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Portland interdit la reconnaissance faciale pour les services municipaux et les entreprises privées

Vu ailleurs Les membres du conseil municipal de Portland ont adopté à l'unanimité une loi interdisant le recours à la reconnaissance faciale pour les services de la ville et les entreprises privées. Cette interdiction, la plus complète jamais adoptée aux Etats-Unis, intervient dans un contexte d'affrontements violents entre les forces de l'ordre et les manifestants dans cette ville de l'Oregon.
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Portland interdit la reconnaissance faciale pour les services municipaux et les entreprises privées
Portland interdit la reconnaissance faciale pour les services municipaux et les entreprises privées © Unsplash/Bernard Hermant

La ville de Portland, dans l'Oregon, vient d'adopter un texte de loi qui interdit l'utilisation de technologies de reconnaissance faciale, rapporte TechCrunch. Par le biais de deux ordonnances, la ville interdit aux services municipaux – mais également aux entreprises privées – d'utiliser cette technologie dans des lieux publics. Concrètement, cela signifie qu'un restaurant ou une banque ne pourra pas installer de caméras à des fins de reconnaissance faciale à l'extérieur de son établissement.  

L'interdiction la plus complète jamais adoptée
Votée à l'unanimité par les membres du conseil municipal, cette interdiction est la plus complète jamais adoptée aux Etats-Unis. En effet, Oakland, San Francisco et Boston ont banni le recours à cette technologie uniquement pour les services publics. "C'est un jour historique pour la ville de Portland", a déclaré le maire de la ville Ted Wheeler.

"Les habitants de Portland méritent la tranquillité d'esprit. Ils méritent la transparence des institutions privées, tout comme ils méritent la transparence des institutions publiques... J'espère que d'autres villes, grandes et petites, dans ce pays et dans le monde entier, suivront cet exemple", a-t-il poursuivi.

Cette nouvelle réglementation entre en vigueur dans un contexte bien particulier. Depuis plusieurs mois, Portland est le théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, en marge des rassemblements contre le racisme et les violences policières. La motivation principale du conseil municipal est que cette technologie ne soit justement pas utilisée par la police à mauvais escient.

"Nous sommes une ville pro-technologie mais ce que nous avons vu jusqu'à présent dans la pratique avec cette technologie... continue d'exacerber la sur-criminalisation des personnes noires dans notre communauté", a déclaré un porte-parole de la ville. En juin dernier, c'est l'entreprise américaine IBM qui a annoncé arrêté ses activités dans la reconnaissance faciale en réaction au mouvement de protestation suscité par la mort de George Floyd. 

Le risque de biais inquiète
Si cette technologie inquiète c'est parce qu'elle a fait l'objet de nombreux tests qui démontrent ses risques de biais. En 2018, une étude menée par Joy Buolamwini et Timnit Gebru révélait l'ampleur des préjugés dont souffrent de nombreux systèmes de reconnaissance faciale. Les chercheurs avaient examiné trois logiciels dans lesquels le taux d'erreur dans la détermination du sexe des hommes à la peau claire n'a jamais été inférieur à 0,8 %. En revanche, pour les femmes à la peau plus foncée, les taux d'erreur ont augmenté de façon spectaculaire : plus de 20 % dans un cas et plus de 34 % dans les deux autres.

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