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Pour Philips Lighting, le numérique c'est vendre la lumière comme un service

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Cas d'école Vu ailleurs Avoir investi très tôt dans les LED, qui on fait basculé en cinq ans le secteur de l’éclairage dans le numérique, ne suffit pas à protéger Philips Lighting du syndrome Kodak. Pour le géant néerlandais, négocier le virage du digital signifie vendre la lumière comme un service. Une enquête de L’Usine Nouvelle dévoile comment.

Pour Philips Lighting, le numérique c'est vendre la lumière comme un service
Pour Philips Lighting, le numérique c'est vendre la lumière comme un service © D.R. - Xavier Boymond

Philips Lighting a bien appris la leçon. Pour ne pas subir le sort de Kodak, Blackberry  ou Nokia, innover en matière technologique, ne suffit pas.  POur ne pas se faire ubériser, c’est le modèle d’affaire qu’il faut revoir. Et pour le géant néerlandais de l’éclairage, il va s’agir de vendre de la lumière comme un service et non plus (uniquement ?) des ampoules. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête publiée par le magazine l’Usine nouvelle du 7 avril 2016, la première d’une série hebdomadaire consacré à la transformation numériques de l’industrie.

 

Être pionnier dans les LED ne suffit pas

Car vendre des LED connectées, comme les ampoules Hue, ne va pas suffire. D’autant qu’avec des durées de vie jusqu’à 20 fois plus élevées que les générations précédentes, les LED ruinent le business model traditionnel des géants de l’ampoule, fondé sur un remplacement fréquent. Les experts donnent moins de cinq ans à ce marché avant qu’il ne soit saturé par les LED. La décroissance sera brutale après 2020 et déclenchera forcément d’autres séismes. Avoir été pionnier dans les LED, dès 1999, ne protégera pas Philips Lighting.

 

Éric Rondolat, le PDG de Philips Lighting  en est parfaitement conscient : "La connectivité apporte de nouvelles opportunités. Pour les saisir, il nous faut réinventer nos business models, passer des produits aux systèmes et services, être partie prenante de l’internet des objets".  Le mouvement est bien enclenché. L’entreprise peut se targuer du succès de Hue [lire encadré ci dessous], sa gamme d’ampoules pilotables via 600 applis développées par des tiers, qui lui sert de porte d’entrée dans la maison connectée. Mais aussi du succès de CityTouch, son système de commande et de gestion de l’éclairage urbain qui a conquis 530 villes dans le monde. Ce dispositif permet de suivre en temps réel l’état de lampadaires connectés et leurs données d’exploitation, depuis un smartphone via un logiciel dans le cloud. Un moyen de mieux maîtriser la consommation d’énergie et d’optimiser la maintenance.

 

Philips explore aussi la piste du Li-Fi – la transmission de données par la lumière LED –  et teste avec  Carrefour  un système de géolocalisation par LED  dans un hypermarché de Lille pour envoyer des informations sur les smartphones de ses clients et les guidés vers des produits ciblés et des promotions.

 

Lumière as a service

Comment Philips Lighting s’organise ? "Nous avons monté une équipe dédiée et bâti une gamme de services fondée sur les performances des LED que l’on déploie mondialement depuis 2014-2015", explique Marie-France Crevecœur, chargée des services chez Philips Lighting. Audit, conseil, gestion du cycle de vie, mais aussi vente de lumière "as a service" comme à l’aéroport de Schiphol, à Amsterdam, qui n’a pas investi dans l’éclairage de son terminal mais paie simplement l’accès à la lumière. C’est Philips qui est propriétaire des luminaires et qui les gère. Et Philips Lighting est persuadé que la vente de lumière as a service devrait  vite se développer car le passage aux LED connectées suppose de lourds investissements que les villes et les propriétaires de bâtiments préféreront transformer en dépenses d’exploitation.

 

multiplier les partenariats

Mais l’industriel sait qu’il ne peut pas réussir cette mutation numérique seul. Pour passer à la vitesse supérieure dans les services et l’internet des objets, l’entreprise multiplie les partenariats. En décembre, avec Cisco (déploiement de ses LED au cœur des bâtiments intelligents) et avec SAP (intégration de ses lampadaires dans l’écosystème de la smart city). En mars, avec Vodafone, Engie et Axa. "Nous voulons étendre notre offre, mais demeurons une entreprise de la lumière. Nous avons compris qu’il fallait parfois un niveau d’intégration supplémentaire, que nous allons chercher chez des partenaires", affirme Éric Rondolat.

Mais le PDG sait que ce n’est qu’une étape : "L’industrie a davantage changé en dix ans qu’en un siècle. Et ce n’est pas fini. Nous n’avons probablement fait que gratter la surface de ce qu’il est possible de réaliser avec les LED", conclut le patron de Philips Lighting. Rien n’est donc gagné.

 

Hue ou les débuts de l'éclairage connecté
Lancer un projet qui incarne la transformation numérique de l’entreprise. Fin des années 2000, les smartphones décollent, les tablettes émergent, les LED et les technologies sans fil se normalisent. Philips met en place un incubateur intégrant ingénieurs, développeurs et marketeurs pour développer une offre en phase avec les nouveaux usages. Celle-ci verra le jour au bout de deux ans de travail avec Hue, un système d’éclairage connecté, composé d’ampoules LED dont l’intensité et la teinte sont pilotables via des applis. Il est commercialisé fin 2012, en partenariat avec Apple. En 2013, Hue s’ouvre aux développeurs indépendants. Depuis, la gamme n’a cessé de s’enrichir et les partenariats se sont multipliés. Plus de 600 applis existent. 

 

Par Aurélie Barbaux à partir d'une enquête de Manuel Moragues

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

verdarié
13/04/2016 09h11 - verdarié

Inventer un système dont on vente les économies puis chercher par tous les moyens la maniéré de nous faire payer cette économie ?..C'est incohérent ! La rentabilité, il ne faut pas la chercher dans l'utilisation des ampoules mais plutôt en proposant plus de systèmes utiles qui nous libèrent de la consommation des énergies noires !

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