Pas de smart building sans interopérabilité
Au congrès Smart Cities & Countries à Paris, les professionnels du bâtiment – et des réseaux – ont rappelé que le smart building n'existera que si une culture de l'open data et de l'interopérabilité est adoptée par tous les acteurs du secteur. Et ce n'est pas gagné.
Pour rendre intelligent un bâtiment, suffit-il de le connecter à Internet ? "Internet va devenir un nouveau fluide du bâtiment, avec une obligation de raccordement, au même titre que l'électricité, le gaz et l'eau", explique Emmanuel François, président de la Smart Building Alliance (SBA) lors d'une conférence du troisième "Smart Countries & Cities Congress" de Paris. Mais, selon lui, connecter des capteurs, des systèmes d'éclairage, de chauffage, ne fera pas tout : "Le vrai sujet, c'est l'accès aux données des bâtiments et l'ouverture des systèmes. On ne peut plus penser en silos : l'interopérabilité est la clé".
PASSER DE SYSTÈMES PROPRIÉTAIRES À DES TECHNOLOGIES OUVERTES
Mais casser les silos ne va pas de soi. "Il faut respecter les écosystèmes existants bâtis sur des degrés d'ouverture différents", résume Jean-Christophe Bourgeois, expert en systèmes d'information Efficacité Energétique & Environnementale chez Cofely (filiale d'Engie). La plupart des acteurs déploient des technologies propriétaires au faible degré d'ouverture, principalement pour des raisons de sécurité et d'efficacité. C'est l'un des écueils de la domotique d'hier, mais aussi de la smart home aujourd'hui, chaque marque essayant d'enfermer le consommateur à l'intérieur de son propre écosystème.
TRAVAIL EN RÉSEAU
Or, les industriels et start-up français, trop petits pour lutter contre les géants du numérique, ont tout à perdre à jouer à ce jeu. "Il faut faire en sorte de mutualiser nos équipements et nos moyens pour "dé-siloter" le marché. C'est la seule façon de gagner la partie", juge Jean-Paul Krivine, directeur du projet Smart Energy d'EDF. "Il faut nous regrouper car aucun acteur, seul, n'est suffisamment gros pour avoir un système fermé qui va s'imposer", ajoute Jean-Christophe Bourgeois.
"BATIMENT AS A SERVICE"
La mutualisation des moyens et des équipements et l'installation d'une infrastructure informatique ouverte, fiable et évolutive pour le partage des données sont des conditions sine qua non au développement d'une nouvelle économie du bâtiment basée sur les services. Ce que la SBA nomme le "Batiment as a service", sur le modèle du SaaS, le "software as a service".
Pour faire émerger des bâtiments "Ready to services", la SBA a conçu un référentiel destiné aux professionnels du secteur, notamment les maîtres d'œuvre. Même si une évolution du cadre réglementaire est jugée nécessaire pour permettre un partage gagnant / gagnant des données, le groupement d'industriels ne souhaite pas la création d'un énième label, standard ou de normes trop contraignantes. L'auto-discipline plutôt que la contrainte : l'avenir dira si l'approche est la bonne.
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