Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Perspective(s) modélise la future reconstitution de la grotte Cosquer à Marseille

Porté par le groupe Kléber Rossillon avec Eiffage Construction et l’architecte Corinne Vezzoni, le projet de reconstitution de la grotte Cosquer dans un bâtiment existant, la Villa Méditerranée, implique une digitalisation préalable. Perspective(s) a présenté sa méthode à Aix le 25 juin.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Perspective(s) modélise la future reconstitution de la grotte Cosquer à Marseille
Perspective(s) modélise la future reconstitution de la grotte Cosquer à Marseille © Jean-Christophe Barla

En juin 2022, les visiteurs devraient pouvoir pénétrer dans la reconstitution de la grotte Cosquer à Marseille et découvrir le nouvel usage d’un édifice jusqu’alors réservé à des congrès. Immergée dans les calanques à 37 mètres de fond, cette reconstitution sera la seule possibilité d’appréhender la richesse des représentations préhistoriques humaines (mains) ou animales (pingouins, phoques, chevaux, bisons…) qui la recouvrent.

Deux ans avant son ouverture, le 25 juin à Aix-en-Provence, Kléber Rossillon, président du groupe du même nom qui porte l’investissement de 23 millions d’euros et Christian Dal Santo, directeur du développement d’Eiffage Construction Sud-Est, mandaté pour le chantier, ont invité les deux cofondateurs de Perspective(s), société chargée de la modélisation 3D de la grotte, à présenter les avancées de leurs travaux.

Une plateforme web 3D pour commencer le projet
Romain Senatore, le PDG, et Stéphane Kyles, directeur technique, ont créé en 2012 cette société spécialisée dans la réalité virtuelle et augmentée qui a débuté ses activités par la numérisation de la Fondation Vasarely à Aix. Pour ne pas prendre de retard sur le calendrier durant le confinement, Perspective(s) a développé une plateforme web 3D. "Elle a permis à toutes les parties prenantes du projet d’accéder avec différents niveaux de qualité à la maquette 3D de la grotte et à ses détails afin d’en explorer la scénographie future. L’idée était d’en proposer une première restitution à l’identique à partir des captations photos et scanners transmises par les services de l’Etat. Ce sont plusieurs dizaines de gigabits de données à traiter pour en proposer une version visionnable", explique Romain Senatore.

Stéphane Kyles décortique le processus : "Il a fallu définir une méthode de segmentation des scans en nuages de points, en procédant par coupes de différentes cellules. Ce traitement permet la reconstruction 3D du maillage de la grotte. Une première visite virtuelle 'chauve-souris' a été conçue en basse qualité pour être aisément visible en ligne sur la plateforme web. Le visionnage est adapté en fonction des besoins des acteurs qui interviennent sur le projet. Le travail des peintres, par exemple, exige un niveau de définition optimal. Nous reproduisons la grotte avec des niveaux de qualité proches du millimètre".

Cohérence et fidélité
Cette modélisation est validée progressivement avec un comité scientifique et par celui qui a découvert la grotte en 1991, Henri Cosquer. "Il faut qu’il puisse retrouver non seulement son cheminement quand il y est entré, mais aussi son ressenti émotionnel", ajoute Stéphane Kyles. Cinq des onze salariés de Perspective(s) se mobilisent sur le sujet en lien avec les responsables BIM d’Eiffage Construction Provence, Mickaël Garabedian (BIM Manager) et Sophie Dalstein (chargée d’études).

Si Romain Senatore dit œuvrer dans une démarche de "jumeau numérique", la réplique physique ne sera néanmoins pas totalement identique à l’original car la grotte Cosquer est plus vaste que le bâtiment qui l’abritera à Marseille, la Villa Méditerranée. "Tous les points d’intérêt se retrouveront dans la reproduction. Les scientifiques veillent à ce qu’elle y ressemble toujours. La cohérence géologique est une priorité. En regardant le motif, le visiteur verra ce que l’artiste voyait autour de lui", assure Kléber Rossillon.

La fabrication des 14 panneaux qui constitueront l’édifice final a commencé. Eiffage Construction gère le planning des différents ateliers. Il lui appartiendra ensuite de coordonner l’intégration des modules dans le bâtiment. "Chaque moule est particulier. Les panneaux sont fabriqués au fur et à mesure. La modélisation était un préalable indispensable", insiste Christian Dal Santo.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.