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Paris sportifs : Sorare dans le viseur de l'Autorité nationale des jeux

La plateforme de fantasy football, dont le jeu repose sur des NFT à collectionner mais aussi sur les performances réelles des joueurs, va devoir convaincre le régulateur qu'elle n'entre pas dans le champ des opérateurs dont l'activité doit être encadrée par la loi sur les jeux d'argent.
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Paris sportifs : Sorare dans le viseur de l'Autorité nationale des jeux
Paris sportifs : Sorare dans le viseur de l'Autorité nationale des jeux © Sorare

La régulation rattrape progressivement les acteurs des cryptos, et la start-up française Sorare ne fait pas exception. BFMTV a appris que l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui régule les jeux d'argent et notamment les paris sportifs, a demandé à Sorare de prouver qu'elle n'était pas une plateforme de paris sportifs déguisés et lui a adressé une mise en garde.

Si les arguments de la start-up ne convainquent pas le régulateur, la plateforme pourrait être soumise à la réglementation régissant les opérateurs de jeux d'argent, à l'instar des plateformes de paris sportifs comme Betclic, Winamax et Unibet. Ce qui implique une demande d'agrément, des obligations en termes de prévention des addictions et de lutte contre le blanchiment d'argent (notamment en matière de vérification d'identité), un contrôle de l'interdiction aux mineurs, ainsi que des obligations financières pour garantir les avoirs des joueurs, et un ensemble de contraintes de supervision. En outre, les opérateurs de paris sportifs sont soumis à une fiscalité spécifique, et doivent reverser 7,5% des mises des parieurs à l’État.
 

des arguments pour et contre

Si l'ANJ a des doutes concernant Sorare, c'est que le jeu de fantasy football développé par la start-up fait intervenir l'achat de cartes de joueurs à collectionner (dont la propriété prend la forme de NFT) – c'est la dimension de mise -, un gain financier (en cryptomonnaies lorsque le joueur gagne un tournoi avec son équipe de 5 joueurs), et que l'issue des tournois dépend des performances des joueurs dans la vie réelle -c'est la dimension de pari.  

Sorare a développé sa contre-argumentation auprès de BFMTV, en expliquant que son jeu n'impliquait pas de "sacrifice financier" en fonction d'un événement sportif en particulier, puisque les cartes, une fois acquises, n'étaient jamais perdues (elles peuvent d'ailleurs être revendues sur le marché secondaire, ce qui donne aussi au jeu une dimension spéculative), et qu'elles pouvaient être rejouées autant de fois que le souhaite le joueur.    

succès planétaire

La mécanique de Sorare étant bien plus complexe qu'un simple site de paris sportifs, tout repose donc sur l'interprétation qu'en fera l'ANJ, qui doit selon Le Monde rencontrer les dirigeants de Sorare début septembre.

L'ANJ n'est pas la première à faire un rapprochement entre l'activité de Sorare et les paris sportifs. Quand Kylian Mbappé à annoncé qu'il investissait dans la start-up et devenait ambassadeur de la plateforme, la presse a relevé l'ambivalence du joueur du PSG, étant donné ses prises de position à l'encontre des sites de paris sportifs.

La start-up, qui a levé 680 millions de dollars en septembre 2021 – la plus grosse levée de fonds de l'histoire de la French Tech -, jouit d'un succès qui ne se dément pas. Elle a signé le mois dernier un partenariat avec Zinedine Zidane et la Série A italienne, après avoir déjà convaincu la Bundesliga allemande et la Liga espagnole. Elle a également lancé en juillet un nouveau jeu, qui décline son concept dans l'univers du baseball, grâce à un accord avec la Major League Baseball américaine.