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Pas d’avenir pour Alcatel-Lucent hors du cloud ! 

À l’occasion du Technology Symposium 2013 d’Alcatel-Lucent dans le New Jersey, le directeur général Michel Combes a rappelé l’importance du cloud au cœur de la stratégie de l'entreprise.
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Pas d’avenir pour Alcatel-Lucent hors du cloud !
Pas d’avenir pour Alcatel-Lucent hors du cloud !  © Wikimedia Commons

Depuis qu’il a annoncé son plan stratégique Shift en juin dernier, Michel Combes distille de nouveaux détails à chacune de ses interventions. Et pour cela, le Technology symposium du groupe qui se tient les 14 et 15 novembre à deux pas des Bell Labs historiques dans le New Jersey est une occasion en or. Le DG d’Alcatel-Lucent a ainsi ouvert l’événement avec des éléments technologiques et produits complémentaires de sa stratégie mais aussi quelques pistes sur les évolutions des marchés ciblés par l’entreprise et de son futur business model.

Cloud, cloud, cloud

Comme à chaque nouveau discours, le patron de l’équipementier français a insisté sur la place du cloud au cœur de sa stratégie. Non seulement au travers du SDN (software defined network) et du NFV (network function virtualisation), les deux couches de virtualisation du réseau que développent ses deux startups internes NuageNetworks et CloudBand. Mais aussi parce que le cloud entraînera les activités IP et très haut débit fixe et mobile d’Alcatel-Lucent, les deux autres composantes de la stratégie.

Basil Alwan, président de l’activité transport et routage IP, a ensuite détaillé une vision très technologique du SDN en version Alcatel-Lucent. Le SDN virtualise le réseau, le rendant flexible et dynamique. Il virtualise aussi les communications dans le datacenter. Mais il en fera de même avec les interconnexions entre les datacenters et le réseau télécoms.

En parallèle, certaines fonctions du réseau peuvent passer du matériel au logiciel. "Et cela change la façon dont les réseaux sont construits, mais aussi dont les services sont monétisés, a insisté Michel Combes. Les opérateurs peuvent déployer des services en quelques heures seulement et sur plusieurs territoires géographiques. Ils peuvent réduire leurs coûts de gestion du réseau en l’automatisant. Mais il leur faut peut-être aussi repenser leur réseau et leur informatique. Et devenir eux-mêmes des acteurs de l’infrastructure as a service."

Au-delà des seuls opérateurs télécoms

Cette vision de la virtualisation des réseaux télécoms et de leur interconnexion avec les datacenters correspond à un objectif clair pour Alcatel-Lucent : sortir du seul marché des opérateurs télécoms. Les équipementiers télécoms cherchent tous à sortir de leur dépendance quasi-exclusive à cette clientèle historique, dont les difficultés récentes les ont mis en danger. Le français compte désormais s’adresser aussi aux câblo-opérateurs, intéressés au premier chef, mais aussi aux banques ou à certaines administrations.

Et même aux géants de l’internet qui, réputés pour concevoir seuls leurs infrastructures, feraient déjà partie de ses clients. "Les réseaux télécoms et ceux des datacenters des grands du cloud sont très différents, sauf au niveau bas de l’infrastructure, d’un point de vue technologique, explique Marcus Weldon, CTO de l’entreprise récemment nommé président des Bell Labs. Et ces similarités créent une opportunité de revenus pour un acteur comme nous."

Ne m’appelez plus équipementier

Pour Michel Combes, "huit tendances de marché qui définissent notre futur collectif" imposent de telles évolutions vers le cloud mais aussi l’accès en très haut débit chez Alcatel-Lucent. Et de lister : l’augmentation du nombre d’équipements connectés, l’accélération du développement du très haut débit, les réseaux IP ultrarapide pour des services personnalisés performants, la convergence du cloud et des réseaux télécoms, la croissance attendue des investissements des câblo-opérateurs et des opérateurs télécoms dans le cloud, le cœur de réseau et l’accès très haut débit, la croissance des entreprises qui fournissent des services hébergés (entendez, les grands de l’internet qui proposent du cloud), l’investissement dans de l’équipement télécoms par de grandes entreprises et, last but not least, le passage de la valeur dans le réseau du cloud.

Une dernière tendance qui se traduit pour le DG parce que "la pertinence d’un fournisseur de télécoms ne réside plus seulement dans sa capacité à livrer des boîtes, mais dans le partage de ressources logicielles et applicatives." Rien de moins ! À plusieurs occasions, les intervenants Alcatel-Lucent ont d’ailleurs rappelé que la plus grande part de leur production était logicielle. Il faudra peut-être bientôt que les équipes de Michel Combes planchent sur une autre définition pour l’entreprise que celle d’équipementier télécoms.

Emmanuelle Delsol, à Basking Ridge, New Jersey

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