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Paris accélère du côté des mobilités aériennes urbaines en vue des JO 2024

Début des tests à l'aérodrome de Pontoise - Cormeilles-en-Vexin. Ce petit aérodrome du Val-d'Oise est devenu une zone de tests privilégiée en vue des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. De nombreux acteurs vont venir testés leurs taxis volants ou drones de livraison, mais également des systèmes de gestion de l'espace aérien ou réfléchir au parcours passager. L'objectif reste inchangé : lancer des services pré-commerciaux de mobilités aériennes urbaines aux JO 2024.
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Paris accélère du côté des mobilités aériennes urbaines en vue des JO 2024
L'aérodrome de Pontoise – Cormeilles-en-Vexin est la zone de tests pour les mobilités aériennes urbaines. © Léna Corot

L'objectif reste inchangé : lancer des services pré-commerciaux de mobilités aériennes urbaines aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Jeudi 25 novembre 2021, la région Ile-de-France, le groupe ADP, le groupe RATP et Choose Paris Region ont lancé les premières expérimentations dédiées aux mobilités aériennes urbaines. Ces tests se déroulent à l'aérodrome de Pontoise – Cormeilles-en-Vexin. Drones de livraison et eVTOL (aéronef électrique à décollage et atterrissage verticaux) seront à l'honneur.

Deux lignes aériennes identifiées
Cette journée a aussi été l'occasion différents scénarios de services pré-commerciaux seront étudiés autour de deux lignes : la première entre l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux et l'aérodrome de Saint-Cyr ; la deuxième entre les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Le Bourget et Paris, sur un site qui reste à déterminer.

A l'issu de l'appel à manifestation d'intérêts (AMI) ouvert en septembre 2020, une trentaine d'acteurs ont été retenus pour mener des expérimentations. Au-delà des appareils eux-mêmes, cette zone doit également permettre de tester l'ensemble des éléments nécessaires à leur mise en circulation et leur exploitation : système anticollision, vertiport, etc. C'est pourquoi différentes catégories avaient été proposées lors de l'AMI : véhicules, opérations, infrastructure, intégration dans l'espace aérien et acceptabilité.

Le système anticollision de Thales
Thales a montré une expérimentation de son système anticollision "Detect & Avoid". Deux hélicoptères ont décollés : l'un représentant un service d'urgence et l'autre un taxi volant. Dans le premier scénario, l'hélicoptère d'urgence arrive très rapidement derrière le taxi volant. Un risque de collision évident puisque les deux se déplacent sur le même couloir aérien mais pas à la même vitesse.

Grâce au système Detect & Avoid, le taxi-volant détecte l'hélicoptère d'urgence et tourne à droit pour le laisser passer. Dans le second scénario, les deux appareils arrivent l'un en face de l'autre. Le système anticollision de Thales permet aux deux appareils de recevoir des instructions au dernier moment : les deux appareils tournent sur le droit et évitent une éventuelle collision.

Ce système, qui n'est pas encore commercialisé, se base sur le fonctionnement du système TCAS utilisé par les avions de ligne mais qui n'est pas adapté au fonctionnement des drones, eVTOL et hélicoptères qui peuvent réaliser des manœuvres différentes. Le prototype mis au point par Thales peut prendre en compte plusieurs centaines d'appareils. Puis, "l'algorithme fait le tri pour ne prendre en compte que les 30 intrus les plus menaçants", glisse Marie-Pierre Guilbert, responsable ligne produit système anticollision Thales.

Le système tient compte des capteurs coopératifs et non coopératifs, comme les radars et les caméras. Ces informations sont collectées et fusionnées avec d'autres données. "L'algorithme prend en compte toutes les possibilités et trajectoires potentielles et donne une indication de déplacement, verticale et horizontale", explique Marie-Pierre Guilbert. Pour l'instant, Thales a mis au point un prototype. Une campagne d'essais en vol doit débuter avec le drone Patroler de Safran. Thales espère que son système sera opérationnel en 2024 pour des vols pré-commerciaux.

Acceptabilité, acoustique, parcours passager
Cette couche vient s'ajouter aux systèmes de gestion de l'espace aérien pour assurer un dernier niveau de sécurité dans les situations d'urgence qui n'ont pas été repérées par les autres systèmes de gestion. Ou, comme les avions de ligne, ce système peut également être utilisé dans les espaces non gérés par les contrôleurs du ciel.

A noter que de nombreux pays planchent également sur des systèmes de gestion de l'espace aérien qui puissent prendre en compte toutes les mobilités aériennes urbaines (drone, taxis volants, etc.). La bonne intégration des drones et eVTOLs dans le trafic aérien conventionnel est l'un des sujets sur lequel des tests seront menés à l'aérodrome de Pontoise.

Les acteurs vont également mener des recherches autour de l'impact de l'acoustique et vibratoire. A ce sujet, la RATP met à disposition son laboratoire dédié à l'acoustique et utilisé par exemple pour le développement des métros. Les acteurs vont également étudier les différents aspects du parcours passagers et le développement d'infrastructures dédiées de type vertiport. La notion de l'acceptabilité est également essentielle pour ces acteurs.

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