Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

PIQ lève 5,5 millions de dollars pour se frotter au marché du sport connecté

La start-up suisse PIQ créée par le français Cédric Mangaud vient de boucler une première levée de fonds de 5,5 millions de dollars notamment auprès du taïwanais Foxconn. Elle va lancer une gamme de produits connectés permettant l'analyse des mouvements et performances en partenariat avec de grandes marques de sport.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

PIQ lève 5,5 millions de dollars pour se frotter au marché du sport connecté
PIQ lève 5,5 millions de dollars pour se frotter au marché du sport connecté © PIQ

Les grandes marques de sport n'ont pas encore totalement pris le virage des objets connectés et de la technologie à porter. Nike a même arrêté de produire des montres et enregistreurs d'activité pour se concentrer sur les applications mobiles. Cela n'effraie pas de nouveaux venus qui se lancent vaillamment sur ce marché. Notamment la start-up suisse PIQ, créée par le français Cédric Mangaud (dont l'un des projets précédents, Abaxia, avait été acheté par HTC) qui veut devenir l'interlocuteur privilégié des grandes marques de sport pour leur permettre de digitaliser leur gamme de produits.

La jeune pousse vient de franchir une étape décisive en bouclant sa première levée de fonds, d'un montant de 5,5 millions de dollars (4,9 millions d'euros), auprès du taïwanais Foxconn (son partenaire industriel), de Ginko Ventures, de Robolution Capital I et de l'opérateur Swisscom.

Capteur polyvalents et gentils algorithmes

De quoi nourrir les ambitions mondiales de PIQ, qui a d'ores et déjà signé des contrats avec trois marques de sport internationales.
La start-up travaille depuis deux ans à la création de son objet connecté multi-sports bardé de capteurs. Celui-ci pourra être adapté à une multitude d'activités grâce à l'ajout d'accessoires, en partenariat avec des spécialistes de la discipline concernée. Trois premiers accessoires sortiront à l'été, à l'automne et à l'hiver 2015 en co-branding avec trois marques. "Ce seront des accessoires portés sur le corps, et pas directement en 'add-on' au dessus du produit (raquette, club de golf, par exemple), pour ne pas perturber le joueur", précise Cédric Mangaud, qui a identifié 24 sports au total dans lequel pourrait être utilisé son enregistreur de mouvements.

PIQ compte se différencier de ses concurrents grâce à la précision de sa capture de mouvements. L'objet contient deux accéléromètres (un pour mesurer l'accélération du mouvement, l'autre la force de l'impact, comme celui d'un coup de poing à la boxe), d'un giroscope, d'un magnétomètre et d'un altimètre. Ces mesures ne produisent pas des données brutes illisibles, voire même cruelles : "ce n'est pas de la data punitive, qui pointe ce que l'on fait mal, mais de la donnée au service du plaisir du sportif, promet  le fondateur. Nos algorithmes sont, en quelque sorte, en empathie avec l'utilisateur. Notre objet ne va pas dire au porteur ce qu'il doit faire, mais faire ressortir ce que les gens font de bien. Car tout le monde, à un moment, fait quelque chose de bien quand il fait du sport . On veut challenger l'utilisateur grâce à la gamification."

partenariat gagnant-gagnant avec les marques

Fort de cette expertise et de cette vision du marché, PIQ espère que les marques préfèreront lui confier leurs projets IoT plutôt que de les développer en interne. "Avec nous, elles ne partent pas de zéro. Créer un objet connecté en partant de rien, ça coûte 4 à 5 millions d'euros et ça prend des années. Avec au final un retour sur investissement incertain puisque les marges sont inférieures à ce dont les marques de sport ont l'habitude d'obtenir. Avec nous, elles n'ont pas à assumer d'investissements hardware ou software. La base existe, elles peuvent se concentrer sur l'adaptation au sport et la meilleure façon de lancer le produit."

Avec les objets connectés, Cédric Mangaud ne promet pas aux marques de sport l'accès à un marché très lucratif (sauf à envisager des services de coaching premium) mais une bonne opération d'image permettant de se rapprocher de ses clients. "C'est pertinent pour les marques qui veulent se rapprocher du consommateur final, connaître ses habitudes, mieux le comprendre, nourrir la création de leurs futurs produits", juge l'entrepreneur et sportif du dimanche. C'est d'ailleurs pour tisser ce lien que le premier produit sera lancé par le biais d'une campagne de crowdfunding, cet été.

Sylvain Arnulf

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale