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Pourquoi Cegedim veut s’amputer de moitié

Cegedim, éditeur français de logiciels pour l’écosystème médical, envisage la cession de son activité de gestion de la relation client à l’américain IMS Health. Une opération destinée à le sortir du marasme en se recentrant sur les services numériques pour les professionnels de santé et les assurances. Avec au passage la perte de la moitié de son chiffre d’affaires.
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Pourquoi Cegedim veut s’amputer de moitié
Pourquoi Cegedim veut s’amputer de moitié

Le logiciel français ne cesse de se rétrécir… au profit des éditeurs américains. Après la cession par Generix de ses logiciels ERP à l’américain Aurea, c’est au tour de Cegedim de se préparer à rapetisser. Le spécialiste français des logiciels et services numériques pour l’écosystème de la santé a reçu une offre ferme de l’américain IMS Health pour la reprise de son activité CRM (gestion de la relation client) pour 385 millions d’euros en numéraire.

Si cette opération est validée par le conseil d’administration en novembre prochain puis concrétisée début 2015 comme prévu, elle sera hautement symbolique pour le logiciel français. Avec 8000 personnes et un chiffre d’affaires de 902 millions d’euros en 2013, Cegedim constitue le deuxième éditeur de logiciel en France, selon le dernier classement Truffle 100 du CXP, derrière Dassault Systèmes. La cession de son activité CRM l’amputera de moitié, le ramenant à une société de 3500 personnes et environ 480 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le cloud a plombé l’horizon

Pourtant, Cegedim faisait jusqu’ici de ses logiciels et services de gestion de la relation client un axe stratégique de développement. Cette activité fortement tournée vers le cloud avec des services en ligne sur le modèle du Saas (Software as service) s’adresse aux laboratoires pharmaceutiques. Or depuis 3 ans, elle plombe les comptes de la société du fait de la baisse de la demande et de la montée de la concurrence de la part d’acteurs 100% cloud comme Veeva Systems, un américain spécialisée dans le domaine de la santé. "Nous avons perdu peu de clients, confie Pierre Marucchi, directeur général délégué de Cegedim. En revanche, sous la pression des médicaments génériques, ils ont réduit leurs dépenses de marketing." Ce qui a eu pour effet d’occasionner une perte de 85,4 millions d’euros en 2012 et 58,6 millions d’euros en 2013.

La direction pense arrêter l’hémorragie en se recentrant sur ses deux autres activités de logiciels, bases de données et services numériques : l’une pour les professionnels de santé (médecins et pharmaciens), l’autre pour les assurances. Elle espère aussi profiter de l’argent frais apporté par la cession pour alléger le poids de la dette qui atteint aujourd’hui 462 millions d’euros. "En réduisant notre endettement et les frais d’intérêt associés, nous pourrons dégager du cash pour investir dans les deux autres activités que nous pensons garder", prévoit Pierre Marucchi.

Ridha Loukil

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