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"Pour lever plus de fonds que Facebook, Alibaba choisit la bourse de New York", décrypte Thibaut de Smedt

Le géant du net Alibaba, qui contrôle 80% du e-commerce en Chine, a choisi les Etats-Unis pour entrer en bourse. Cette introduction de valeur Internet sur les marchés publics devrait être la plus importante aux USA depuis celle de Facebook, en 2012. La valorisation du groupe pourrait atteindre 200 milliards de dollars. Le Twitter chinois, Weibo, est aussi attiré par les USA : il a publié le 14 mars un projet d’introduction à la bourse de New York. Thibaut de Smedt, directeur associé de la banque d'affaires Bryan, Garnier & Co, analyse ces opérations pour L’Usine Digitale.
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Pour lever plus de fonds que Facebook, Alibaba choisit la bourse de New York, décrypte Thibaut de Smedt
"Pour lever plus de fonds que Facebook, Alibaba choisit la bourse de New York", décrypte Thibaut de Smedt © Flickr CC - Charles Chan

L'Usine Digitale - Pourquoi Alibaba a choisi la bourse de New York plutôt que Hong Kong, comme il le prévoyait au départ ?  

Thibaut de Smedt - Officiellement pour que les fondateurs de l’entreprise gardent le contrôle du conseil d’administration. A Honk Hong, cela aurait été impossible à cause des règles plus strictes qui encadrent la bourse. Officieusement, Alibaba veut lever une somme très importante en réalisant cette opération. Si possible plus que Facebook lors de son introduction en bourse. Même si les marchés boursiers asiatiques disposent de beaucoup de liquidités, le cash-flow disponible à New York est plus important : de nombreuses plus-values sont investies en ce moment aux Etats-Unis.

Est-ce que mettre un pied à New York est un moyen pour Alibaba de s’internationaliser ?

Alibaba est un monstre, car la volumétrie est énorme en Chine. Mais c’est une entreprise très locale. Le marché boursier américain est une référence pour les valeurs Internet, surtout si le groupe choisit de s’introduire sur le Nasdaq. Cela lui permettra de faire exister sa marque, de se faire connaitre des investisseurs. Elle pourra racheter plus facilement des sociétés (comme Facebook l’a fait avec WhatsApp, ndlr) en étant installée à New York qu’à Hong Kong. Mais concrètement, pour étendre ses services à l’étranger, l’introduction en bourse ne changera rien. Cette opération ne va pas, à elle seule, bouleverser le marché du e-commerce.

Cette opération n’aura selon vous aucune conséquence sur les entreprises du secteur ?

Pas de conséquence concrète, non. Mais si cette introduction est un succès, si Alibaba réussit à lever plus d’argent que Facebook, cela pourrait avoir un impact psychologique fort sur ses concurrents, notamment en Chine. Et faire monter la pression aux Etats-Unis, où les géants de l’Internet vont se sentir talonnés par leurs copies asiatiques.

Weibo voudrait également s’introduire à la bourse de New York : même cause, mêmes effets ?

Absolument. Mais rien ne garantit que ces deux opérations soient des succès à long terme. Renren, l’équivalent chinois de Facebook, s’est introduit sur le New York Stock Exchange en 2011. L’opération a été une réussite, mais 6 mois plus tard, les actions du groupe s’échangeaient à un quart de leur valeur d’introduction.

Propos recueillis par Lélia de Matharel

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