Plan social chez Microsoft : quel impact en France ?

Microsoft a annoncé la suppression de 18 000 emplois d’ici fin 2015 dans le monde. La France passera-telle à travers les mailles du filet, comme lors du plan social précédent en 2009 ? Les 1560 salariés du groupe dans l’Hexagone auront la réponse en septembre.

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Plan social chez Microsoft : quel impact en France ?

Sataya Nadella, le directeur général de Microsoft, s'est livré vendredi 18 juillet au jeu des questions-réponses avec ses salariés au sujet de son plan de transformation qui implique la suppression de 18 000 postes dans le monde d’ici fin 2015.

Mais les 1560 collaborateurs du groupe en France ne sauront pas ce qui les attend. "Il faudra attendra la rentrée, en septembre, pour connaitre sur l’éventuel impact en France", pense Priscille Bellenger, déléguée CFE-CGC. D’ailleurs, la direction de Microsoft France se refuse à ce stade à tout commentaire.

Un impact faible mais réel

On peut néanmoins explorer des pistes possibles. Nokia mobiles, dont l’acquisition a été finalisée en avril 2014, va perdre la moitié de ses effectifs, soit 12 500 emplois sur les 18 000 à supprimer au total. Or Nokia mobiles compte seulement 60 salariés en France. Ils s’occupent du support client et des relations avec les opérateurs télécoms et la distribution. Il n’y a ni centre de développement, ni usine. On voit mal Microsoft amputer l’effectif ici de moitié.

En revanche, la simplification de l’offre avec la sortie des téléphones basiques et du recentrage sur une seule plateforme logicielle, Windows Phone, diminue les besoins de personnel. D’autant qu’il y a probablement des doublons avec l’équipe en charge de Windows Phone chez Microsoft France. "On peut avoir quelqu’un qui s’occupe d’Orange chez Nokia et de quelqu’un qui fait la même chose chez Microsoft", cite en exemple Priscille Bellenger. Il risque d’y avoir un impact sur cette activité mais il serait faible.

Le spectre de 2009

Hors Nokia mobiles, 5 500 suppressions de poste concernent Microsoft dans le monde. Un chiffre comparable au plan social précédent de 5000 emplois lancé en 2009. "C’est beaucoup, estime la déléguée CFE-CGC. Cela veut dire que tout le monde risque d’être touché ou que certaines activités entières pourraient être arrêtées, pour être par exemple mutualisées au niveau européen ou externalisées. Il y a plein de schémas possibles."

Lors du plan social de 2009, Microsoft France a réussi à passer à travers les mailles du filet. Du moins officiellement. Les suppressions de postes concernaient surtout les services centraux et peu les gens sur le terrain. La situation pourrait être différente cette fois-ci. Mais si impact il y a, il serait amorti par la mobilité du personnel. "Chaque année, il y a 50 à 70 départs naturels, qui pourraient alors ne pas être remplacés pour éviter des départs forcés", note Priscille Bellenger.

En 2012, un plan social de 30 postes dans l’activité online (moteur de recherche Bing et publicité en ligne) a été évité en faisant jouer la carte du reclassement en interne et dans l’entité qui gère ce business au niveau européen.

Ridha Loukil

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