Pourquoi Axa a ouvert un Lab Asie à Shanghai… et n’est pas prêt de le fermer

Actif depuis 10 mois, le Axa Lab Asie a doublement rempli sa mission. Avant-poste de l’assureur dans l’écosystème des start-up, il lui permet de mieux comprendre l’économie numérique de cette partie du monde, qui pourrait même concurrencer la Silicon Valley comme berceau mondial de l’innovation !

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Pourquoi Axa a ouvert un Lab Asie à Shanghai… et n’est pas prêt de le fermer

En juin 2015, Axa décidait d’aller voir en Asie ce qui s’y passe avec la création de trois structures dédiées à l’investissement et à l’innovation. D’une part un Data Innovation Lab (DIL) à Singapour, sur le modèle de celui déjà créé en France avec un but de Recherche & Développement d'offre et de services adaptés à l’Asie. D’autre part, un bureau d’AXA Strategic Ventures, (fonds remplaçant Axa Seed Factory) à Hong-Kong, après San Francisco, New York, Londres, Paris, Zurich et Berlin. Enfin, un Axa Lab Asie à Shanghai, sur le modèle de la structure déjà créée au début de l'année 2014 dans la Silicon Valley aux Etats-Unis. Dirigé par Frank Desvignes, il a pour mission de détecter les tendances émergentes dont le groupe pourra faire bénéficier ses clients et d'identifier les nouveaux talents avec lesquels AXA pourrait collaborer.

6 millions de start-up

Mission accomplie. Opérationnel depuis six mois, l’équipe de cinq personnes de l’Axa Lab Asie a déjà rencontré 450 start-up chinoises, dont 150 dans les fintechs et assurtechs, sur les 6 millions que compte le pays, dont 200000 à Hong-Kong et 450000 à Pékin. "Il s’en crée 12000 nouvelles chaque jour", rapporte Frank Desvignes. Malgré ce foisonnement, l’Axa Asie Lab a déjà réussi à nouer trois partenariats. Le premier avec Jinubox, qui propose de l’assurance-crédit collaborative, est effectif depuis début juin. Le second, signé avec TheCarVoice, permettra dès septembre aux clients chinois d’Axa de bénéficier des services de cette plateforme de mise en relations entre patients et professionnels de santé (identification du bon médecin, du bon hôpital, prise de rendez-vous…). Le troisième, signé fin juin, consiste en un investissement dans la start-up de Singapour Grab Taxi, qui développe des offres d’assurance aux chauffeurs occasionnels de taxi, VTC et autre véhicules partagés.

Smartphone first

Mais le plus important n’est pas là pour Frank Desvignes. C’est ce qu’il a appris en dix mois d’exploration du numérique en Chine qui importe le plus. Car c’est maintenant de ce que côté d’ici du monde que cela se passe. Il en est persuadé : "Les chiffres parlent. L’innovation va maintenant venir de Chine". Et des chiffres, il en a ramené des wagons : 574 millions d’utilisateurs de smartphones en Chine ; 900 millions d’utilisateurs d’Alipay (paiement sur mobile) qui traite 926 transactions par secondes contre 190 millions d’utilisateurs Paypal (paiement en ligne) ; 215 milliards de transactions par paiement mobile (en croissance de 2050% par rapport aux 10 milliards d’il y a 4 ans). "Les banques ont adopté très tardivement les cartes bancaires et même pour un expatrié il en compliqué d’en obtenir une. D’où le succès du paiement sur mobile", explique Frank Desvignes.

Le royaume du O2O

Surtout, selon lui, la Chine et cette partie de l’Asie, a une approche totalement différente du numérique. "Là où la Silicon Valley vise à disputer la chaine de valeur en créant un lien direct entre producteur et consommateur, ici tout est fait pour aider les commerçants dans la relation avec les clients." Et il existe maintenant des services OtoO (online to offline), pour n’importe quoi : laver sa voiture, promener le chien, prendre des leçons, se déplacer, rencontrer quelqu’un, aller chez le docteur… Et au cœur de cette approche pragmatique du numériques… Le réseau social Wechat remplace localement les Twitter et aux Facebook"Et plus on utilise, plus les chat bots qu’il contient ouvrent l’accès à de nouveaux services", raconte le Français.

Paradis de l’assurtech

De plus, la Chine serait en train de devenir le paradis des assurtechs. Priorité stratégique du gouvernement, les investissements dans ce domaine se sont élevés à 1,2 milliard d’euros en 2015, (contre 16.6 pour les fintechs) et pourrait atteindre les 4.5 milliards d’euros en 2016. Mais, les start-ups locales, très pragmatiques, en sont bien conscientes. Axa l’a bien compris.

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