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Pourquoi l’absorption de ses équipes par Google n’est pas forcément une punition pour Nest

Analyse Depuis son rachat par Google en 2014, Nest opérait de façon indépendante. Non sans couacs. Google a sonné le rappel : les salariés de Nest vont intégrer sa propre division hardware pour mieux imposer Google Assistant dans la smart home. Ce n’est pas forcément une défaite pour Nest.
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Pourquoi l’absorption de ses équipes par Google n’est pas forcément une punition pour Nest
Pourquoi l’absorption de ses équipes par Google n’est pas forcément une punition pour Nest © Nest

Retour au nid. Nest, racheté par Google en 2014 mais qui opérait de manière indépendante, va passer sous contrôle direct de sa maison-mère. La start-up l’a confirmé le 7 février 2018. Les salariés de Nest vont être intégrés aux équipes hardware de Google, dirigée par Rick Osterloh, aux côtés des équipes Pixel (smartphones) et Chromecast (dongles), constituant un pôle "Matériel" cohérent (renforcé récemment par l’apport de 2000 ingénieurs de HTC). Mais les salariés de Nest continueront à travailler à Palo Alto et non au siège de Google à Mountain View.

 

Les deux entités collaboraient déjà de façon étroite depuis quelques mois, notamment autour de l’intégration de l’assistant Google aux objets connectés de Nest. Une douzaine d'ingénieurs qui travaillaient sur le programme "Works with Nest" d'intégration de produits tiers avec l'écosystème Nest avaient déjà rejoint les équipes Hardware de Google en 2016, un signe annonciateur de l’exode à venir.

 

Nest a cherché sa place...

Est-ce un aveu d’échec pour Nest ? Oui et non. Depuis son rachat par Google, en 2014 pour 3 milliards de dollars, la start-up avait multiplié par quatre son nombre de salariés, mais peinait à créer et commercialiser de nouveaux produits. Le rachat par un grand groupe aux moyens illimités l’avait davantage paralysée que propulsée dans une nouvelle dimension.

 

Puis Alphabet a été créé en 2016, avec une volonté affichée de rationaliser les coûts des différentes activités du groupe. Après deux ans de stagnation, un nouveau patron, Marwan Fawaz, avait été nommé la même année. Il avait réussi à sortir une nouvelle gamme d’objets pour la maison en 2017 et Nest a vendu cette année-là autant de produits que les deux années précédentes cumulées. Mais beaucoup moins que Google, qui a vendu, en une année seulement, des dizaines de millions de produits de sa gamme "Home"…

 

... mais est prêt à être profitable ?

Désormais, Nest sera rattaché à Google et non à la division "Bets" ("paris") d’Alphabet. C’est la preuve que l’activité smart home ne tient plus du "pari" hasardeux pour le géant américain, mais bien d’un business réel et potentiellement profitable. Car Google, tiré par la publicité de son moteur de recherche, est la seule unité rentable d’Alphabet. Y intégrer Nest peut donc être vu comme une marque de confiance dans son business model, la confirmation que la réorganisation opérée ces deux dernières années par le nouveau chef a porté ses fruits.

 

Unis dans la bataille de l'ia

Surtout, la marque Nest ne va pas disparaitre, confirment Rick Osterloh et Marwan Farhaz au site Cnet. Elle va même sortir renforcée dans l’affaire, assurent-ils, grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle Google Assistant. Nest va pouvoir se concentrer sur la création de ses produits et applis plutôt que de devoir étoffer l’écosystème d’objets-tiers compatibles via le programme Works With Nest. Google se chargera désormais de la partie interopérabilité avec Google Assistant comme porte-étendard.

Nest et Google vont continuer à sortir des produits sous leurs propres couleurs, mais en co-développeront certains et créeront des offres commerciales communes. De quoi lutter plus efficacement contre des concurrents toujours plus féroces, comme Amazon Echo et son assistant Alexa, Apple et son HomePod ou encore Samsung et Microsoft.

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