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Partage et ouverture de la data à bien contrôler pour développer un service Maas

Développer un service MaaS n'est possible que par l'accès aux données de mobilité. Il en génère d'ailleurs tout autant. Les protéger est une nécessité pour éviter toute dérive.
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Partage et ouverture de la data à bien contrôler pour développer un service Maas
Afin d’éviter toute dérive, il est nécessaire de protéger les données générées par un service MaaS. © Mobility Tech Green

Données personnelles des usagers, de flux de voyageurs, de revenus induits, de transactions financières liées à la billettique… Construire une application MaaS demande et génère une foultitude de données plus ou moins sensibles, qui sont nécessaires au développement et à l'amélioration continue du service. Mais il convient de les contrôler et de les protéger pour éviter certaines dérives de prédation de données personnelles ou de concurrence déloyale entre les divers partenaires de transport publics et privés concernés. Selon le Gart, la mise en place d'un service MaaS doit s'appuyer sur trois piliers : un système d'information multimodale (SIM), qui est une plateforme numérique de collecte et de partage de données d'information voyageur et de calcul d'itinéraires ; un système d'aide à l'exploitation, pour avoir l'information voyageur en temps réel et fluidifier les déplacements et les choix d'itinéraires multimodaux des usagers ; et enfin un système de tarification et de paiement qui donne au voyageur un droit d'accès à tous les modes de mobilité proposés.

 

La responsabilité du SAV en question
Qui s’occupe de l’usager en cas de problème ou de réclamation et qui l’indemnise ? Ce rôle devrait revenir en principe au responsable de l’application MaaS : soit la collectivité locale, soit la start-up ou l’entreprise privée pilote de l’application, en concertation avec l’opérateur de transport incriminé.

 

Trois piliers

"Gérées par les régions, les SIM sont alimentés par des données non sensibles d'information voyageur, provenant des partenaires de transport de l'application MaaS et accessibles à tout un chacun. Elles sont ensuite reversées sur notre plateforme open data", explique Béatrice Mercier, responsable accompagnement à l'ouverture des données à la plateforme open data transport.data.gouv.fr qui référence toutes les données sur les mobilités au niveau national.

 

Autres informations ouvertes : les données historisées d'usage des divers modes de transport, à condition qu'elles soient anonymisées. "Ces données peuvent servir à une collectivité pour mieux comprendre les flux de déplacements ou à une entreprise développant des modèles prédictifs, par exemple pour signaler, à partir d'un historique d'usages, la probabilité de trouver un véhicule libre à une date et un horaire précis", ajoute Béatrice Mercier.

 

En revanche, les données personnelles des voyageurs, de transactions financières de billettique et de recettes des partenaires privés de transport doivent rester confidentielles et cloisonnées, sauf pour les collectivités locales pour lesquelles elles peuvent avoir un intérêt, si elles sont sécurisées. "C'est pourquoi le modèle de gouvernance d'un service MaaS qui devrait dominer en France sera celui piloté par la collectivité qui servira de tiers de confiance par sa neutralité et son absence de quête de profit", estime-t-on au Gart. Garante de l'équité de traitement des partenaires de transport rassemblés dans l'application MaaS, la collectivité locale a vocation à redistribuer les recettes revenant à chacun sans percevoir de commission.

 

Quant au modèle plus libéral, qui autorise le pilotage d'une application MaaS par une entreprise privée, la "LOM" en prévoit des garde-fous juridiques pour éviter que l'opérateur privé casse les prix ou qu'il privilégie un partenaire de transport qui rapporterait davantage de revenus que les autres.

 

Luc François, conseiller métropolitain chargé des transports de Saint-Etienne métropole (1)
"Notre application MaaS complète, Moovizy 2, devrait être lancée en novembre. Elle intégrera les transports publics Stas de Saint-Etienne et TCL de Lyon, les horaires d’avions de Lyon Saint-Exupéry et des trains SNCF ainsi que des offres d’opérateurs privés – les taxis, l’autopartage, le covoiturage et les vélos en libre-service. Sa mise au point a été compliquée, concernant la régulation des données et leur accès. Il a fallu qu’on négocie l’échange de données avec chaque opérateur inclus dans l’application par des avenants de contrats. Pour la protection des données personnelles des usagers, nous avons intégré la réglementation RGPD [2]. D’autre part, nous avons établi des conventions sur les données d’usage pour que l’échange soit le plus sécurisé possible. Ces conventions se traduiront par des licences sur la gestion des données dont Saint- Etienne métropole est responsable."
(1) Et maire de La Grand-Croix (Loire).
(2) Règlement général sur la protection des données.
 
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