Pour vous imposer aux Etats-Unis : sachez parler de vos échecs

Le deuxième des quatre conseils que vous donne L'Usine Digitale pour vous lancer avec succès sur le marché high-tech aux Etats-Unis : savoir parler de vos échecs et surtout de ce que vous en avez appris, sans pudeur. Tous les entrepreneurs à succès ont un jour trébuché et appris de leurs erreurs. Pour conquérir le cœur de vos potentiels investisseurs, montrez leurs que les vôtres sont derrière vous.

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Pour vous imposer aux Etats-Unis : sachez parler de vos échecs

En France, on oublie que les héros de la culture Internet, Marc Zuckerberg, Steve Jobs et consorts n’ont pas mis dans le mille du premier coup. Avant de lancer Microsoft, Bill Gates et Paul Allen ont utilisé un langage de programmation (qu’ils avaient inventé) pour créer un système de gestion du trafic routier. Ils ont fondé la start-up Traf-O-Data pour le vendre aux municipalités. Un échec commercial cuisant. Mais comme ils l’expliquent dans la vidéo ci-dessous, l’aventure Microsoft est intimement liée au fiasco Traf-O-Data.

Lorsque vous faites une présentation de votre technologie devant un groupe d’investisseurs, la question de vos déconvenues vous sera posée. "Il faut savoir en parler simplement, sans pudeur, et expliquer à vos interlocuteurs les leçons que vous en avez tiré", résume Fred Marin, fondateur et directeur d’une jeune pousse de la bio-technologie, GMP-Orphan.

Apprendre ses leçons pour obtenir des capitaux

"Lorsque Bertrand Diar a lancé Talend en 2006, la société s’est développé à toute vitesse", se souvient Yves de Montcheuil, le directeur marketing de l’entreprise informatique implantée aux USA. Fin 2013, plus de 2 500 clients s’étaient laissé séduire par les versions améliorées payantes de leurs logiciels en open source. "Le problème, c’est que l’organisation interne n’arrivait pas à tenir le rythme : la comptabilité, la gestion de commandes clients ont accumulé beaucoup de retard. Cette crise a été difficile à gérer pour la direction. Lorsqu’il rencontre de potentiels investisseurs, Bertrand Diar leur raconte cette histoire et les leçons qu’il en a tiré quant à l’organisation interne de son entreprise. C’est une erreur qu’il ne refera plus, et cela les rassure."

Retrouvez aussi notre dossier "François Hollande, ambassadeur de la French Tech aux Etats-Unis"

Paradoxalement, avoir fait un parcours sans faute ne vous aidera souvent pas à trouver des capitaux outre-Atlantique : "La première entreprise que j’ai monté a bien tourné pendant plusieurs années. Je suis allé aux Etats-Unis rencontrer des business angels pour lever des fonds. Ils m’ont demandé si j’avais déjà déposé le bilan. Je leur ai répondu par la négative. Va te casser la gueule une fois ou deux et après, reviens nous voir ! Cette réponse m’a beaucoup surpris. Elle est pourtant logique : les enfants apprennent à marcher en tombant par terre", relate Philippe Rambaud, entrepreneur et fondateur de l’association 60 000 rebonds, qui aide les fondateurs d’entreprises à se relever après une faillite.

Lélia de Matharel

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