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Pokémon Go : le monde devient fou (et Nintendo de nouveau riche)

Le jeu pour smartphone en réalité augmentée Pokémon Go est un succès sans précédent pour Nintendo, qui a vu son cours de bourse grimper en un jour comme il ne l'avait pas fait depuis 1983 ! Décryptage d'un succès ludique plein de  promesses économiques.
mis à jour le 20 juillet 2016 à 11H44
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Pokémon Go : le monde devient fou (et Nintendo de nouveau riche)
Pokémon Go : le monde devient fou (et Nintendo de nouveau riche) © Niantic

Vous avez difficilement pu passer à côté. Le nouveau jeu mobile Pokémon Go réalisé par Niantic, une start-up issue de Google, en partenariat avec Pokémon Company est un véritable raz de marée. Nintendo qui a des parts à la fois dans Niantic et dans Pokémon Company récupère 30% des revenus générés par Pokémon Go selon The Financial Times. Pourquoi un tel engouement ? Comme Sonic ou Mario en leur temps, les Pokémon et l'univers très riche développé autour par Nintendo ont depuis le début séduit une large communauté d'afficionados.

 

Mais l'ex champion des consoles va plus loin. Et alors que Pokémon Go n'a été lancé qu'aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le 6 juillet, il rend déjà dingue la planète entière. Et pour cause : il invite ceux qui ont téléchargé l'appli à se balader dans la rue à la recherche de créatures (les Pokémon donc) à attraper grâce à la réalité augmentée. Muni de son smartphone le joueur géolocalisé apparaît sous la forme d'un avatar sur une carte représentant son environnement. S'il passe à côté d'un Pokémon généré par le programme a proximité de lui il doit le viser avec son appareil photo, il le voit alors apparaître au-dessus de son environnement réel (comme dans l'image ci-dessus), et doit lui lancer une Poké Ball d'un habile mouvement du doigt pour l'attraper. Différents points d'intérêt répartis sur la carte permettent de gagner des objets ou de faire combattre les bestioles capturées contre d'autres.

 

Suffisamment simple et amusant pour que nos rues et nos parcs se transforment en grand terrain de jeu voire en véritables champs de battues. Déjà téléchargée près de 10 millions de fois, l’appli aurait été installée sur près de 5% des smartphones tournant sous Android aux Etats-Unis selon SimilarWeb. "Pokemon Go" est apparu dans plus de 4,7 millions de Tweets entre le 4 et le 11 juillet et si elle n'est pas encore disponible sur les magasins d'applications (Appstore et Play Store), la version française (proposée ici par Clubic) a déjà des centaines de milliers d'utilisateurs en France. 


"Ce jeu pousse les joueurs à envahir la ville, explique Stephie Vincent, Directrice de l'association montreuilloise Co-Dev spécialisée dans l'inclusion par le numérique. Les utilisateurs découvrent des lieux qu'ils n'auraient sans doute pas découverts sans." Le phénomène est déjà notable et l'on pourrait même lui trouver des vertus sociabilisantes : alors que l'appli n'est pas sortie en France, une invitation à une "chasse géante" organisée dans Paris ce 14 juillet via Facebook avait suscité l'intérêt de 11000 internautes à 17h00. Et si pour le moment les autres joueurs n'apparaissent pas sur l'écran de celui qui joue, les mises à jour permettront certainement ces rencontres. "Ces nouvelles versions promettent une interactivité entre les joueurs qui générera des usages multiples", ajoute la présidente de l'association.

 

Bref, bientôt, les astronautes dans la station spatiale internationale seront les derniers à ne pas y jouer. Et ils le regrettent déjà :

 

Cette réinvention est une sacrée bouffée d'oxygène pour Nintendo. Touché par la concurrence de Sony et de Microsoft, le précurseur japonais avait d'abord élargi sa cible avec la Wii et ses détecteurs de mouvements en 2006 avant que le soufflet ne retombe quelques années plus tard.


En annonçant début 2015 son virage dans les smartphones, l'entreprise à l'origine de SuperMario avait vu son cours en bourse crever le plafond. Ce fut de nouveau le cas ce lundi 11 juillet ou, devant l'engouement pour ce jeu, l'action à Tokyo a grimpé de 25% (chose qui n'était pas arrivée depuis 1983) ajoutant 7,5 milliards de dollars à la valorisation de la marque.

 

Le téléchargement du jeu est gratuit mais à l'intérieur des achats in app jouent sur l'addiction et permettent d'avancer plus vite dans les niveaux. "Mais il y a aussi le risque que Nintendo monétise le fait d'attirer les joueurs vers certains lieux", s'inquiète Stéphanie Vincent. Il serait effectivement tentant de faire payer les enseignes pour y faire jouer les chasseurs de Pokémon dans leurs rayons… et leur donner envie d'acheter. En quelques jours, ce jeu nous aura donné un sacré aperçu du monde qui nous attend, en réalité augmentée…

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1 commentaire

mick
25/07/2016 12h58 - mick

Encore une machine à faire du fric pour les GAFA américains, ça c'est sûr, en abrutissant un peu plus les gens (et pas seulement les jeunes, qu'on ne vienne pas les stigmatiser ils ne sont pas les seuls à utiliser ces applis) On n'a pas fini de se "cogner" contre des individus connectés complétement focalisés et hypnotisés par leur smartphone! Combien de morts en plus dans les rues de nos villes pour tous ces abrutis qui vont traverser sans regarder? Déjà la police s'inquiète des crétins qui font ça au volant en plus des sms et du téléphone. Qu'ils mettent leur vie en danger passe encore, c'est leur problème, mais celle des autres non! STOP Quant aux découvertes vantées par Stéphie Vincent et les vertus sociabilisantes, c'est du grand n'importe quoi quand on n'a pas d'arguments sérieux à développer! Vous croyez vraiment que les yeux rivés sur leur smartphone, les gens vont découvrir la ville. Allez! arrêtez de prendre vos concitoyens pour des gogos et des vaches à lait consentantes, et vous ferez faire un grand pas en avant (pas en arrière comme avec vos jeux débiles) à l'humanité...

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