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Outscale, le petit français qui veut détrôner IBM et Microsoft dans le cloud d'infrastructure

Emanation de Dassault Systèmes, Outscale multiplie les investissements pour étendre son cloud d’infrastructure à 25 points de présence dans le monde en 2016. L’objectif est ambitieux : devenir le champion français du cloud d’infrastructure et battre au niveau mondial les géants IBM et Microsoft. Un sacré défi !
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Outscale, le petit français qui veut détrôner IBM et Microsoft dans le cloud d'infrastructure
Outscale, le petit français qui veut détrôner IBM et Microsoft dans le cloud d'infrastructure © lennysan - Flickr - C.C.

Encore un prétendant au titre de champion du cloud français d’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service) : Outscale. Créé en 2010 par essaimage de Dassault Systèmes, ce petit acteur discret multiplie les investissements. Il vient d’ouvrir deux nouveaux datacenters, l’un à New York, l’autre à Hong Kong, qui s’ajoutent aux trois sites existants, deux en région parisienne et un à Boston. Et il prévoit en d’ouvrir d’autres en 2015 en Ile de France, dans la Silicon Valley et au Japon. "Nous continuerons à renforcer le maillage de notre infrastructure de façon à disposer d’un réseau de 24 ou 25 points de présence en 2016 dans le monde", confie Laurent Seror, son président-fondateur.

Car contrairement aux deux acteurs de cloud souverain, Numergy et Cloudwatt, Outscale a dès le départ décidé de jouer la carte internationale. "Le cloud est par essence global, explique Laurent Seror. Un cloud franco-français n’a pas de sens. Pour réussir sur ce marché, il faut d’emblée avoir une stratégie de conquête mondiale." Outscale se distingue aussi par son positionnement sur les trois modes de déploiement du cloud (public, privé et hybride), alors que ses deux concurrents français se cantonnent au segment public.

Une stratégie mondiale et globale

Laurent Seror affiche de grandes ambitions. Il veut faire de sa société le champion français du cloud d’infrastructure, battant ainsi des français comme Orange, SFR ou OVH. Mieux : il se donne l’objectif à terme de se hisser à la troisième place mondiale, derrière Amazon et Alibaba. Ce qui suppose de détrôner deux fournisseurs américains et pas des moindres, Microsoft et IBM, qui selon les chiffres de Synergy Research du troisième trimestre 2014, occupent les deuxième et la troisième marches du podium avec respectivement 10% et 7% du marché, derrière Amazon (28%).

Le patron d’Outscale s’attend à de grands bouleversements sur le marché. "Faire du cloud d‘infrastructure, ce n’est la vocation ni d’IBM ni de Microsoft, estime-t-il. Ils vont être contraints d’en sortir pour se replier sur le cloud de plateforme - Paas pour Platform as service - où ils apportent une vraie valeur. Quant à Google, son offre n’est pas crédible. Il finira par jeter l’éponge." L’émergence du géant chinois de l’internet Alibaba comme le deuxième acteur du marché s’annonce comme une grande surprise. Aucune étude ne le mentionnait jusqu’ici parmi les grands acteurs du cloud. "C’est normal, il se cantonne aujourd’hui à la Chine, explique Laurent Seror. Mais son offensive à l’international va l’amener à se développer rapidement d’abord en Asie, puis aux Etats-Unis et peut-être ensuite en Europe."

Dassault Systèmes client actionnaire

Pour le moment, Outscale ne soutient pas la comparaison avec les géants américains qui investissent des milliards de dollars et affichent des revenus de plusieurs centaines de millions de dollars dans le cloud d’infrastructure. Le petit français devrait terminer 2014 avec un chiffre d’affaires de 11 millions, réalisé pour l’essentiel avec Dassault Systèmes, son actionnaire à hauteur de 19%. Pour 2018, il table sur un revenu de 100 millions d’euros, dont 25% en provenance de Dassault Systèmes. Insuffisant pour supplanter IBM ou Microsoft.

Mais Laurent Seror voit plus loin, au-delà de 2020. C’est la raison pour laquelle il n’envisage pas d’introduction en bourse. "Nous avons besoin d’investir sur le long terme et de mettre en œuvre une stratégie de conquête de marché qui va au-delà de 2020, c’est incompatible avec la bourse", pense-t-il. Outscale a-t-il les moyens de ses ambitions ? En 2018, il aura investi 100 millions d’euros. C’est moins que les 600 millions d’euros qu’OVH, un autre champion français, aura investi en cinq ans (2013-2017). Une chose est sûre : il se lance dans un sacré défi !

Ridha Loukil

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