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Owkin veut améliorer la prise en charge des cancers du sein et colorectal grâce à l'analyse d'images

La start-up française Owkin, soutenue notamment par Google et Sanofi, passe à la vitesse supérieure. Elle vient de présenter ses deux premières solutions certifiées et dédiées aux cancers du sein précoce et colorectal. Tandis que la première permet d'évaluer un risque de récidive, la seconde est capable de détecter un biomarqueur essentiel à la prise en charge des patients. Toutes les deux reposent sur une analyse par l'IA des images numérisées de lames.  
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Owkin veut améliorer la prise en charge des cancers du sein et colorectal grâce à l'analyse d'images
Owkin veut améliorer la prise en charge des cancers du sein et colorectal grâce à l'analyse d'images © Owkin

La pépite Owkin a annoncé le 2 septembre avoir reçu la certification européenne CE-IVD (diagnostic in vitro) pour deux nouvelles solutions dédiées à la prise en charge du cancer du sein précoce et colorectal. Déjà en test dans plusieurs hôpitaux français, elles reposent sur une analyse approfondie des images de pathologie numérique. Ces dernières sont obtenues grâce à la numérisation des lames histologiques (tranche d'un organe observable au microscope).

Il s'agit des premiers dispositifs de diagnostics certifiés mises au point par Owkin. Cette jeune pousse est spécialisée dans l'apprentissage fédéré (federated learning) appliqué à la santé, qui permet notamment de développer un modèle sur plusieurs machines sans que les données entrantes ne soient dévoilées.
 

Evaluer le risque de récidive dans le cancer du sein

Le premier dispositif, baptisé RlapsRisk BC, a été développé avec le centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy. Il permet d'évaluer le risque de récidive des patientes atteintes d'un cancer du sein précoce à partir d'images de pathologie numérique. Le score permet ensuite au médecin d'adapter sa stratégie thérapeutique. Actuellement, le risque de rechute est identifié au moyen de tests moléculaires ou génétiques coûteux et longs à réaliser. Owkin réduit le coût et le temps en utilisant l'intelligence artificielle appliquée aux données d'anatomopathologie (analyses au microscope des cellules ou tissus prélevés sur un organe) déjà récoltées pour la routine clinique. 
 


RlapsRisk BC fournit un rapport dédié au pathologiste avec un score de risque extrait des régions les plus prédictives de la lame


Owkin souhaite également s'adresser aux patients atteints de cancer colorectal. Cette maladie représente la deuxième cause de décès par cancer tous sexes confondus en France. Reposant sur un système d'apprentissage automatique, MSIntuit CRC permet ainsi d'effectuer un premier dépistage du biomarqueur "MIS" (pour "instabilité des microsatellites") à partir des images de pathologie numérique. Il s'agit d'un défaut dans la capacité d'une cellule à corriger les erreurs qui se produisent lorsque l'ADN est dupliqué.

Cette solution exclut les phénotypes microsatellites stables (MSS), ce qui permet aux pathologistes de concentrer leurs ressources sur la confirmation des patients potentiellement MSI présélectionnés. Ils peuvent ainsi bénéficier d'un traitement par le pembrolizumab, un nouveau médicament d'immunothérapie, dont un essai clinique réalisé en 2020 a montré qu'il permettait une survie sans progression significativement plus longue que le traitement standard lorsqu'il était administré en première intention.
 


MSIntuit CRC fournit un rapport au pathologiste dans lequel sont indiquées les régions les plus prédictives trouvées par le modèle sur la lame

 

Les partenaires au cœur de la stratégie d'Owkin

Cette première certification est un premier pas pour Owkin. L'entreprise fondée en 2016 souhaite évidemment continuer dans cette voie en poursuivant le développement d'autres outils diagnostics dans différentes aires thérapeutiques. La collaboration est au cœur de sa stratégie comme en témoignent les nombreux partenaires tissés avec des industriels et des académiques. Elle a ainsi fait partie du projet "Melloddy" dont l'objectif était de développer et d'exploiter une plateforme sécurisée permettant l'apprentissage fédéré sans partager les données de chaque partenaire pour la découverte de molécules prometteuses.

Cette stratégie semble plutôt payante. Owkin a levé plus de 300 millions de dollars grâce à un investissement de 180 millions de dollars de Sanofi en novembre 2021. Elle a également séduit GV (anciennement Google Ventures), le fonds d'investissements en capital-risque fondé par Google, qui avait participé à sa levée de fonds en série de A de 18 millions d'euros.

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