Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Plan social chez SFR : la CGT et la CFE-CGC appellent à la grève, la CFDT préfère attendre

Deux syndicats, la CGT et la CFR-CGC, appellent à un mouvement national de grève le 6 septembre en réponse au plan social annoncé par SFR Group, qui vise a réduire ses effectifs d'un tiers au travers de 5000 départs volontaires. Si la CFDT juge qu'il est trop tôt pour s'engager dans un rapport de force, elle ne se l'interdit pas... et décidera en fonction des projets qu'annoncera la direction en septembre.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Plan social chez SFR : la CGT et la CFE-CGC appellent à la grève, la CFDT préfère attendre
Plan social chez SFR : la CGT et la CFE-CGC appellent à la grève, la CFDT préfère attendre © fraggy - Flickr - C.C

La saga SFR se poursuit. Suite à l'émergence de nouveaux détails, la CGT et la CFE-CGC, les deux syndicats qui n'ont pas signé l'accord proposé par la direction le 4 août, ont décidé d'appeler ce mercredi 10 août l'ensemble du personnel de SFR Group (anciennement SFR-Numericable) à une journée nationale de grève le 6 septembre prochain.

 

Dans un communiqué commun, les deux organisations estiment que "le projet de suppressions d'emplois, annoncé par la direction du groupe SFR/Numericable, s'inscrit dans une stratégie globale qui consiste à privilégier les marchés financiers au détriment de l'emploi stable et qualifié, des conditions de travail des salariés, du service rendu, du développement industriel et de l'investissement dans le réseau et la fibre optique." Elles déplorent aussi avoir "été écartées des dernières séances de négociation."

 

La CFE-CGC déplore une absence de stratégie claire

Au cours d'un entretien téléphonique avec L'Usine Digitale réalisé le 9 août, Laurent Lucas, président du Syndicat national des télécoms de la CFE-CGC, n'avait pas caché sa colère face au déroulement des évènements. "Il est ridicule de dire que SFR doit licencier un tiers de son personnel pour être plus moderne ou plus dynamique, avait-il tonné. Il s'agit purement et simplement d'une volonté de détruire l'entreprise." Pour lui, l'objectif de Michel Combes est clair : "faire de la réduction de coûts sans discernement, comme chez Alcatel-Lucent, avant de revendre le groupe en pièces détachées." Et de rappeler qu'il ne cesse d'entendre qu'il y a un opérateur de trop en France. "Il n'y a pas de stratégie autre que de dire qu'il faut couper, déplore-t-il. Aucun projet industriel n'a été présenté. C'est un plan général, qui ne précise pas quelles parties spécifiques de l'entreprise auraient de mauvaises performances et comment ces performances pourraient être redressées."

 

Le syndicaliste veut bien admettre la possibilité d'une certaine redondance, sur certains postes, suite aux rachats successifs. "Mais pas un tiers des effectifs !", s'exclame-t-il avant de souligner que 1200 personnes sont déjà parties sans avoir été remplacées depuis l'acquisition de SFR par Altice en 2014. Ce qui attire vraiment ses foudres, c'est au final l'absence de stratégie clairement définie de la part de la direction.

 

Quant aux ambitions sur le déploiement de la fibre qu'affiche Michel Combes, Laurent Lucas se montre amer : "C'est ce qui nous a été vendu début 2014 lors du rachat de SFR par Numericable. Et en effet, la convergence avait du sens, sauf qu'en deux ans, rien n'a été fait. Nous avons vendu de la fibre à des clients qui n'ont jamais été raccordés car nous n'en avions pas la possibilité. Donc ils sont partis. On retrouve le même mépris envers les salariés qu'envers les clients."

 

La CFDT attend d'en savoir plus...

Isabelle de Geneteau, qui suit le dossier pour le compte de la CFDT, est plus mesurée. Son syndicat a, tout comme l'UNSA, signé l'accord avec la direction. Pour autant, elle précise d'emblée que "la CFDT n'est pas d'accord avec la suppression du tiers des effectifs. Nous pensons que c'est beaucoup trop, et que cela remet en cause la perennité de l'entreprise."

 

Selon elle, la signature de cet accord était avant tout stratégique, et a forcé la direction à dévoiler ses plans dès maintenant plutôt que de sortir du bois le 1er juillet 2017. "Nous leur avons demandé de mettre cartes sur table et c'est pour cela qu'ils ont exposé l'ensemble du plan social, au lieu de seulement parler des 1 000 emplois concernés sur la partie Distribution," explique-t-elle.

 

Mais pour elle, il est trop tôt pour aller au conflit : "La direction va présenter les orientations stratégiques de l'entreprise en septembre. Nous saurons alors si SFR va abandonner certaines activités, se concentrer sur d'autres, externaliser certaines divisions, etc. C'est à ce moment que nous apporterons une critique, positive ou négative, et que nous irons si besoin au rapport de force."

 

...Et défend l'accord

Elle défend aussi la rapide signature d'un accord. "Ce qui a été négocié pour le moment, ce sont des conditions d'accompagnement pour les salariés qui partent, et surtout des engagements que tous les départs jusqu'à mi-2019 seront des plans de départ volontaire. Pendant ces deux ans supplémentaires, l'entreprise nous a aussi garanti que la masse salariale ne descendra pas en dessous des 10 000 salariés, ce qui a levé une part d'incertitude pour les salariés qui resteront. Nous considérons que ces garanties ne sont pas négligeables."

 

Enfin, elle rappelle qu'il restera, même après septembre : "des batailles à mener sur chaque plan de départ, pour chaque activité du groupe, et c'est là qu'il nous faudra nous illustrer." Il s'agit en effet pour la direction d'harmoniser le plan pour la quinzaine d'entreprises différentes qui composent le groupe. Au-delà des modalités de départs, les conditions de travail de ceux qui resteront restent également à définir.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

BONNIN REGIS
21/08/2016 17h20 - BONNIN REGIS

Après avoir durant plusieurs années conservés des prix exorbitants, le peuple de France aurait pu croire que ce groupe préparait à une alternative ambitieuse en financement l'avenir du groupe par l'envoi d'une multitude de satellite en complémentarité de la fibre optique. Il n'en est rien car la politique française est que : Tant que ça raque d'un coté, continuons à se goinfrer . Et comme le minitel il y a 45 ans, nous vendrons les dépouilles à un C.. et de notre coté, nous rejoindrons un groupe pour mener la même voie puisque ça marche. Il faut ouvrir les yeux, l'Etat doit reprendre le pilotage des télécommunications sous le risque de voir bientôt 26 satellites Chinois qui assurerons les liaisons à des prix que plus aucune industrie ne voudra y mettre les pieds. Ce qui se passe d'ailleurs dans l'Eolien, il y a 5 ans ils étaient les derniers et en 2015 ils sont les premiers fabriquant et distributeurs au monde. Bon courage et réveillez-vous.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale