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Philips veut "fournir un cloud sécurisé capable de stocker des données de santé"

Entretien En s’emparant de Volcano, spécialiste des systèmes d'imagerie et de mesure par cathéter, le géant néerlandais Philips veut devenir un acteur incontournable dans la santé. Bert van Meurs, senior vice-président de Philips Healthcare, a dévoilé sa stratégie à L’Usine Digitale.
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L'Usine Digitale - Quelles sont les ambitions de Philips dans la santé?

 

Bert van Meurs - Les solutions technologiques peuvent jouer un rôle crucial pour répondre au vieillissement de la population, à l’accroissement des maladies chroniques et aux enjeux d’accès aux soins et de coûts du système de santé. Pour y participer, nous devions nous refocaliser. A 124 ans, Philips s’est donc réinventé en établissant deux divisions en pointe sur leurs marchés: l'une focalisée sur les solutions d’éclairage et l’autre sur les technologies de la santé.

 

Notre objectif est de coordonner les soins, en couvrant la vie en bonne santé – comme notre brosse à dent électrique pour enfants, connectée à un jeu en ligne qui les incite à améliorer ce rituel - et la prévention, jusqu’au diagnostic, au traitement et au suivi à domicile.

 

Quel est l’impact de l’acquisition de Volcano?

 

Les procédures chirurgicales sont en passe de se faire rapidement détrônées par les thérapies mini-invasives guidées par l’imagerie, pour lesquelles une petite incision suffit, ce qui réduit les coûts et le temps passé à l’hôpital. Or Volcano est la seule entreprise à la fois en tête dans les cathéters capables de produire des images en ultrason de l’intérieur des vaisseaux sanguins (IVUS) et dans ceux utilisés pour mesurer le flux sanguin (FFR).

 

Prévoyez-vous de nouvelles acquisitions dans la santé ?

 

Nous avons pioché dans tous les domaines pour créer une division phare en thérapie guidée par l’image. Nous allons prendre le temps d’intégrer Volcano. Nous disposerons ainsi d’un portefeuille très riche en équipements d'imagerie médicale, systèmes de navigation, logiciels et services, avec une base mondiale de clients incluant les 50 plus grands hôpitaux américains de chirurgie cardiaque et de cardiologie.

 

Et comment vous différenciez-vous de vos concurrents, GE and Siemens?

 

Nous prenons conscience que nous ne devons pas seulement nous focaliser sur la fourniture d’équipements à l’hôpital, mais nous intéresser aussi aux traitements préventifs ou de maladies chroniques. Nous avons les technologies pour cela. Par exemple, près de 400 millions de personnes sont diabétiques. Nous travaillons avec AMC sur un nouvel outil pour fournir plus rapidement les résultats d’une procédure d’angioplastie (le traitement pour restaurer la circulation du sang dans le pied et éviter une amputation qui peut découler d’une complication du diabète, ndlr). Nous lancerons une étude européenne cet été, qui devrait déboucher en 2017.

 

Comment utilisez-vous le digital pour innover ?

 

Nous franchissons un nouveau palier avec la création de notre plateforme digitale Philips HealthSuite. En utilisant la puissance des équipements mobiles et des réseaux sociaux, on peut renforcer l’engagement des patients. Nous voulons fournir un cloud sécurisé capable de stocker des données - qu'elles viennent d'équipements de l’hôpital, d'objets connectés ou d'applis -, dont l’analyse permettrait d’améliorer diagnostic et traitement.

 

Et dans les pays émergents ?

 

96% de la population mondiale a accès à un téléphone portable. Les technologies digitales peuvent faciliter la prévention dans les zones rurales ne disposant pas d’un système de santé adéquat. En Indonésie, le risque de mortalité pour une femme enceinte et son nouveau-né est toujours très haut, faute de ne pas identifier des complications à temps. Des applications mobiles peuvent permettre de surveiller à distance les grossesses et identifier celles à risque, à partir du profil de santé de la future maman établi par une sage-femme lors d’une consultation dans une clinique locale ou à son domicile.

 

En Afrique, nous mettons à disposition, sous une forme proche d’une tablette, un équipement complexe tel qu’un scanner à ultrason. Une fois formées, les sages-femmes locales peuvent envoyer les scans (grâce à des algorithmes de compression des smart data) via un simple téléphone à un spécialiste pour qu'il interpréte l’image. C’est un beau moyen de connecter ceux qui ont besoin de soins à ceux qui peuvent leur en fournir, à travers les distances et les frontières.

 

Philips dans la santé… en chiffres

La santé représentait 9,2 milliards d’euros – en croissance de 2% à données comparables par rapport à 2013 – sur les 21,4 milliards de chiffre d'affaires du groupe Philips en 2014. Avec ses équipements, l’entreprise intègre déjà les données d'un million de patients à domicile et 275 millions à l’hôpital. Ses solutions informatiques d’imagerie gèrent 15 petabytes de données. Le groupe a dépensé un milliard d’euros pour s’emparer de Volcano.

 

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