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Pour la première fois, des humains vont tester un médicament créé grâce à l'IA

La start-up britannique Exscientia a annoncé le démarrage des essais cliniques du premier médicament conçu grâce à l'IA. Seules 12 semaines ont suffi à la jeune pousse, accompagnée de l'entreprise nippone Sumitomo Dainippon Pharma, pour trouver la molécule qui soigne les troubles obsessionnels du comportement. Alors, l'IA est-elle devenue l'outil indispensable pour réduire le temps et les coûts de la recherche médicale ?
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Pour la première fois, des humains vont tester un médicament créé grâce à l'IA
Pour la première fois, des humains vont tester un médicament créé grâce à l'IA © Unsplash/Simone van der Koelen

Le processus de création d'un médicament est long et coûteux. Près de 15 ans sont nécessaires pour qu'une molécule devienne un "vrai médicament" selon l'Institut national de la santé et la recherche médicale (Inserm). Et si l'intelligence artificielle était la solution pour réduire cette durée ? Le 30 janvier 2020, la start-up britannique Exscientia a annoncé le début des essais cliniques du premier médicament "créé" grâce à l'intelligence artificielle (IA) en seulement 12 mois.

 

Travaillant en partenariat avec l'entreprise nippone Sumitomo Dainippon Pharma, la jeune pousse a donc considérablement réduit le temps nécessaire pour développer un nouveau traitement et démarrer des essais de phase 1 (test sur l'humain). S'adressant à la BBC, le directeur général d'Exscientia, le professeur Andrew Hopkins affirmé que "si l'IA était utilisée pour diagnostiquer des patients et analyser des données et des scanners, il s'agit de la première utilisation directe de l'IA dans la création d'un nouveau médicament".

 

Premiers essais au Japon

Baptisé "DSP-1181", cette molécule vise à soigner les personnes touchées par des troubles compulsifs du comportement (TOC) c'est-à-dire des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles. Les premiers essais cliniques se dérouleront au Japon, avant d'être étendus si les tests s'avèrent positifs. Le but de la phase 1 a pour objectif d'observer l'évolution de la molécule dans l'organisme en fonction du temps et de sa toxicité.

 

Les algorithmes créés par Exscientia ont permis de générer des dizaines de millions de compositions différentes du médicament. Les programmes ont ensuite fait le tri entre toutes ces combinaisons pour ne garder que celle ayant un effet bénéfique sur le récepteur cérébral connu depuis 2016. "Il y a des milliards de décisions à prendre pour trouver les bonnes molécules, ce qui rend la conception d'un médicament très délicate", a expliqué le professeur Hopkins.

 

Le potentiel de l'IA pour la recherche médicale

Ce n'est pas la première fois que le potentiel de l'IA est soulevé pour la fabrication de nouveaux médicaments. Début septembre 2019, la start-up américaine de biotechnologie Insilico Medicine en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Toronto a réussi identifié un potentiel traitement de la fibrose en seulement 46 jours.

 

Plus précisément, 21 jours ont été consacrés à la création de 30 000 modèles de molécules. Un modèle de deep learning a ensuite analysé les travaux de recherches précédentes et les brevets concernant les molécules connues pour agir contre la protéine en donnant la priorité aux nouvelles structures pouvant être synthétisées en laboratoire. Puis six molécules ont été synthétisées en laboratoire et deux d'entre elles ont été injectées dans des cellules souches. La molécule la plus efficace a ensuite été testée sur une souris.

 

Exscientia se penche déjà sur d'autres médicaments pour guérir les cancers ou les maladies cardiovasculaires. Dans un futur proche, le but serait de recourir quasi systématiquement à l'IA pour réduire le temps et le coût de conception d'un médicament. En effet, les capacités de calcul de l'IA permettent de traiter une quantité de données inatteignables par l'Homme. Pour le professeur Hopkins, "d'ici la fin de la décennie, tous les nouveaux médicaments pourraient potentiellement être créés par l'IA".

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