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Pegasus : Les Etats-Unis placent NSO Group sur liste noire, la France joue l'apaisement

Tandis que la France joue la carte de l'apaisement, les Etats-Unis haussent le ton contre NSO Group. La société israélienne, qui commercialise le logiciel espion Pegasus, a été placée sur liste noire des entreprises soumises à des restrictions en matière d'importation et d'exportation. Par conséquent, les entreprises américaines doivent désormais obtenir une licence pour recourir aux services de NSO.
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Pegasus : Les Etats-Unis placent NSO Group sur liste noire, la France joue l'apaisement
Pegasus : Les Etats-Unis placent NSO Group sur liste noire, la France joue l'apaisement © Gilles Lambert/Unsplash

Le Département du commerce américain a placé sur liste noire l'entreprise israélienne NSO Group, qui commercialise le logiciel espion Pegasus, a-t-on appris par voie de communiqué le 3 novembre 2021. Elle menacerait "la sécurité nationale" et "les intérêts de la politique étrangère des Etats-Unis".

Une demande de licence obligatoire
Par conséquent, les entreprises américaines souhaitant importer ou exporter des produits ou services liés à NSO Group doivent désormais obtenir une licence auprès des autorités américaines. Une procédure fastidieuse étant donné la situation : le président des Etats-Unis Joe Biden a réaffirmé à plusieurs reprises son intention de mettre "fin à la prolifération des outils numériques utilisés à des fins de répression". 

Or, comme le note Vice, NSO Group utilisait certaines technologies commercialisées par des entreprises américaines telles qu'Amazon, Dell, Cisco, Intel et Microsoft. Pour diffuser ses logiciels malveillants, il recourait par exemple aux services de cloud computing d'Amazon Web Services (AWS). A la suite des révélations sur Pegasus, le géant américain avait fermé l'infrastructure et les comptes concernés.

L'entreprise israélienne se dite "consternée par cette décision". Utilisant toujours la même ligne de défense, elle a affirmé que ces technologies soutenaient "les intérêts et les politiques de sécurité nationale des Etats-Unis en prévenant le terrorisme et le crime".

Des preuves d'infection dans des téléphones de journalistes
NSO Group est accusé d'avoir commercialisé son logiciel espion Pegasus pour espionner des journalistes, des militants ainsi que des personnalités politiques. Des révélations faites par un consortium de journalistes et confirmées depuis par des enquêtes. L'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication a ainsi confirmé que trois téléphones, appartenant à un journaliste de la chaîne France 24 et à deux journalistes de Mediapart Lénaïg Bredoux et Edwy Plenel, portaient bien des traces de Pegasus

Mais, pour l'instant, la France n'a pas pris de mesure à l'encontre de NSO Group. Le président de la République Emmanuel Macron semble plutôt vouloir jouer l'apaisement. Il a rencontré le Premier ministre israélien Naftali Bennett à Glasgow en Ecosse en marge de la conférence sur le climat COP26. "M. Bennett a évoqué le dossier NSO lors de sa rencontre avec le président Macron. Les deux dirigeants se sont entendus sur le fait que cette question doit continuer d'être traitée de manière discrète et professionnelle, et dans un souci de transparence entre les parties", a déclaré une source diplomatique à Jérusalem, citée par Le Figaro.

L'ONU appelle à un moratoire sur les logiciels espion
L'affaire Pegasus a relancé le débat sur la régulation des logiciels espion, dont le statut juridique manque de clarté. Un groupe d'experts de l'Organisation des Nations unies (ONU) a appelé à un moratoire sur "la vente et le transfert de technologies de surveillance". Ils souhaitent que les Etats interdisent leur commercialisation tant qu'une réglementation "solide" garantissant que leur utilisation se fasse conformément aux normes internationales soit adoptée. En effet, ils se disent inquiets par le fait que "des outils intrusifs hautement sophistiqués soient utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques".

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