Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Pourquoi 405 services de police américains collaborent avec Ring (Amazon) pour surveiller les quartiers

Ce n'est plus 200 mais 405 services de police locaux qui vont travailler main dans la main avec Ring, le spécialiste des visiophones connectés, pour lutter localement contre la criminalité. Un déploiement à grande échelle qui montre qu'Amazon, ainsi que d'autres géants du numérique, tissent de plus en plus de liens avec les forces de l'ordre. 
mis à jour le 03 septembre 2019 à 20H31
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Pourquoi 405 services de police américains collaborent avec Ring (Amazon) pour surveiller les quartiers
Les services de police américains ont vite compris l'intérêt de ce petit boitier jusqu'à collaborer avec Ring. © Ring

Le chiffre était déjà conséquent. Aux dernières nouvelles, environ 200 services de police américains collaboraient activement avec Ring. Le 28 août 2019, le spécialiste des visiophones connectés annonce avoir finalement conclu plus de 400 partenariats avec les forces de police. Une carte interactive a été publiée, recensant les différentes brigades.

 

 

Fondée en 2011 et rachetée en 2018, la filiale d'Amazon vend des sonnettes connectées et des caméras de surveillance. Techniquement, lorsqu'une personne sonne ou qu'un mouvement est détecté par l'appareil, le propriétaire en est informé via son smartphone ou son ordinateur même s'il n'est pas chez lui. Les images peuvent même être enregistrées. Les services de police américains ont vite compris l'intérêt de ce petit boitier jusqu'à collaborer avec Ring.

 

Un portail et une application au service de la lutte contre la criminalité

Ces services de police ont donc accès à un portail qui leur permet d'échanger des informations avec l'ensemble des utilisateurs sur "la criminalité et des événements liés à la sécurité", comme indique la firme dans son communiqué.

 

De plus, une application, baptisée "Neighbors" et développée par Ring, permet de renforcer cette communication dans le but de "lutter contre la frénésie criminelle locale", comme des vols de colis, des cambriolages... En effet, les internautes peuvent s'envoyer des alertes entre eux mais également aux policiers. Ces derniers peuvent demander qu'on leur transmette des images préalablement enregistrées sur le visiophone. Le propriétaire a le droit de refuser, à moins que la justice ne lui ordonne.

 

Surveiller sans les lourdeurs administratives

Cette petite boîte effraie certains avocats et associations de protection des libertés individuelles qui s'inquiètent des possibles dérives. Dans le Washington Post, le professeur de droit Andrew Guthrie Ferguson estime que Ring a trouvé "une solution de rechange astucieuse pour le développement d'un tout nouveau réseau de surveillance, sans le contrôle nécessaire si cela venait de la police ou du gouvernement". 

 

 

Les géants du numérique tissent des liens avec les services de police

Les services de police tissent de plus en plus de liens avec les géants du numériques. Une pratique souvent controversée. Par exemple, pendant quelques temps, la police d'Orlando (Floride) a utilisé Rekognition, le logiciel d'Amazon de reconnaissance faciale. Après une avalanche de critiques, le service l'avait finalement abandonné. Récemment, cette technologie a été mise en cause pour avoir identifié à tort une petite trentaine de membres de l’Assemblée de l'Etat de Californie comme délinquants.

 

En septembre 2018, IBM avait fait face aux mêmes critiques lorsqu'un rapport du pure player américain The Incercept a révélé que cette société avait exploité les images des caméras de vidéosurveillance de la police new-yorkaise afin d'améliorer sa technologie de reconnaissance faciale.

 

La France commercialise également ces visiophones mais l'application "Neighbors" n'y est pas disponible, du moins pas encore. Dans tous les cas, il est fort à parier que la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) puisse émettre de fortes réserves sur un tel dispositif.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale