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Paiement mobile : les banques préfèrent les start-up de la FinTech aux Gafa

Les banques ne veulent pas s'appuyer sur les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) pour développer des services de paiement mobile sécurisés destinés à leurs clients par crainte de la désintermédiation. De jeunes pousses tricolores de la fintech profitent de ce blocage pour concevoir des offres convaincantes et tisser des partenariats avec les grands acteurs de la finance. 
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Paiement mobile : les banques préfèrent les start-up de la FinTech aux Gafa
Paiement mobile : les banques préfèrent les start-up de la FinTech aux Gafa © Lélia de Matharel

Les banques européennes ne se lancent pas à corps perdu dans le paiement mobile, car elles se méfient des puissants Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon). Elles craignent que les géants du net ne s'approprient leurs données et leurs clients avec leurs nouveaux portefeuilles digitaux, comme le Google Wallet ou l'Apple Pay. Crainte légitime puisque lesdits clients ne seraient pas contre : selon une étude réalisée par la société de production Viacom aux Etats-Unis sur la relation entre les 100 plus grandes marques du pays et les consommateurs, les sondés ont plus confiance dans les Gafa que dans les banques...

Des frictions pécuniaires viennent également freiner l'adoption du paiement mobile par le grand public en Europe. Les acteurs de la finance n'avaient déjà pas réussi à se mettre d'accord avec les opérateurs de téléphonie pour développer la génération précédente de transactions sur smartphones dite "sim centric" (transactions basées sur la carte sim). Le problème : les opérateurs voulaient prélever un trop gros pourcentage des transactions et les banques refusaient de rogner sur leurs marges.

QR codes et NFC

Le même problème se pose avec les Gafa : Apple empoche 0,15% de chaque paiement effectué via l'un de ses appareils. Sachant qu'en Europe, le total de ces prélèvements ne peut être supérieur à 0,5%, cela laisse une marge jugée trop faible par les sociétés financières.

Profitant de ce blocage, des start-up et PME tricolores de la fintech (finance et technologie), comme Antelop Payments, proposent aux banques des solutions indépendantes qui permettent à leurs clients de payer dans les magasins avec leurs mobiles, sur des bornes NFC.

L'application Lydia fonctionne, elle, avec des QR codes. Lancée à l'été 2013 par la société éponyme basée à Paris, elle a été pensée pour permettre aux clients d'effectuer tous types de règlements : en magasin, mais également sur des sites de e-commerce ou entre particuliers. Pour utiliser Lydia, l'utilisateur doit simplement télécharger le programme et y entrer les codes des cartes bleues qu'il veut relier au système. 

Pour payer, il tape le montant à régler sur son téléphone et choisit la carte bancaire à débiter sur l'appli. Il montre ensuite le QR code qui s'affiche à la personne qu'il veut régler. Elle peut le flasher avec son propre smartphone ou avec le bip de la caisse. Le paiement est instantané. La TPE de 20 personnes a levé 4,2 millions d'euros depuis sa création en septembre 2011.

DE TROP NOMBREUSES APPLIS

"Aujourd'hui, les consommateurs sont noyés sous les applications de paiement mobile : Starbucks a lancé la sienne, les chaînes de supermarchés aussi… Ils n'utiliseront leur smartphone que si c'est vraiment pratique, via un seul et unique programme permettant de payer partout et de manière sécurisée", explique Cyril Chiche, président de l'entreprise. Lydia affiche plus de 100 000 utilisateurs actifs. Suffisant pour devenir la killer app ?

Toro, entreprise créée en 2007 et aujourd'hui basée à Paris, va même plus loin : "nous avons développé la plate-forme Passclub, qui fait office de portefeuille digital sans contact sécurisé, mais qui regroupe aussi les cartes de fidélité, de transport ou de bibliothèque des clients", détaille Sour Chhor, patron de la société. Le programme a été lancé en Norvège en décembre 2014, en partenariat avec trois banques locales, Skandiabanken, DNB et SpareBank 1. Toro a également lancé des pilotes en Espagne et en Pologne et prépare la sortie de sa solution en France.

Lélia de Matharel

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