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[Paris Blockchain Week Summit] IExec table sur le cloud computing décentralisé

La start-up franco-chinoise IExec, basée à Lyon, a lancé une place de marché décentralisée de cloud computing. Aujourd’hui publique, la solution verra bientôt le jour dans une version privée, adaptée aux besoin des consortiums d’entreprises. Portrait de cette start-up dans le cadre de la Paris Blockchain Week Summit qui se déroule du 12 au 19 avril 2019.
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IExec table sur le cloud computing décentralisé
[Paris Blockchain Week Summit] IExec table sur le cloud computing décentralisé © ra2 studio/Fotolia

Obtenir des services de cloud computing à la demande, au meilleur prix. C’est le pari relevé par la start-up franco-chinoise IExec. Basée à Lyon, celle-ci a mis au point une place de marché décentralisée de cloud computing, "une plateforme d’échange où les participants peuvent vendre ou acheter des ressources informatiques telles que de la puissance de calcul, des applications ou même des jeux de données, explique Gilles Fedak, l’un des deux cofondateur, ancien chercheur à l’INRIA. Le but est de rassembler en un même endroit un grand nombre de fournisseurs qui se retrouvent en compétition pour offrir le meilleur prix à un instant donnée pour une tâche particulière. On trade ces ressources informatiques comme des matières premières".

 

Ouverte à tous, la plateforme accueille "l’acteur institutionnel comme le citoyen derrière son ordinateur individuel. N’importe qui peut acheter ou vendre de la puissance de calcul", détaille Gilles Fedak. Décentralisée, la solution fonctionne sans tiers de confiance.

 

Blockchain et Preuve de contribution

Pour certifier la sécurité des échanges, elle s’appuie sur la blockchain publique Ethereum afin d'assurer la transparence et garder une trace des transactions effectuées. Mais aussi sur un ensemble de technologies qui permet de vérifier, sur cette place de marché où personne ne se connaît, que le travail a bien été effectué selon le niveau de confiance exigé par le donneur d’ordre. "Il s’agit de la Preuve de contribution. Un protocole qui repose sur le séquestre de fonds, l’évaluation de la réputation des fournisseurs et la certification de leur résultats", détaille le dirigeant.

 

Concrètement, le donneur d’ordre demande une tâche pour laquelle il indique le prix qu’il est prêt à mettre et le niveau de confiance exigé (sous forme de chiffre). Pour respecter ce dernier indice, l’algorithme va inspecter la réputation (qui repose sur l’historique des calculs déjà effectués) des fournisseurs offrant leurs services au prix indiqué. Si leur réputation est faible (car ce sont des nouveaux entrants par exemple), il va faire dupliquer la tâche par d’autres fournisseurs, réunis en pool, pour atteindre le niveau de confiance demandé. Pour éviter toute malversation, les fournisseurs ont déposé une caution à leur entrée sur la plateforme, ils la perdent si la tâche effectuée s’avère erronée. Au contraire, si elle est menée à bien, ils sont rémunérés en RLC - la cryptomonnaie utilisée par IExec - et se partagent les gages des fournisseurs qui ont échoué... ou tenté de tricher. "Nous avons bâti un modèle économique où il n’y a aucun gain à attendre à mal se comporter", explique Gilles Fedak.  

 

Alibaba cloud et IBM cloud parmi les fournisseurs

 

Pour les tâches qui nécessitent un haut degré de confidentialité, les donneurs d’ordre seront orientés vers les serveurs comportant des enclaves Intel SGX : "des puces permettant de confiner l’exécution des calculs dans un endroit de la mémoire de la machine, entièrement crypté. Ainsi, lors de l’exécution de la tâche, personne ne peut accéder aux données. Pas même le propriétaire de la machine", souligne le responsable.

 

On retrouve cette technologie dans les serveurs d’Alibaba cloud ou d’IBM cloud, qui proposent également leurs services sur la plateforme. "Pour ces fournisseurs institutionnels, l’intérêt est de pouvoir revendre du temps de calcul inutilisé sur notre place de marché. Ces machines ultra-sécurisées qu’ils proposent ne rentrent pas vraiment dans le business model traditionnel du cloud où l’on fait davantage confiance à l’opérateur qu’à son serveur", explique Gille Fedak. La plateforme accueille également quatre autres acteurs reconnus : les start-up Stimergy, Carnot computing, Nederlize et Cloud&Heat, réputées pour leur data center éco-responsables.

 

Une nouvelle version dédiée aux consortiums d'entreprises

A ce jour, IExec planche sur une troisième version de sa solution, qui sera dévoilée le 15 mai : Ethereum for Enterprise. "Il s’agit d’adapter notre offre de cloud computing et sa technologie, publique, à l’usage de consortiums d’entreprises. Le nouveau modèle, toujours basé sur la blockchain Ethereum, sera doté de protocoles de consensus plus rapides et moins énergivores. Il permettra aussi de rendre les transactions privées et sera particulièrement  adapté à la monétisation des jeux de données. Un marché d’avenir", annonce le dirigeant.

 

Pour y parvenir, la société peut déjà compter sur un apport de la BPI. Celle-ci a sélectionné iExec comme lauréat du Programme d’investissements d’avenir dans la catégorie "Numérique", lui octroyant un financement de 900 000 euros. De quoi financer à 45% la solution de la start-up et lui permettre de renforcer ses équipes informatiques et commerciales.

 
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