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Partenariats stratégiques, réussite dans l'IoT: "Notre vrai compétiteur, c'est l'inertie", déclare le CEO de PTC

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PTC est historiquement un éditeur logiciel de solution PLM et CAO. Mais à sa conférence Liveworx, l'entreprise réitère les changements profonds qu'elle a opérés et confirme qu'elle continue de se transformer. D'abord avec trois partenariats stratégiques signés en moins de six mois avec Microsoft, Rockwell Automation et Ansys. Mais aussi en redoublant d'efforts en matière d'IoT industriel, un business qui pèse aujourd'hui aussi lourd que la PLM pour l'éditeur.

Partenariats stratégiques, réussite dans l'IoT: Notre vrai compétiteur, c'est l'inertie, déclare le CEO de PTC
Partenariats stratégiques, réussite dans l'IoT: "Notre vrai compétiteur, c'est l'inertie", déclare le CEO de PTC © Julien Bergounhoux

L'éditeur logiciel PTC, acteur traditionnel de la gestion de cycle de vie des produits (PLM) et de la conception assistée par ordinateur (CAO), poursuit la profonde transformation qu'il a entamée il y a cinq ans. Le 18 juin, lors de la keynote d'ouverture de Liveworx, sa grande conférence annuelle, son CEO Jim Heppelmann s'est longuement étendu sur les trois partenariats stratégiques que l'entreprise a signés au cours des 6 derniers mois.  Avec comme mot d'ordre un jeu de mot sur le nom de l'entreprise : "Partner to Change".

 

Alliance avec Microsoft pour l'infrastructure cloud

Le concept – le fait qu'il n'est aujourd'hui plus possible de tout faire tout seul – n'est pas unique à PTC. On le retrouve aussi chez Fujitsu, SAP et bien d'autres. Mais l'éditeur a pris ce tournant particulièrement vite depuis le début d'année. Le premier partenariat a été signé fin janvier avec Microsoft. Il porte sur l'utilisation du cloud Microsoft Azure pour la plate-forme IoT de PTC, ThingWorx (une migration complète depuis AWS aura lieu en milieu d'année prochaine). Des synergies ont également été créées avec le service Azure IoT que propose Microsoft. Même chose pour le casque Microsoft HoloLens et la gamme de produits de réalité augmentée de PTC, réunis sous la marque Vuforia.

 

Rockwell Automation et PTC font cause commune dans l'industrie 4.0

Le second partenariat a été annoncé le 11 juin et concerne spécifiquement les usines. PTC s'est allié avec Rockwell Automation pour mieux adresser le marché de l'industrie 4.0, et a récupéré au passage un investissement d'un milliard de dollars de sa part. Les produits de PTC (ThingWorx, Kepware et Vuforia) et ceux de Rockwell (FactoryTalk MES et Analytics) seront désormais développés pour fonctionner ensemble.

 

Lors d'une session de questions-réponses réservée à la presse, Jim Heppelmann a vanté les mérites de cette alliance d'un point de vue d'accès au marché. "Chez PTC nous n'avons que 25 équipes commerciales dédiées aux usines. Rockwell en a plus d'un millier." De quoi garantir une rapide croissance sur ce marché, chose que PTC ne pourrait pas réussir seul d'après son patron. Le dirigeant estime d'ailleurs que cet accord, même s'il n'est pas strictement exclusif, monopolisera les capacités de PTC sur le court terme. Rockwell pourrait également aider PTC à s'attaquer au marché pharmaceutique, sur lequel il n'est pas présent aujourd'hui.

 

PTC intègre la simulation temps réel d'Ansys dans son logiciel de CAO

Le troisième partenariat est avec le spécialiste de la simulation Ansys, et a été dévoilé lors de la keynote. Il porte sur la nouvelle offre de simulation temps réel Discovery Live d'Ansys. PTC l'intégrera désormais directement dans sa solution CAO Creo. Lors d'une démonstration sur scène, quelques clics ont suffi pour générer une simulation sur une pièce mécanique à partir du modèle 3D. Cette fonctionnalité sera disponible d'ici la fin de l'année dans Creo 4.0 et 5.0.

 

Une alliance qui tombe sous le sens pour Jim Heppelmann. "Siemens et Dassault Systèmes ont tous les deux des produits de CAO et de simulation. Mais pas nous, et pas Ansys. Nous avons donc commencé à réfléchir à comment unir nos forces, et quand Ansys nous a montré Discovery Live il est devenu évident qu'il fallait l'intégrer dans nos produits."

 

La volonté de PTC de se réinventer va au-delà de ces partenariats. "Nous sommes une entreprise très différente de ce que nous étions il y a cinq ans, avance Jim Heppelmann. À chaque fois que nous mettons ces changements en œuvre, nous devons combattre contre une force d'inertie. L'inertie est notre vrai compétiteur." C'est aussi pour cette raison que PTC va changer de siège social, abandonnant ses bureaux en banlieue pour s'installer dans un nouveau bâtiment au cœur de Boston. "Nous voulons être à la pointe de l'innovation. Nous voulons être un endroit où les étudiants les plus brillants veulent travailler."

 

Le business de l'IOT pèse autant (et bientôt plus) que la PLM pour PTC

En réponse à une question sur la viabilité de miser sur "l'internet des objets", alors que certaines études soulignent une croissance moins importante que prévue pour ce secteur, Jim Heppelmann a révélé que ce business a enregistré 40% de croissance pour PTC ces dernières années. Plus frappant, l'IoT pèse aujourd'hui aussi lourd que le business PLM pour PTC, soit 25% de ses ventes. Et le dirigeant s'attend à ce qu'il atteigne le niveau de la CAO d'ici quelques années. Il précise de plus que PTC voit ce segment comme celui d'une plate-forme d'innovation digitale qui regroupe des concepts plus larges que l'IoT : l'analyse des données, la réalité virtuelle et augmentée, la connectivité, la blockchain…

 

Une transition réussie vers un modèle SaaS en seulement 3 ans

Outre les nouveaux business, PTC se félicite aussi de son changement de business model, avec une transition des ventes de licences permanentes pour ses logiciels vers un système de souscription de type Software-as-a-Service (SaaS). "Lors de ces transitions il y a toujours une période difficile dans laquelle vos revenus immédiats baissent et vos revenus récurrents ne sont pas encore suffisamment importants, commente Jim Heppelmann. Mais nous entrons désormais dans une période où nos revenus augmentent rapidement. Nous avons 9% de croissance cette année. Et l'année prochaine cela sera encore plus fort. L'avantage du SaaS, c'est que nous savons déjà à l'avance quels revenus nous enregistrerons !" Les prévisions que PTC a communiquées à ses investisseurs sont une croissance de 50% de ses revenus et de 37% de ses bénéfices opérationnels d'ici 2023.

 

Une réussite due à la transition particulièrement rapide que PTC a mise en œuvre. "Nous sommes aujourd'hui à 80% de souscriptions en France, confie Damien Lyant, PDG de la filiale française de PTC. Nous avons fait cela de manière très volontariste, à la fois en matière de coût des solutions et d'objectifs commerciaux internes. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2018, nous ne vendons plus nos solutions qu'en SaaS pour les marchés comme les États-Unis ou la France."

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