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Pour Salesforce, le concurrent numéro 1 c'est SAP

Aujourd’hui dixième mondial du logiciel, le leader des services de gestion de la relation client Salesforce veut dépasser SAP en atteignant 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires, quatre fois le revenu prévu cette année. Ses dirigeants sont convaincus que c'est possible.
mis à jour le 17 octobre 2014 à 11H08
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Pour Salesforce, le concurrent numéro 1 c'est SAP
Pour Salesforce, le concurrent numéro 1 c'est SAP © Marc Smith - Flickr - CC

L’allemand SAP n’a qu’à bien se tenir. Il est dans la ligne de mire de Salesforce. L’éditeur américain de logiciels, vendus à 100% en tant que services dans le cloud (Saas pour Software as service), s’est donné l’ambition de le battre. "Nous voulons atteindre les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires et dépasser ainsi SAP par les revenus en logiciels", lance Keith Block, directeur général et coprésident du conseil d’administration de Salesforce, lors de Dreamforce, l’évènement qui réunit ses partenaires, clients et prospects à San Francisco, du 13 au 16 octobre 2014. Jusqu’ici, Marc Benioff, PDG et cofondateur de l’entreprise, visait le chiffre des 10 milliards de dollars.

Keith Block, numéro deux de la société, se garde bien de dire quand cet objectif sera atteint. Depuis sa création en 1999, Salesforce affiche une croissance moyenne de 30% par an. Sur l’exercice en cours à clôturer le 31 janvier 2015, la société s’attend à un chiffre d’affaires de 5,3 à 5,4 milliards de dollars, en progression de 32%. A ce rythme de croissance, l’objectif des 20 milliards de dollars serait atteint en 2020.

Pour la première fois en 2013, Salesforce a fait son entrée dans le Top 10 des éditeurs de logiciel, à la dixième place selon Gartner, avec un chiffre d’affaires en logiciels de 3,8 milliards de dollars. SAP arrive quatrième avec un revenu de 18,5 milliards de dollars, derrière Microsoft (65,7 milliards de dollars), Oracle (29,6 milliards de dollars) et IBM (29,1 milliards de dollars). Alors que l’éditeur allemand affiche une croissance de 9,5% en 2013, Salesforce bénéficie d’un bond de 33,3%. C’est sur ce différentiel de développement que Keith Block mise pour dépasser SAP.

Innovation et culture de proximité

Salesforce, qui a fait le choix dès sa création il y a 15 ans, du modèle du cloud, sait qu’il a l’avantage sur ses grands concurrents, nés avec le modèle traditionnel de vente de licences et aujourd’hui en transition délicate vers l’informatique en nuage. S’il a choisi de mettre SAP dans son viseur, c’est parce que l’éditeur allemand est aujourd’hui le numéro un mondial des logiciels de gestion d’entreprise.

"Notre pari est tout à fait tenable", estime Keith Block. Pour cela, il mise sur les deux points forts de Salesforce : l’innovation et la culture de proximité avec les métiers des clients. Il compte également sur le renforcement de l’écosystème et l’expansion à l’international. "Salesforce a toutes les cartes en main pour réussir son pari, témoigne Laurent Dupuytout, directeur général France de Bluewolf, un intégrateur des solutions du californien. Depuis quelques années, l’entreprise s’est dotée de la colonne vertébrale qui lui permet d’atteindre son objectif."

Si Salesforce est connu d’abord comme le leader de la gestion de la relation client, il n’a cessé de s’étendre sur les autres fonctions de gestion de l’entreprise. Son entrée dans l’analytique, le point fort de SAP, n’est que le dernier épisode de sa diversification. "Achats, finance, ressources humaines… On peut aujourd’hui tout faire avec Salesforce, affirme Jean-Michelle Mougeolle, directeur du club des utilisateurs de Salesforce en France et directeur informatique de Mikit, constructeur de maisons individuelles en kit. C’est d’ailleurs ce que nous faisons chez nous."

Le défi lancé par Salesforce à SAP est immense. L’éditeur allemand aurait tort de ne pas prendre la menace au sérieux.

Ridha Loukil, envoyé spécial à San Francisco 

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