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Pourquoi HP, Verizon et Rackspace sortiraient du cloud public en 2016

Malgré une forte croissance, le marché du cloud public devrait entrer en 2016 dans une phase de consolidation rapide, prévoit le cabinet TBR. Avec pour conséquence, la sortie ou la disparition de nombreux acteurs, dont des grands noms comme HP, Verizon ou Rackspace et la victoire Amazon, Google, Microsoft et IBM.

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Pourquoi HP, Verizon et Rackspace sortiraient du cloud public en 2016
Pourquoi HP, Verizon et Rackspace sortiraient du cloud public en 2016 © Flickr/cc Bob Mical

C’est bientôt la grande tempête dans le cloud public. Selon TBR, le marché devrait entrer dans une phase de consolidation rapide. Elle se traduirait dès 2016 par la sortie ou la disparition de nombreux acteurs. L’hécatombe toucherait même des grands noms du numérique comme HP, Verizon ou Rackspace. L’issue de la bataille semble écrite d’avance. Selon le cabinet américain d’études de marché, elle devrait se terminer par la victoire de quatre grands acteurs : Amazon, Google, Microsoft et IBM.

 

Mainmise des Big Four

Pourtant, le marché du cloud public, tel qu’il est symbolisé par Amazon Web Services (AWS), le bras armé d’Amazon dans le secteur, est promis à une forte croissance. D’après les prévisions de TBR, il pourrait passer de 80 milliards de dollars en 2015 à 113 milliards en 2018 dans le monde. Le problème c’est que la dynamique bénéficie surtout à AWS, Microsoft, IBM et Google, au détriment des autres acteurs. Selon Synergy Research, ces "Big Four" s’accaparent 54% du marché sur les segments d’infrastructure IaaS (Infrastructure as service) et PaaS (Platform as a service) au deuxième trimestre 2015. Leur part était de 46% un an auparavant et de 41% deux ans auparavant.

 

Dans sa note d’analyse, TBR distingue trois types d’acteurs : ceux nés dans le digital comme AWS ou Google ; ceux issus de l’informatique traditionnelle comme IBM, Microsoft ou HP ; et ceux venant des télécoms comme Verizon, Cisco ou Huawei. C’est sur ces deux dernières familles d’acteurs que la tempête devrait frapper.

 

HP sur les traces de Dell

Sentant la menace, Dell a pris les devants en se retirant du marché en 2013 au profit de l’accompagnement des entreprises dans leur stratégie de cloud privé et hybride. Le groupe de Michael Dell joue le rôle d’équipementier de cloud et, pour la partie cloud public, de broker achetant les services à proposer à ses clients chez des fournisseurs comme AWS, Microsoft ou Google. De quoi se targuer d’être agnostique vis-à-vis du débat cloud privé-cloud public et des fournisseurs. TBR estime son chiffre d’affaires dans le cloud à 2,3 milliards de dollars en 2015, dont 73% au titre d’équipementier.

 

Selon le cabinet, HP s’apprêterait à suivre l’exemple de Dell. Incapable de tenir la course à l’échelle imposée par AWS, Microsoft, Google et IBM, le numéro un mondial de l’informatique devrait arrêter bientôt son offre de cloud public (cantonnée aujourd’hui à l’Amérique du Nord) au profit de son rôle d’équipementier du cloud et d’accompagnateur des entreprises dans leurs stratégies de cloud privé et hybride.

 

Déception de Verizon et CenturyLink

Parmi les telcos, la menace plane tout particulièrement sur Verizon. L’opérateur télécoms a caressé de grands espoirs dans le cloud public. Et il s’en est donné les moyens en rachetant en 2011 Terremark pour 1,4 milliard de dollars. Le résultat s’avère décevant, avec un chiffre d’affaires dans le secteur évalué par TBR à seulement 544 millions de dollars en 2014. Une goutte d’eau comparée aux 4,6 milliards de dollars d’AWS.

 

La déception est encore plus grande chez CenturyLink et ce malgré les acquisitions de Savvis, Tier3, AppFog, Orchestrate et DataGardens. Rien que pour Savvis, le câbloopérateur a déboursé 2,5 milliards de dollars. Le résultat reste bien maigre : un revenu dans le cloud estimé par TBR à seulement 158 millions de dollars en 2014. Pour le cabinet, il n’a d’autres issues que de sortir des services standards de cloud public pour se recentrer sur les services sur mesure et l’hébergement d’applications critiques.

 

Rackspace à racheter

Autre acteur à l’avenir incertain : Rackspace. Incapable de suivre le rythme d’innovation, de baisse de prix et d’investissement imposé par les leaders du marché, l’icône de l’hébergement internet aux Etats-Unis (l’équivalent d’OVH en France) semble dans la tourmente. La guerre des prix, qui fait rage depuis mars 2014, lui a fait tellement de mal qu’il a tenté de s’en sortir en se faisant racheter par CenturyLink ou HP. Selon TBR, il n’a d’autres choix que de se repositionner sur le marché niche des services managés de cloud.

Le quadrant magique du cloud d’infrastructure, publié par Gartner en mai 2015, recense 15 grands acteurs. Il faudra attendre l’édition 2016 pour mesurer l’ampleur du bouleversent pronostiqué par TBR.

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