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Plus fin, léger, performant... Le futur de l'ordinateur portable se dessine à l'IFA 2019

Le smartphone a beau avoir conquis le monde, le vénérable ordinateur portable n'a pas encore dit son dernier mot. A l'IFA 2019, les constructeurs affichent leur vision de PCs toujours plus compacts et légers, poussés par la 10e génération de puces Intel. Ils repoussent aussi les limites en matière de puissance grâce aux architectures mobiles de Nvidia, qui cherche tout comme Intel à conquérir le marché des pros du graphisme.
mis à jour le 07 septembre 2019 à 16H06
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Plus fin, léger, performant... Le futur de l'ordinateur portable se dessine à l'IFA 2019
L'AsusPro B9, annoncé à l'IFA 2019, ne pèse que 880 grammes. © Julien Bergounhoux

Le futur de l’ordinateur portable se dessine à l’IFA 2019, la conférence majeure de l’électronique grand public de Berlin qui se tient du 6 au 11 septembre. Deux visions opposées s’y affrontent et s'y rejoignent au sein des nouvelles offres des constructeurs : celle d’Intel et de Nvidia. Avec en ligne de fond un même public visé : les créatifs.

 

Intel passe enfin au 10 nm et renforce sa partie graphique

Intel mise sur des gabarits toujours plus fins et légers, une autonomie de batterie plus conséquente même lors pour une utilisation intensive, et une connectivité améliorée (Wi-Fi 6, Thunderbolt 3, 4G sur certains modèles). Le fer de lance de cette stratégie est la gamme de CPU de 10e génération et gravés en 10 nm d'Intel, un processus de fabrication sur lequel l'entreprise a pris beaucoup de retard et qui arrive enfin sur le marché. Ils bénéficient logiquement de performances largement supérieures à celles des processeurs de génération précédente, notamment sur le plan graphique.

 

Ils permettent par exemple de jouer en 1080p à 30 images par seconde ou plus à des jeux comme Halo: Reach avec des réglages standards. Intel comparait ces performances à celles d’un système AMD Ryzen 3700U avec Vega 10 qui n'atteignait pas 20 FPS tandis que le Razer Blade Stealth 13, annoncé à l'IFA et doté d'un Intel Core i7-1065G7 avec GPU intégré Iris Plus, était la plupart du temps autour de 45 FPS.

 

Des performances aussi applicables aux applications professionnelles : création 3D, animation, vidéo, etc. Le support de la boîte à outil de vision par ordinateur OpenVINO optimise notamment certaines opérations pour les professionnels, comme l’upscaling de photos dans l’application Topaz Gigapixel AI qui est entre 1,5 et 2 fois plus rapide qu'avec la génération précédente. Cela vaut aussi pour le montage vidéo : lecture HEVC 10 bit, denoising et export jusqu’à deux fois plus rapide… Le tout dans un format toujours plus compact. L'AsusPro B9, annoncé à l'IFA 2019, ne pèse ainsi que 880 grammes et se targue d'un ratio "screen-to-body" de 94%.

 


Les progrès d'Intel en matière de calcul lié au deep learning permettent de nouvelles fonctionnalités comme cet upscaling vidéo chez Lenovo

 

Athena : des performances optimisées...

Autre pan de la stratégie d'Intel : le projet Athena, qui ambitionne de fédérer l’écosystème PC autour d’un programme d'amélioration de l’expérience utilisateur. Intel compte sur lui pour répéter le succès du programme Ultrabook, qui a su créer une gamme d'appareils fins et légers répondant à un certain standard de qualité (déterminé par des spécifications obligatoires pour en avoir le label).

 

Ici l'objectif est le même mais l'approche est un peu différente. Athena repose sur une présélection des composants et une optimisation des performances au travers d’une collaboration accrue entre les différents acteurs de l’écosystème (allant jusqu’à la co-création des systèmes). Les gains en performances vont jusqu'à 18% dans le cas de Lenovo (par rapport à la plate-forme de développement d'Intel).

 

 

...Et une meilleure autonomie en conditions réelles d'utilisation

Mais le but premier d'Athena est l’augmentation de l’autonomie sur batterie des ordinateurs portables, même lors d’une utilisation intensive. Intel cherche de manière générale à changer la façon dont l’autonomie est évaluée pour mieux refléter les usages réels. Le fondeur a indiqué à L'Usine Digitale que plus d’une douzaine de fabricants de composants ont déjà pris part aux Open Labs qui servent à valider le niveau de qualité des pièces, dont Toshiba Memory, SK Hynix, Western Digital, Liteon, Biwin, Nuvoton Tech Corp, Microchip, ELAN, Innolux, Sharp, AUO et BOE.

 

Lors d’une démonstration privée en amont de l'IFA 2019, nous avons pu constater un gain moyen de 5% de batterie entre deux HP Elitebook alors que celui certifié Athena était connecté à Internet, utilisait une version de Windows à jour et avait tous les services et tâches de fond par défaut activés (y compris un antivirus et un service de partage de fichiers dans le cloud). Cerise sur le gâteau, l'utilisation du navigateur Chrome pour lire la vidéo depuis internet et un réglage de luminosité de l'écran à 250 nits contre 150 nits pour l'ordinateur témoin.

 

 

Si cette initiative est encore balbutiante, trois des cinq portables annoncés par Lenovo à l'IFA 2019 sont estampillés Athena (les Yoga C940, Yoga S940 et Yoga S740), rejoignant ce faisant le ThinkPad X1 Carbon. HP et Dell avaient chacun déjà annoncé trois ordinateurs validés par ce programme le mois dernier. Asus et Acer sont aussi de la partie, mais les produits sont encore en développement.

 

Qualcomm dans le collimateur

Des expérimentations sur les écrans

 

L'autre tendance cette année est l'apparition de nouveaux formats insolites utilisant un deuxième écran. Sur le pavé tactile par exemple, ou au-dessus du clavier, voire carrément en remplacement de celui-ci. Ils s'adressent encore une fois la plupart du temps aux professionnels des arts graphiques, par exemple pour faire des réglages colorimétriques. Difficile de savoir à l’heure actuelle si ces expérimentations connaîtront un vrai succès, mais elles ont le mérite de bousculer un "form factor" qui n’a au final que peu évolué ces 10 dernières années.

Ce n’est pas un hasard, ces efforts en matière d’autonomie et de connectivité surviennent après que Qualcomm a montré des velléités de pénétrer le marché PC. Ils sonnent comme un effort de la part d'Intel pour tuer la concurrence dans l'œuf, dont il n'a pas besoin en plus de la résurgence d'AMD avec son architecture Ryzen. Pour bien enfoncer le clou, Intel annonce des performances PCMark 10 pour le Intel Core i7-10510Y étant 1,59 fois supérieures à celles du Snapdragon 8cx.

 

Nvidia vise les professionnels avec de l'ultra haut de gamme

Si Intel repousse les limites de la portabilité, Nvidia de son côté propose toujours plus de puissance. L’entreprise a présenté à l'occasion de l'IFA 2019 un "concept de référence" d’ordinateur portable basé sur son architecture Quadro RTX 6000. Il se destine aux professionnels des arts graphiques et combine accélération matérielle du ray tracing, nouvelle technologie de refroidissement, écran en résolution 4K avec un rafraîchissement de 120 Hz et une calibration des couleurs validée par Pantone à 97% DCI-P3. Il réduit même de moitié la taille du chargeur de 300 watts.

 

 

Le premier laptop basé sur ce design a été annoncé dans la foulée par Asus lors du salon. Il s’agit du ProArt StudioBook One, et il inaugure une nouvelle ligne de produits Asus ProArt dédiée aux créatifs. Il frappe par son design novateur, le dos de l’appareil s’ouvrant mécaniquement de 4,57° lorsque qu’il est en fonctionnement pour mieux refroidir le système.

 

 

Le GPU embarque jusqu’à 24 Go de VRAM GDDR6 et affiche des performances très proches de son équivalent Quadro RTX 6000 pour stations de travail (avec une baisse moyenne d'environ 10%), que ce soit pour le rendu graphique photoréaliste (testé avec Autodesk Arnold), le montage video 8K, la création d’animations 3D, la simulation numérique, la visualisation immersive en réalité virtuelle, ou le denoising. Il est couplé à un CPU Intel Core i9-9980HK et à 32 Go de RAM DDR4 2666 MHz. L’écran de 15 pouces (avec un ratio screen-to-body de 84%) affiche une résolution 4K UHD avec une précision des couleurs Delta E<1. Tout cela est complété par 3 ports Thunderbolt 3 et un DisplayPort 1.4. Le tout pour un poids de "seulement" 2,9 kg.

 

Nvidia met aussi en avant le fait que plus de 40 applications professionnelles (produits Adobe, Autodesk, Dassault Systèmes, mais aussi Blender ou Siemens NX) sont désormais optimisées pour faire de l’accélération matérielle RTX. Evidemment, on joue ici dans une autre catégorie avec un prix non divulgué mais qui dépassera sans doute allégrement les 5000 euros.

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