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Pat Gelsinger, ancien homme fort d'Intel, est nommé CEO pour aider le fondeur historique à se redresser

Pat Gelsinger fut le CTO d'Intel pendant l'âge d'or de l'entreprise, dans laquelle il a passé 30 ans de sa carrière. Il finit par quitter l'entreprise fin 2009 pour rejoindre EMC, puis devint CEO de VMware en 2012. Il va désormais prendre la tête d'Intel en tant que nouveau CEO au mois de février, remplaçant Bob Swan à ce rôle. Le retour de cet ingénieur considéré comme l'un des meilleurs dirigeants qu'Intel ait connu est un signe positif pour l'entreprise, accablée depuis des années par des déconvenues en R&D.
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Pat Gelsinger, ancien homme fort d'Intel, est nommé CEO pour aider le fondeur historique à se redresser
Pat Gelsinger, ancien homme fort d'Intel, est nommé CEO pour aider le fondeur historique à se redresser © Intel

Bob Swan va quitter le poste de CEO d'Intel le mois prochain, après deux ans à la tête du géant américain des microprocesseurs. C'est Pat Gelsinger, l'actuel patron de VMware, qui revient chez Intel pour lui succéder. Et c'est le retour du roi. Pat Gelsinger est ingénieur de formation et a passé trente ans de sa carrière au sein de l'entreprise (il fut architecte notamment du 80486) avant d'en partir en septembre 2009. Il en fut un CTO remarqué et très apprécié avant son départ.

Un ingénieur star de retour à la tête d'Intel
Son retour est donc vu par l'ensemble de l'industrie comme un signal fort que l'entreprise avance dans la bonne direction. Intel souffre en effet depuis près de 10 ans maintenant de problèmes liés à la conception, mais surtout à la fabrication de ses nouvelles générations de processeurs. Pendant plusieurs décennies, elle a pu dominer l'industrie grâce à la supériorité de ses processus de fabrication par rapport à la concurrence, mais celle-ci s'est effritée sous les règnes de Paul Otellini et Brian Krzanich à partir de la fin des années 2000.

Si les résultats financiers d'Intel restent excellents, sa perte de terrain face à TSMC ou même Samsung pourrait donc finir par lui coûter très cher, d'autant que la concurrence lorgne son business le plus juteux : les data centers. Intel a mis trois ans de plus que prévu à passer du 14 nm au 10 nm, et n'en est toujours pas véritablement sorti. Le passage à l'étape d'après, le 7 nm, a par ailleurs déjà pris du retard, bien que l'entreprise fasse état de "gros progrès" en la matière.

Des choix stratégiques difficiles
Pat Gelsinger aura la lourde tâche de redresser la barre sur ce plan, mais aussi de décider si Intel doit dans l'immédiat se reposer sur des prestataires externes comme TSMC ou Samsung pour fabriquer ses puces afin de rester compétitif. Un choix d'autant plus ardu qu'Intel a des besoins de production très importants, auxquels aucun fournisseur ne pourra facilement répondre. On notera au passage que Bob Swan aura eu un rôle plutôt ingrat. Il a œuvré pendant deux ans à remettre l'entreprise sur les rails, gérant des problèmes préexistants, et quitte son poste avant que ses efforts n'aient porté leurs fruits.

Le nouveau CEO devra aussi achever d'exécuter la stratégie XPU d'Intel, c'est-à-dire sa diversification au-delà des CPU x86 qui ont fait sa fortune. L'entreprise a une multitude de projets en cours allant des GPU aux FPGA et autres puces spécialisées pour l'intelligence artificielle, pour n'en citer que quelques uns. Une offensive nécessaire devant le renforcement de ses compétiteurs.

La compétition sera féroce dans la décennie à venir
Nvidia, concepteur historique de processeurs graphiques, a connu une croissance incommensurable en une décennie grâce à son positionnement prescient sur les calculs liés à l'intelligence artificielle. Son opération de rachat d'Arm pour 40 milliards de dollars, si elle aboutit, fera de lui le leader mondial incontesté de la conception de puces. AMD, le seul compétiteur d'Intel sur les processeurs x86, connaît une résurgence depuis quelques années qui ne peut pas être ignorée non plus, d'autant qu'il a racheté Xilinx, spécialiste des FPGAs, pour se renforcer dans les data centers.

Et Qualcomm, acteur majeur des puces mobiles, rachète aujourd'hui Nuvia, une start-up développant une puce ARM pour data centers. Les grands acteurs du cloud, notamment Amazon et Google, développent leurs propres puces (également sous architecture ARM), et ceux du monde PC s'intéressent également de très près à cette possible transition. Microsoft n'y est pas parvenu jusqu'ici, mais Apple est en train d'abandonner complètement Intel au profit de ses propres puces, elles aussi sous architecture ARM. Intel pourra-t-il vraiment regagner son leadership ? Réponse dans cinq ans.

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