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Ouverture de datacenter, implantation à Lille, embauche de 250 personnes : Online, la filiale cloud d’Iliad, en posture de bousculer le marché

Très discrète jusqu’ici, Online, la filiale cloud d’Iliad, se lance à l’assaut du marché avec un modèle industriel intégré et une stratégie de différenciation forte. Au programme : l’ouverture de son cinquième et plus gros datacenter, l’implantation d'un centre de 100 personnes à Lille et l’embauche de 250 personnes en 2018.

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Ouverture de datacenter, implantation à Lille, embauche de 250 personnes : Online, la filiale cloud d’Iliad, en posture de bousculer le marché
Datacenter DC4 d'Online à Paris-Porte de Versailles © Online

C’est le grand réveil pour Online. La filiale cloud du groupe Iliad fait toujours de la discrétion sa règle d’or. Elle prend rarement la parole en public et ne communique presque jamais à la presse. L’adresse de l’hôtel particulier, dans le 16e arrondissement de Paris, où elle a emménagé le gros de ses troupes, reste strictement confidentielle. Mais la société a accepté, pour une fois, de déroger à la règle en recevant L’Usine Digitale. C’est qu'elle est passée à l’offensive avec un plan agressif de développement.
 

Devenir l'un des leaders mondiaux

"Nous sommes aujourd’hui dans le Top 10 mondial de l'hébergement Web, revendique Arnaud de Bermingham, son directeur général, ingénieur Epitech de 36 ans. Mais le cloud reste encore mineur dans notre activité. Nous voulons le développer avec l’ambition de devenir un des leaders mondiaux. Le jeu reste ouvert, et tout est à faire. C’est aujourd’hui que se dessine l’avenir des quatre ou cinq leaders de demain. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir massivement." Le patron de la société soeur de Free reste toutefois discret sur le montant de cet effort.

Fondée en 1999, en même temps que Free, Online a démarré par des services d’hébergement de sites Web avant de se diversifier en 2006 dans les services de serveurs dédiés avec son offre DediBox, puis en 2015 dans le cloud d’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service) avec son offre Scaleway. "Dès le départ, nous avons choisi de nous différencier en misant sur les microprocesseurs à technologie ARM au cœur des mobiles pour nos serveurs, alors que les autres acteurs utilisent des serveurs motorisés par des microprocesseurs à architecture X86 issus en général d’Intel, remarque Arnaud de Bermingham. A l’époque c’était un choix extrêmement audacieux. Nous voulions réduire les coûts, l’encombrement et surtout la consommation." Un choix modéré maintenant par l’adoption aussi des microprocesseurs à architecture X86 d’Intel.
 

Développement de presque tous les équipements de datacenter

Mais ce n’est pas la seule différence technique. "Nous ne faisons pas de virtualisation", insiste le directeur général. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de mutualisation des serveurs, baies de stockage et capacités de réseaux entre les clients. Chaque client dispose de moyens matériels dédiés à ses applications.
Online se différencie enfin par son modèle industriel intégré. Elle développe tous les équipements de ses datacenters, à l’exception des routeurs. Elle réalise même ses systèmes de contrôle d’accès. Et dispose pour cela d’un service de développement de 14 personnes, moitié électronique, moitié logiciel. Elle fait fabriquer ses matériels en France par le sous-traitant Cofidur, dans son usine de Laval, en Mayenne.
 

Croissance de l'activité cloud à trois chiffres

"Nous tenons à maitriser l’ensemble de la chaine de valeur, depuis les composants jusqu’aux serveurs,  en passant par les logiciels en nous appuyant sur des briques open source, souligne Arnaud de Bermingham. C’est ce qui nous permet d’être très efficients et de proposer des services au prix le plus juste."

Online compte aujourd’hui 120 personnes, tous en France, et affiche un chiffre d’affaires de 54 millions d’euros en 2017. A en croire son patron, l’activité cloud croit à trois chiffres. Alors qu’elle dispose déjà de quatre datacenters (deux à Vitry-sur Seine, dans le Val-de-Marne, un à Paris-Porte de Versailles et un à Amsterdam, aux Pays-Bas), elle se prépare à en ouvrir au second trimestre 2018 un cinquième de 10 000 m2 et 22 MW à Saint-Ouen-L’aumône, dans le Val-d’Oise, son plus gros centre de données dédié exclusivement au cloud. C’est son plus gros investissement. D’autres datacenters sont en projet à l’étranger, notamment en Afrique et en Asie. La société travaille également à l’extension de son catalogue de services, de deux aujourd’hui à 56 dans deux ans, de façon à soutenir la comparaison avec l'américain Amazon Web Services, la référence absolue du marché.
 

Les développeurs en ligne de mire

Online revendique plus de 750 000 clients, dont 75% à l’international. Mais pas de grands comptes. La société sœur de Free vise plutôt les PME, start-up et développeurs, avec une cible toute particulière, celle des jeunes Geeks. "Ce sont les prescripteurs de demain, affirme Arnaud de Bermingham. Nous sommes une société de développeurs. Nous voulons nous adresser à des gens comme nous."

Pour accompagner son développement, Online prévoit l’embauche de 250 personnes cette année, ce qui revient à plus que tripler ses effectifs. Pour aller chercher les talents là où ils se trouvent, elle se prépare à ouvrir une "Maison" (une réplique de son centre principal à Paris), à Lille (59) pour 100 personnes. "C’est un bassin important de compétences dans le numérique où nous n'avons pas nos concurrents américains, souligne Arnaud de Bermingham. Nous voulons utiliser cette implantation comme test pour voir comme cela peut nous aider à résoudre le problème de recrutement des talents. Si l’expérience s’avère concluante, nous envisageons d’en ouvrir d'autres en province dans des  écosystèmes locaux." Les lieux sont en cours d’aménagement. Ils devraient devenir opérationnels d'ici à fin avril 2018.
 

Volonté de redistribuer les cartes

Dans la guerre qui fait rage dans le cloud d’infrastructure, Online se sent en position pour tirer son épingle du jeu. "Nous allons contribuer à redistribuer les cartes sur le marché, prévient Arnaud de Bermingham. Pour gagner la bataille, nous n’avons pas besoin de milliards d’euros mais de talents. Nous avons tout pour attirer les meilleurs : un cadre de travail attractif, des projets stimulants, une organisation en équipe responsabilisante et des salaires cohérents avec le niveau élevé de compétences demandé."

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