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Pour des zones franches numériques

Dans une tribune pour L'Usine Digitale, le PDG de Bull, Philippe Vannier, revient sur la nécessité pour la France de relever le défi du numérique et de valoriser ses atouts en la matière. Il propose de créer des "labs numériques", des zones franches pour les start-up avec une fiscalité avantageuse et des contraintes administratives réduites.

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Pour des zones franches numériques
Pour des zones franches numériques

Aujourd’hui, le monde et l’industrie sont bouleversés par trois forces disruptives majeures : la révolution technologique, la mondialisation et le défi environnemental. Le numérique est au cœur de ces trois révolutions. Il bouleverse à la fois l’économie (en dématérialisant de nombreuses chaînes de valeur), la société (avec l’avènement de la génération Y) et le monde.

Dans ce nouveau monde, la France a à la fois des défis à relever et des atouts à valoriser en s’appuyant sur ses forces : une expertise des technologies de l’information (IT) de pointe avec ses constructeurs, SSII et opérateurs, de grands acteurs industriels et une culture des grands projets lui conférant une véritable capacité à les répliquer à l’international.

La France a les moyens et doit avoir l’ambition d’être le moteur du numérique de l’Europe. Mais l’Etat a un rôle majeur à jouer pour accompagner l’innovation.  

l’Etat peut aller plus loin

Il l’a compris et développé des initiatives : la création des pôles de compétitivité a été un élément décisif. Plusieurs sont fortement impliqués dans l’IT, comme en particulier Systematic (région parisienne), Cap Digital (Paris) ou Minalogic (Rhône-Alpes).

Les plans numériques 2012 puis 2020 permettent de valoriser les enjeux technologiques comme les supercalculateurs, le Cloud, la sécurité, le Big Data…

Les récentes annonces du gouvernement concernant le plan numérique vont apporter une nouvelle contribution notamment par le travail du commissaire général à l'investissement Louis Gallois et les 34 plans industrie lancés par le président de la République la semaine dernière.

Malgré ces initiatives, l’Etat peut toutefois aller plus loin.

Nous savons que tout s’accélère, les technologies nouvelles élargissent chaque jour un peu plus les opportunités d’innovations. La compétition technologique européenne et mondiale se durcit et donne aujourd’hui l’avantage aux pays les plus organisés et les plus conquérants, dont bien sûr les Etats-Unis mais aussi la Chine.

L’Etat français doit être décomplexé et tester toutes les initiatives. Il faut profiter de cette période de rupture pour innover en matière d’initiative entrepreneuriale dans le numérique.

Une idée : lancer des "labs", espaces de tests pour les starts-up

Sous forme de zones franches, ces "labs numériques" bénéficieraient de contraintes administratives et fiscales quasi inexistantes. Leur unique contrainte serait de n’adresser qu’exclusivement  l’export afin de ne pas déstabiliser des entreprises françaises déjà existantes sur le territoire et ne pas fausser la compétitivité nationale. Afin que le modèle bénéficie d’un cercle vertueux, il faudrait également mettre en place une fiscalité avantageuse pour les investisseurs pour que le risque pris puisse éventuellement être récompensé.

Décompléxés en matière d’innovation technologique, stimulés par une politique fiscale et administrative ultra souples, ces labs pourraient se concentrer sur le nerf de la guerre, l’innovation, l’usage et la compétitivité à l’échelle européenne voire mondiale.

Combien de jeunes entrepreneurs innovants ont été étouffés par un marché français dense et une politique administrative et fiscale trop lourdes ? Combien de projets, pourtant moteurs pour la souveraineté numérique française, ont été avortés ?

Les technologies d’avenir ont déjà été identifiées par le gouvernement, il reste à transformer ces technologies en entreprise et en emplois. Concentrons-nous aujourd’hui sur ses technologies pour mieux nous étendre à d’autres secteurs demain.

4 technologies sont porteuses aujourd’hui :

- la puissance de calcul qui démultiplie les capacités d’innovation,

- le Cloud qui permet d’accéder à l’IT à la demande, 

- le Big Data qui permet de mieux comprendre, analyser et réagir,

- l’Internet des objets qui consacre l’hybridation des mondes réels et numériques.

Le monde technologique évolue si vite qu’il n’est plus nécessaire de se projeter à 10 ans pour mesurer une réelle innovation et en créer son besoin sur le marché. Aujourd’hui, trois ans suffisent pour imposer une technologie et répondre à une demande.

La France a ses cartes à jouer, mais elle ne peut plus se permettre de seulement suivre : elle doit innover et créer, être le leader, celui qui impulse de nouvelles pratiques visant à redéfinir les positions établies. 

Donnons-leur ces trois ans, donnons à la France et à ces entrepreneurs innovants l’opportunité de définir un nouvel échiquier mondial numérique.

Philippe Vannier, président-directeur général du groupe Bull

 

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