capture © Otherside Studios

"Avec MocaPlayer, nous proposons de la réalité virtuelle en temps réel grâce à la capture de mouvements, afin de pallier le manque d’incarnation de la VR traditionnelle. Sa singularité est qu’on réussit à rendre le virtuel physique", explique Frédéric Vandenberghe, président d'OtherSide Studios. Implantée à Martigues (Bouches-du-Rhône) où elle propose des services de "motion capture" pour le cinéma et la création de jeux immersifs, la société vient de présenter le prototype d’un de jeu de réalité virtuelle hors du domicile, "Redux", dans le centre commercial Avant Cap à Plan-de-Campagne, entre Marseille et Aix-en-Provence.

 

Une expérience virtuelle réhaussée par des accessoires physiques

Plusieurs dizaines de personnes ont pu expérimenter une immersion à l’échelle 1:1 où se mêlent habilement univers virtuel et sensations physiques dans un espace de quelques dizaines de mètres carrés, judicieusement aménagé. Il faut préalablement s’équiper : un casque de réalité virtuelle avec écouteurs, un PC sac à dos, des gants et des surchaussures dotés de capteurs qui permettront d’interagir avec l'environnement, grâce au tracking assuré par des caméras disposées dans une multitude de points du décor. On passe un rideau noir, les premières consignes sont délivrées dans les écouteurs, on choisit un avatar (il y a des modèles pour homme et pour femme) et l’aventure commence…

 

Première surprise : on "habite" vraiment son personnage. On voit ses bras, ses jambes, son corps, on aperçoit près de soi son partenaire de jeu, on peut échanger avec lui, le toucher, mais en étant affublé d’une autre peau. Très vite, la voix qui nous guide invite à actionner des leviers, à se procurer une arme, à libérer un troisième personnage qui assiste en silence les joueurs en s’installant à des manettes. Chaque fois, nouvelle surprise : on ne touche pas virtuellement une poignée de porte, un fusil ou une roue, on les manipule vraiment… On se déplace à pied dans l’univers proposé, on se dirige vers une armoire, un tableau de bord, au-dessus d’un précipice… Et quand des monstres menacent, on les élimine en percevant concrètement son doigt sur la gâchette.

 

 

En recherche de levée de fonds pour ouvrir des établissements

Les dirigeants d’OtherSide ne veulent pas dévoiler tous leurs secrets mais on apprend à la sortie que le scénario du jeu a permis de parcourir trois fois le même espace tout en changeant d’univers. Environ 250 000 euros ont été investis dans cette version "test", conçue techniquement en douze mois. L’infrastructure physique mise en œuvre, bardée de caméras et de capteurs, rend l’expérience inédite.

 

"Notre idée est d’implanter le dispositif sur 70 à 400 m2 dans des multiplexes cinéma, d’ouvrir des salles de jeux dans des parcs d’attractions, des centres commerciaux, des paquebots de croisières, des hôtels... à l’image des lasers games. Nous souhaitons adapter la configuration du jeu pour permettre d'accommoder, à terme, jusqu’à dix ou vingt personnes", explique le directeur général Guillaume Aliquot. L’entreprise emploie cinq collaborateurs, mais vise les 10-12 personnes afin de pouvoir concevoir deux aventures par an. Elle prépare une levée de fonds "de trois millions d’euros minimum" pour implanter une première salle avec trois attractions et finaliser d’autres scénarios.

 

Le groupe Delta Entreprises, qui exploite entre autres "Provence Studios" à Martigues pour l’audiovisuel, est déjà à son capital. "Notre modèle économique reposera sur la reproductibilité des espaces. Nous souhaitons prioritairement proposer nos propres contenus et contribuer à l’émergence d’un nouveau loisir familial hors domicile, confie Frédéric Vandenberghe. Mais nous pouvons décliner la technologie pour des formations, par exemple, dans l’industrie, avec des mises en situation collaboratives. Nous avons déjà des contacts en ce sens. MocaPlayer peut vraiment faire la différence si on tient, par exemple, un véritable outil dans sa main pour simuler les bons gestes dans une formation en mécanique."

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